LODACE, HISTOIRE


HISTOIRE des VILLES


Pompéï


 

La ville musée ressurgit des cendres

D’afrique, d’Europe ou d’Amérique, ils viennent de partout : touristes, curieux, étudiants, de tous âges. Tous veulent voir Pompéi et connaître l’histoire de sa vie, de sa mort et de sa renaissance. Oui, il a y un peu plus de dix-neuf siècles, cette ville était palpitante de vie, avant d’être par un caprice de la nature, ensevelie dans la mort et le silence. Ces mille neuf cents ans, remontons-les à la découverte de Pompéi.

Pompéi s’élève au sud-est de l’Italie, à quelques kilomètres de Naples, dans la plaine volcanique de Campanie : ville prospère (au premier siècle de notre ère), tous les riches Romains y possèdent leur villa. En ce jour d’automne de l’an 79 après J. C., les rues pavées fourmillent de monde. Les femmes achètent leur pain chez Modestus, le boulanger. Dans le temple d’Isis, les prêtres s’apprêtent à prendre leur repas. Quelques belles maisons sont en réparation, à la suite d’un récent tremblement de terre. Au-dessus de la plaine la sombre silhouette du Vésuve se profile sur le ciel avec son panache de fumée qui s’échappe depuis plusieurs jours.

Puis soudain, le volcan gronde et son cratère vomit des pierres brûlantes et des torrents de lave incandescente. Un grand nuage noir s’élève et cache le soleil et la nuit s’abat sur Pompéi. Bientôt, une pluie de cendre brûlante commence à tomber.

C’est le sauve-qui-peut général.

Mais la violence de l’éruption est telle que les gens sont frappés avant d’avoir pu fuir. Certains ont gagné la mer et tente de s’embarquer mais un raz de marée les submerge. D’autres sont asphyxiés par des gaz mortels. Deux mille personnes périssent ce jour-là.

Au terrible grondement du Vésuve en éruption se mêlent les cris de terreur des habitants. Certains s’enferment dans leurs maisons dans l’espoir que l’épaisseur des murs les protégera de la cendre et des gaz. Mais en vain ! Pendant deux jours, l’éruption fait rage ; quand elle cesse enfin, une couche de cendre de 6 mètres d’épaisseur recouvre Pompéi. Le forum, les bains, les somptueuses villas : tout à disparu !

Sous le poids des débris de toutes sortes, les murs et les toits s’effondrent. Quelques survivants reviendront pour y retrouver leurs biens disparus. Peine perdue !

Plus tard, l’Empereur romain Titus charge une commission de voir s’il est possible de reconstruire Pompéi, Herculanum et Sabies également détruites. Mais la cendre avait durci, enveloppant tout dans un moule implacable. On y renonça.

Le nom même de Pompéi va disparaître, enseveli sous la cendre.

La cité tombera dans l’oubli.

Il ne reste trace de Pompéi que dans quelques ouvrages latins. Au XVIème siècle, un architecte fait creuser un tunnel pour amener l’eau du Sarno et redécouvre les ruines. Mais il faut attendre le XVIIIème pour que commencent les fouilles. Hélas ! Celles-ci tournent vite à la chasse au trésor et l’on se soucie peu des dommages causés : des objets d’une grande beauté sont détruits ou perdus. D’ailleurs la couche de cendre et de lave qui recouvre la ville morte est devenue dure comme de la pierre et les investigations s’avèrent difficiles.

Mais aujourd’hui, après des années d’un patient et minutieux travail, une grande partie de la ville antique a été mise à jour. Et avec elle, de magnifiques reliques du passé : peintures, statues de dieux ou d’empereur, bijoux, outils d’artisans ou simple ustensiles de cuisine. On retrouve même des corps humains pétrifiés dans l’attitude où la pluie de cendres les a saisis. Tous ces vestiges ont permis de reconstituer de façon surprenante la vie à Pompéi au moment où elle fut frappée par le cataclysme. On a même retrouvé, scellé dans les cendres refroidies du Vésuve, le pain de Modestus, le boulanger !

 


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