PERSONNAGES CÉLÈBRES
Voici l’histoire de Mungo Park, jeune chirurgien passionné d’aventures et de voyages, qui partit à la découverte des sources du Niger. Né le 20 septembre 1771 en Écosse, sa vie reste sans histoire jusqu’à sa sortie de l’université. Son premier poste l’envoie à Sumatra pour un an. Puis Mungo Park se porte volontaire pour trouver la source du Niger. Il prépare son voyage pendant un an et quitte finalement l’Angleterre le 22 mai 1795. Le 21 juin il atteint l’embouchure de la Gambie d’où il remonte le fleuve jusqu’à Pisania.
En décembre 1795, Mungo Park se lance dans la grande avanture avec les bons voeux du résident médical de Pisania, qui lui a appris le dialecte local. Après avoir traversé le lit du Sénégal, il commence sa marche à travers une vaste contrée aride où il rencontre souvent des indigènes hostiles. Il est fait prisonnier et gardé pendant quatre mois par un chef Maure qui le traite en esclave. Il doit boire avec le bétail dans une auge car les lèvres d’un chrétien sur une coupe auraient souillé la boisson de ses geôliers. Mungo Park supporte patiemment ces durs traitements et pendant ce temps il cherche un moyen de s’échapper. Sa chance lui est enfin donnée lorsqu’une armée ennemie s’approche du camp du chef maure. Alors que l’attention de ses geôliers se trouve détournée, le prisonnier s’enfuit dans le désert. Seul, sans rien à manger ni à boire, il se tourne vers le sud et entame une longue marche à travers cet enfer. Après trois semaines de souffrances intenses, torturé par la faim et la soif, il atteint enfin une vile nommé Sego, où pour la première fois, il voit le Niger.
Il s’aperçoit que le Niger coule lentement vers l’Est. Impatient de découvrir tout ce qui concerne ce fleuve, il suit son cours sur environ 110 km. Mais il est tellement épuisé et malade qu’il décide de regagner Sego. Averti à temps par des amis indigènes que sa vie serait en danger s’il retournait dans cette ville, entre-temps tombée aux mains de son ancien geôlier, Mungo Park, repart à travers les montagnes vers une autre cité appelée Kamalia. Ce voyage lui est encore plus pénible que celui qu’il a fait dans le désert, car maintenant, la saison des pluies s’est installée. Il atteint néanmoins Kamalia. Des semaines durant il restera entre la vie et la mort, tandis qu’un marchand d’esclave essaye de lui rendre la santé par des soins attentifs. Lorsqu’il est remis de cette épreuve, Park décide de se joindre à une caravane d’esclaves qui devrait l’aider à atteindre la côte. Ainsi aurait-il l’occasion d’étudier de près ce trafic d’êtres humains qui constituait à l’époque l’essentiel du commerce africain. Les cruautés dont il est témoin l’écoeurent.
Six mois plus tard, Mungo Park est de retour en Angleterre. En 1799, il publie un livre dans lequel il conte ses voyages et ses mésaventures. Au mois d’août de la même année il se marie et ouvre un cabinet à Peebles, en Écosse. Mais il est désormais incapable de se contenter de sa vie sédentaire de médecin. Aussi accepte-t-il avec joie, en 1803, une offre du gouvernement en vue de mener une nouvelle expédition au Niger. Partie à la saison des pluies, l’expédition n’atteint le fleuve qu’après un pénible voyage.
Car entre-temps, les embuscades montées par les autochtones, la maladie, la souffrance et le manque d’eau ont décimé l’expédition, Park a perdu 33 de ses compagnons depuis le départ. Il ne compte plus avec lui qu’un guide africain, trois porteurs et quatre Européens. Malgré tout, il n’est pas décidé à abandonner. Au contraire, il entame la dernière étape de son voyage en 1805. Il a déjà remonté le Niger sur 1600 km lorsque son expédition est attaquée une nouvelle fois par des noirs armés de lance, de flèches et protégés par des boucliers, effrayés par cette invasion de Blancs dont ils ont appris à leurs dépens qu’ils amenaient souvent le pire avec eux. Park et ses amis ripostèrent avec leurs fusils. Mais malgré leur courage, ils furent submergés par le nombre. Se sentant perdus, l’explorateur et ses compagnons tentèrent de s’enfuir par le fleuve. Mais le courant fut trop fort ; tous, à l’exception du guide et d’un porteur noir se noient. Ce sont eux qui, plus tard, racontèrent la triste fin de Mungo Park, explorateur intrépide et courageux mort à 34 ans pour avoir voulu connaître le monde et le mieux faire connaître à ses contemporains.
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