LE SAVIEZ-VOUS
L’usage des gants est très ancien puisqu’il remonte aux temps préhistoriques. Les hommes des cavernes s’entouraient déjà les mains de bandes de peau lorsqu’ils taillaient la pierre pour ne pas se blesser. Plus tard, dans la Grèce antique, les gants étaient également connus, Homère raconte que Laërte (le père d’Ulysse voir rubrique : le Domaine des Dieux) en portait lorsqu’il se rendait dans son jardin, oubliant toutefois de nous dire commun ceux-ci était faits.
De tout temps, les gants ont servi à la fois à protéger et à orner, mais ils furent également associés autrefois à la notion d’honneur chevaleresque. Les chevaliers en armures portaient des gants de lourd métal appelés gantelets. Lorsqu’un chevalier jetait son gant à un adversaire, cela signifiait qu’il s’engageait à l’affronter en combat, l’adversaire devait ramasser le gantelet qu’on lui avait jeté. On disait alors qu’il « relevait le gant ». On emploie encore de nos jours cette expression pour signifier qu’on relève un défi. Au temps où les hommes se battaient en duel, celui qui se considérait comme offensé « jetait le gant » à celui qui l’avait insulté. Geste solennel qui aboutissait souvent à la mort de l’un des deux adversaires.
Les archers se protégeaient le bras gauche d’un bracelet de cuir et la main droite d’un gant à trois doigts. Les tireurs à l’arc actuels portent encore ce type de gant. La chasse au faucon nécessite également le port d’un gant spécial : la main du fauconnier, sur laquelle l’oiseau de proie vient se poser, est protégée des serres puissantes par un gant de cuir épais.
Les gants de cuir sont le plus souvent en peau de mouton mais on utilise aussi la peau de chèvre, de porc ou de daim et même de certains reptiles. Pour fabriquer les gants dits « de Suède », on emploie la peau côté chair. Après l’avoir nettoyée en la laissant tremper longtemps dans l’eau de chaux, on l’assouplit en la traitant à l’huile de poisson ou avec un mélange de jaune d’oeuf, de sel, de farine et d’alun. La peau est ensuite séchée et teinte.
Les peaux ainsi préparées sont étirées et découpées en bandes. Empilées sur plusieurs épaisseurs, celles-ci sont confiées à une machine qui y découpe d’un coup la partie supérieure ou inférieure de la forme de la main. Les morceaux sont assemblés à la machine à coudre. Seuls les gants de prix sont encore cousus à la main. Le gant terminé est ensuite repassé de façon à faire disparaître les faux-plis.
On s’est servi de toutes sortes de peaux pour faire des gants mais beaucoup n’étaient pas assez résistantes : on a par exemple essayé la peau de poulet, ou celle d’un chien sauvage d’Australie. Les gants peuvent être en tissu, laine ou coton, ou encore en caoutchouc pour les chirurgiens et pour les ménagères. Les gants de soie, très coûteux, sont portés par les élégantes mais aussi, sous des moufles de cuir, par les skieurs.
En Angleterre, on observe encore dans les Cours d’Assises à l’ancienne tradition de l’argent « pour les gants » qui est une sorte de « pourboire ». Les juges anglais se déplacent de Comté en Comté : si au cours de leur tournée il se trouve que , dans un tribunal, aucun procès criminel ne soit en cours, le greffier et les assesseurs reçoivent une certaine somme « pour s’acheter des gants neufs ». En Espagne, on utilise parfois l’expression « para guantes » (pour les gants) pour désigner le pourboire.
On porte des gants pour pratiquer les sports les plus variés : les gants de boxe, rembourrés de crin, sont en peau fine. pour le base-ball, on se sert d’un gant spécialement rembourré aussi. Les gants des cavaliers sont en maille de coton : ainsi les rênes ne glissent pas entre les doigts. Et les pilotes d’automobiles de course portent des gants munis d’ouvertures pour aérer les mains. Mais il y en a bien d’autres ...