LODACE, HISTOIRE


PERSONNAGES CÉLÈBRES


Ignace Paderewki


Pianiste virtuose, compositeur et surtout Polonais.

Lorsque Ignace Jan Paderewski voit le jour, le 6 novembre 1860, à Kurylowka, dans la province de Podolie, la Pologne est sous le joug de la Russie. Dès qu’il sera en l’âge de comprendre, cet enfant très précoce (il joua du piano dès l’âge de trois ans) percevra le lourd climat dans lequel vivent les gens de son pays. A douze ans il entre au Conservatoire de Varsovie. Mais au moment où ses études se terminent, en 1878, son père est déporté en Sibérie. Ce fait, s’ajoutant à l’oppression russe qui cherche à étouffer tout sentiment national, éveillera chez l’adolescent un ardent patriotisme. Ses études terminées il reste au Conservatoire : d’élève il est devenu professeur ! Mais il prépare en même temps une carrière de virtuose. En 1887, il se sent prêt et fait ses débuts à Vienne. A la fin de son récital, les spectateurs enthousiastes envahissent la scène pour le féliciter : chacun considère Paderewski (dont les interprétations de Chopin bouleversent les salles) comme le plus grand pianiste de son temps. Paris, Londres, New York se l’arrachent ... Mais Paderewski n’oublie pas la Pologne.

Un soir, à New York, il étudie dans sa chambre, la veille d’un concert. On le prévient que le bruit empêche un enfant de dormir dans la pièce voisine. Il cesse de jouer, se précipite au garde-meubles où se trouvent des pianos, se fait ouvrir et sous les yeux du gardien ébahi, reprend ses gammes interrompues ! Mais voici qu’éclate en Europe la guerre de 1914 : Paderewski ne touchera plus un piano avant que la Pologne ne soit libre.

Il mène aux États Unis une ardente campagne dans ce sens. Le président Wilson, dont il est l’ami, prend position en faveur de l’indépendance polonaise. Le 11 novembre 1918, c’est armistice. Paderewski peut rentrer en Pologne : sur le bateau britannique qui l’y conduit, il rejoue du piano pendant une tempête. Lorsqu’il met le pied sur le territoire polonais en décembre 1918, ses compatriotes lui font un accueil d’un enthousiasme délirant. Son combat obstiné pour la libération de la Pologne a fait de Paderewski un véritable héros national. Président du Conseil et Ministre des Affaires Étrangères, il participe à ce titre, à la signature du traité de Versailles, en 1919, par lequel la Posnamie, une partie de la Prusse Occidentale et le « couloir de Dantzig » sont cédés à la Pologne.

Ayant remporté cette première victoire, le grand artiste se laisse reprendre par la passion de la musique. En 1921, il abandonne la vie politique. Mais il a soixante et un ans. Va-t-il pouvoir relancer sa carrière de virtuose ? Beaucoup en doute : le manque d’exercices est souvent ce qui cause le plus grand tort aux artistes. Mais Paderewski n’a rien perdu de sa maîtrise. Il donne une tournée de soixante-dix concerts. Une fois de plus, sa technique éblouissante transporte le public de toutes les capitales. Il compose aussi : un « concerto », un opéra « Manru », une « Fantaisie polonaise » ...

En 1939, la Pologne, écrasée par l’Allemagne, envahie par la Russie, vit des heures dramatiques. Le gouvernement s’exile. Sollicité pour devenir Président du gouvernement en exil, Paderewski se récuse. Il s’installe aux États Unis où il prête son concours à des oeuvres en faveur de la Pologne. Il mourra à New York, le 29 juin 1941. On est alors en pleine Seconde Guerre mondiale. La Pologne opprimée par l’envahisseur nazi. Paderewski n’aura pas eu le bonheur de la voir se libérer en 1945.


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