PERSONNAGES CÉLÈBRES
Naissance : le 23 octobre 1734 d'après l'État civil, d'après ses écrits le 22 novembre.
Décès le 3 février 1806.Fils d’un vigneron-laboureur, il monte dès la prime jeunesse une imagination assez débridée et des disposition passablement licencieuses. Son père le place en 1751 comme apprenti typographe chez un imprimeur d’Auxerre, dont il prétend dans ses écrits avoir séduit la femme, tout en multipliant les aventures amoureuses en ville. En 1755, il se fixe à Paris, travaille dans diverses imprimeries et vit de bonnes fortunes . Imprimeur des autres, il se fait bientôt auteur et souvent imprimeur de sa propre production littéraire. Ses premiers romans passent inaperçus, mais sans se décourager, Rétif de la Bretonne, qui a décidé de vivre de sa plume, continue de composer. Il devient bientôt un conteur à la mode, décrivant dans de nombreux romans les moeurs les plus dépravées d’une époque corrompue, peuplée de cyniques et de fille galantes. Ses oeuvres vaudront non par leur qualités de composition ou de style mais par l’observation réaliste, vivante et coloré des faits quotidien de la vie parisienne ou rurale. Il y mêle des considérations philosophiques moralisatrices et humanitaires et des idées de réforme sociale qui le feront surnommer « Le Jean-Jacques des Halles », ou « le Rousseau du ruisseau », ou encore « le Voltaire des femmes de chambre ». Il développe ainsi des plans de réforme dans une série d’ouvrages curieux, les « Idées singulières », qui le font connaître et apprécier à l’étranger, et notamment dans les pays de langue allemande. Ce sont le « Pornographe » (sur la prostitution) ; « Le Mimographe » (sur la réforme du théâtre) ; « Le Thesmographe » (sur la réforme des lois) ; « Les gynographes » (sur la condition de la femme) ; « L’andrographe » (sur la réforme des moeurs) ; « Le Glossographe » (sur la réforme de la langue) [non publié]. « L’école des pères ou le Nouvel Émile » expose à la fois une théorie générale de la société et de son évolution et des projets de réforme de l’éducation. Un autre ouvrage, une utopie, « La Découverte australe », montre l’intérêt de m’écrivain pour aérostation. Sur bien des points, Rétif de la Bretonne apparaît comme un précurseur et, politiquement, un communiste avant la lettre. Il résumera sa conception d’un système cosmogonique dans « La Philosophie de Monsieur Nicolas ». La rédaction de certaines de es oeuvres qui ont fait son succès et sa popularité lui ont peut-être été facilité par une appartenance probable à la police : « Les Contemporaines », comprenant : « Les Contemporaines ou les aventures des plus jolies femmes de l’âge présent » (17 volumes) ; « Les Contemporaines du commun » (13 volumes) ; « Les Contemporaines graduation » (12 volumes). Rétif de la Bretonne continuera par la suite cette série avec les « Françaises » ; « Les Parisiennes » ; « Le Palais-Royal » ; « L’Année des dames nationales » (12 volumes), qui deviendra en 1796 « Les Provinciales ou histoire des filles et femmes des provinces de France dont les aventures sont propres à fournir des sujets dramatiques en tous les genres » ; « Les Nouvelles Contemporaines » (2 volumes) ; « Les veillées du Marais », livre clé dans lequel on trouve divers personnages importants de l’époque (2 volumes) ; « Les nuits de Paris ou le spectateur nocturne » (8 volumes), oeuvre conçue sous le titre de « Hibou, spectateur nocturne : « Tableau de la vie et des moeurs au XVIIIème siècle » (2 volumes), réédition du livre dont le premier titre était « Monument du costume physique et moral de la fin du XVIIIème siècle », d’abord paru en 1789. À côté de nombreux romans où apparaissent sans cesse la description complaisante des plaisirs érotiques, on trouve chez Rétif de la Bretonne des oeuvres d’un caractère biographique plus ou moins romancé, en particulier « La Vie de mon père », où il relate ses années de jeunesse à Sacy et les moeurs rustiques dont il fait l’apogée. À propos de « Monsieur Nicolas ou le coeur humain dévoilé » (16 volumes). Mémoire intimes Schiller écrira à Goethe : « … déplaisant tout ce que l’ouvrage contient de répugnant, de plat et de révoltant, je m’en suis délecté. Une nature d’une telle sensibilité m’était inconnue. La variété des individualité - féminine surtout - qu’on y rencontre, la vie et la peinture des moeurs françaises en certaines parties de la classe populaire doivent intéresser… » Rétif de la Bretonne s’attache à représenter la ville comme un milieu hostile, propre à pervertir l’individu, dans deux œuvres qui narrent comment la corruption de la ville perdra deux jeunes paysans de Sacy : « Le Paysan perverti » et « La Paysanne pervertie » réunis ultérieurement dans un seul ouvrage (« Le paysan et la paysanne pervertis »). « La dernière Aventure d’un homme de quarante cinq ans » est l’histoire de l’aventure d’une très jeune fille Sara, avec un quadragénaire (Rétif de la Bretonne) et passe pour l’un des meilleurs livres de l’auteur. « Ingénue Saxancour », qui s’en prend à son gendre, Augé, comme « La femme infidèle », qui est dirigée contre sa femme, Agnès Lebègue, montrent un penchant croissant de Rétif de la Bretonne à étaler au grand jour, avec une personnalité maladive, ses dissensions domestiques. Chez lui, affabulation et faits réels ne cessent de s’entremêler à travers son oeuvre, qui mettent évidence une personnalité où dominent cynisme et naïveté, tendresse et perversion. Si son « Théâtre » (5 volumes) n’offre guère d’intérêt, ses très nombreux romans ont les qualités (réalisme de l’observation, vitalité de l’expression) mais aussi les défauts caractéristiques de l’époque (déclamation, fadeur et sensiblerie, platitude, libertinage, cynisme, intentions philosophiques et réformatrices …) et laissent parfois paraître des affinités avec Diderot. Rétif de la Bretonne prétend se servir du roman pour faire « aimer la vertu, inspirer l’horreur du vice… et donner l’âme à la morale qu’il renferme … » Mais ce qu’il y a de plus fascinant dans cette oeuvre, par ailleurs si prolixe et aberrante, c’est la rage avec laquelle Rétif de la Bretonne décrit et diagnostique cette interpénétration de plaisir et de perversion d’où il prétend tirer les fondements d’une morale et d’une sociologie expérimentales. Si l’on ajoute que ces description, ce diagnostique et cette prétention s’expriment, avec une inlassable complaisance, sur fond d’égocentrisme, de tendresse et de mélancolie, on aura quelque idée de cette inépuisable autobiographie transposée. Peut-être Gérard de Nerval qui, dans son étude des « Illuminés » (1852), a le mieux expliqué ce que tout lecteur ne peut manquer de ressentir : « Il est impossible de mieux s’exposer en sujet de pathologie et d’anatomie morale. » C’est sans doute la raison principale du renouveau d’intérêt porté par notre époque à l’oeuvre de Rétif de la Bretonne. Nicolas Edme Rétif (ou Restif) de la Bretonne, Rétif de la Bretonne, Restif de la Bretonne
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