PERSONNAGES CÉLÈBRES
Nom : Ferry
Prénoms : Jules, François, Camille
Né le 5 avril 1832 à Saint-Dié (Vosges)
Mort le 17 mars 1893 à Paris
Fils de Charles-Edouard Ferry, avocat du barreau de Saint-Dié et de Adèle Jamelet, fille du président du tribunal de Rethel.
Marié le : 24 octobre 1875 à Eugénie Risler, fille d’un directeur d’usine de produits chimique. Elle est de dix-sept ans sa cadette. Union sans postérité.
Portrait physique :
« Jules ferry est un homme de haute stature ; sa taille dépassant d’une bonne tête la moyenne ; à la fois robuste et souple, solidement charpenté, cet « intellectuel » de carrure athlétique, de belle prestance, donne l’impression de force tranquille et sûre d’elle-même. La tête est puissante le nez fort, la bouche grande ; les yeux sont noirs et brillants. Le visage au teint coloré, aux traits quelque peu heurtés, est expressif, énergique mais sans dureté, illuminé par un regard vif et pénétrant. De long favoris noirs, taillées en éventail, les fameuses « côtelettes », achèvent de donner à sa physionomie un aspect caractéristique »
Maurice Reclus : « Jules Ferry », Flammarion 1947.
Portrait moral :
Peu expansif, réaliste, entreprenant et persévérant jusqu’à l a réussite complète de ce qu’il a entrepris, Ferry aime la lutte et fait preuve de courage (physique aussi bien que civique) en différentes circonstances. Goût des responsabilités et sens du devoir. Son apparente froideur cache, par pudeur, une âme sensible et passionnée. Intelligence vaste et constructive. Formidable puissance de travail.
Éducation :
Il n’a que 4 ans lorsqu’il perd sa mère. Son père lui inculque de solides traditions républicaines, à l’honneur dans la famille depuis des générations. L’enfance de Ferry est marquée à la fois par l’influence de ce père libre-penseur et par celle de sa soeur aînée, Adèle, profondément croyante et mystique exaltée. Élève studieux et brillant Ferry fait ses études aux collèges de Saint-Dié et de Strasbourg, puis à la Faculté de droit de Paris. Avocat en 1851, il se classe rapidement parmi les opposants au régime impérial. Intéressé par la politique dès son plus jeune âge, il se lie étroitement, à partir de 1857, avec les ténors de l’opposition républicaine : Gambette, Émile Ollivier, Charles Floquet, etc. Il se lance dans la presse politique où son talent de polémiste, sa connaissance des problèmes et sa lucidité attirent sur lui l’attention.
Carrière politique :
Élu député de Paris en 1869, il s’opposera tant qu’il peut à la déclaration de guerre contre la Prusse. Le 4 septembre 1870, il fait partie du gouvernement de Défense Nationale qu’il contribue à délivrer lorsque celui-ci est retenu à l’Hôtel de Ville par les émeutiers. Nommé maire de Paris, c’est à lui que reviennent les périlleuses responsabilités de ravitailler la capitale et d’y maintenir l’ordre. Contraint de fuir au début de la Commune, il rejoint l’assemblés à Versailles. Ambassadeur à Athènes en 1872-1873, il revient précipitamment à Paris lors de la chute de Thiers. Dès 1875, il est le président de la gauche républicaine. De 1879 à 18785, il est de presque tous les ministères, soit l’Instruction Publique et aux Beaux-Arts, soit aux Affaires Étrangères, soit à la tête du gouvernement (septembre1880 - novembre 1881 et février 1883 - mars 1885). La nécessité de crédits et de renfort pour la conquête du Tonkin, décidée sur ses instances provoque la chute de son ministère. Après avoir été très impopulaire pendant le siège de Paris, où les restrictions qu’il impose lui valent le surnom de « Ferry-Famine », il l’est à nouveau à cause de cette expédition coloniale pour laquelle on le surnomme « Ferry-Tonkin ». Il échappe à deux attentats, l’un en 1883, l’autre en 1885. Ce dernier déclenche une maladie de coeur à laquelle il succombera. Sa candidature à la présidence de la République manque de provoquer une émeute en 1887. Il n’est pas réélu en 1899. En 1891, il entre au Sénat dont Sénat dont il devient le Président un mois avant de mourir.
Ses principales réalisations :
Lois sur la liberté de la presse (1881) et des syndicats (1884).
Lois instituant l’enseignement laïque gratuit et l’école primaire obligatoire (1881-1882).
L’accès des filles à l’enseignement secondaires d’État (1880) et à l’agrégation.
Création de collèges et lycées de filles, de l’École Normale de Filles de Sèvres.
Dispersion des Jésuites et dissolutions de 300 congrégations d’hommes.
Sa politique d’expansion coloniale a pour résultat le protectorat français et la pacification de la Tunisie (1881), la conquête du Bas-Congo et celle du Tonkin (1884)
Vie sentimentale :
De ses passades de jeunesse, l’Histoire n’a gardé que le souvenir d’une Lorette, « la blonde de la rue St-Georges », à qui le lia un attachement un peu plus durable que les autres. Vers 30 ans, il s’enflamme d’une passion ardente et toute platonique pour Blandine, fille de Liszt et de Marie d’Agoult. La jeune femme qui s’est mariée à Émile Ollivier, excellent ami de Ferry, meurt à l’âge de 26 ans. Cette disparition le marque douloureusement. Son mariage tardif avec Eugénie Risler est un modèle de réussite exceptionnelle.
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