Brasilia
Le Brésil, de son nom officiel « États-Unis du Brésil », est le plus grand pays d’Amérique du Sud. Sa superficie totale de plus de 8,5 millions de kilomètres carrés, en fait le cinquième État du monde de ce point de vue, après l’U.R.S.S., le Canada, la Chine et les États-Unis. Il est peuplé de plus de 100 millions (mes derniers chiffres remontent au début 1990) d’habitants de toutes races, mais surtout de Blancs et de mulâtres, et il groupe à lui tout seul près de la moitié de la population de l’Amérique du Sud. La langue officielle du Brésil est le portugais.
Car le Brésil s’est trouvé sous la tutelle du Portugal pendant plus de 450 ans. Ce n’est qu’en 1822 qu’il accéda à l’indépendance. Déjà, à l’époque; José Bonifacio, surnommé « Le Patriarche », qui avait été l’un des principaux protagonistes de la révolte contre la tutelle portugaise, avait compris la nécessité de donner à ce vaste pays une capitale qui serait situé en plein coeur de l’État. Selon lui, cette décision devait facilité l’unité des États formant le Brésil ainsi que la mise en valeur de ses immenses ressources minérales et autres.
Il fallut attendre exactement un siècle pour que le rêve du « Patriarche » reçoive un commencement de réalisation. On décida alors de construire une ville entière à l’intérieur du pays. Ce serait la capitale, on l’appellerait BRASILIA. La première pierre en fut posée en 1922, à l’occasion du centenaire de l’Indépendance dans une région sauvage, envahie par les fourmis blanches et qui paraissait mal se prêter à l’édification d’une capitale digne d’un aussi grand pays. Pourtant, de nos jours, ce site inhospitalier est devenu un site accueillant. A vrai dire, ce n’est qu’en 1956, après une interruption de 33 ans, marquée par d’interminables controverses et de difficultés qui paraissaient insurmontables que les travaux commencèrent réellement. Les plans de la ville avait été dessinés par l’architecte brésilien Lucio Costa (né à Toulon, France en 1902). Les travaux commencent sous la direction d’Oscar Niemeyer (né à Rio de Janeiro, en 1907). Cependant l’édification de la cité coûte cher. Les travaux ne seront achevés qu’au prix d’énormes sacrifices financiers qui pèsent lourdement sur l’économie du pays et qui creusent les différences sociales.
Capitale officielle depuis 1956, Brasilia est inaugurée le 21 avril 1960. Aujourd’hui la ville a la forme d’une croix aux dimensions considérables. L’axe principal est une avenue longue de 10 km, coupée par un axe transversal long de 5 km. Ici les croisements des rues ont été évités grâce à des solutions modernes : plate-formes mobiles et passages souterrains. Un lac artificiel alimenté par les eaux du Parana égaye cette ville unique au monde par un esprit futuriste, peuplée de plus million d’habitants. Brasilia se dressera au coeur d’une pléiade de villes-satellites éloignées de 25 km les uns des autres. Cette solution était sensée éviter les grandes concentrations de population à l’origine de biens des inconvénients que connaissent la plus part des autres capitales (je ne sais rien sur la réussite d’un tel projet !). Brasilia est située sur le Plateau Central du Brésil, à environ 1200 m d’altitude. La végétation alentour y est particulièrement luxuriante car elle est favorisée par le climat. Ainsi l’oeuvre de la nature vient-elle remarquablement compléter le travail de l’Homme si celui-ci reste raisonnable.
Au coeur de la ville se trouve le Square des Trois Pouvoirs. Il symbolise les trois pouvoirs fondamentaux qui gouvernent l’État : le législatif, l’exécutif et le judiciaire. Le Parlement, le siège du gouvernement et la Cour Fédérale de Justice occupent des immeubles modernes. Les édifices réservés aux administrations ainsi qu’aux centres culturels et commerciaux de la capitale se dresse le long de l’axe le plus court de la ville. Avec ses vingt-deux États fédérés et sa vaste superficie, le Brésil a besoin d’une capitale qui soit vraiment la tête du pays.
Ainsi, Brasilia a supplanté Rio de Janeiro en tant que capitale officielle du Brésil. Située à environ mille kilomètres de la mer et des autres grandes villes brésiliennes, la capitale est destinée à devenir non pas la ville la plus peuplée de ce grand État, mais une ville nouvelle : la capital d’un pays bien décidé à mettre en oeuvre les moyens qui lui permettront d’exploiter ses immenses ressources naturelles (en espérant un plus grand respect de la nature). Elle est l’âme d’un nouveau Brésil, plus brillant, plus dynamique, plus libre, en un mot plus ouvert sur le monde moderne, puis ce rêve être réalité.
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