PERSONNAGES CÉLÈBRES
Aussi paradoxal que cela puisse paraître, c'est grâce à Louis XIV, roi de France que Davy Crockett fut le trappeur et le politicien que l'on connaît.
Les Croketagne font partie des quelques 250 000 ou 300000 huguenots qui refusant d'abjurer leur religion, émigrèrent à l'étranger, dans les 15 jours suivant la Révocation de l'édit de Nantes, promulguée le 17 octobre 1685. D'origine normande, Antoine de Croketagne s'installa en Angleterre d'abord, en Irlande.
Son troisième fils, Joseph, y épouse Sarah Stewan et le couple quitte la verte Erin pour l'Amérique du Nord à la fin du XVIIème siècle. Les époux s'installent à la Nouvelle Rochelle, ville faisant partie actuellement de l'Etat de New York. Un fils naît, William, qui sera l'arrière-grand-père de notre héros.
A quelle époque changèrent-ils d'état civil et anglicisèrent-ils leur nom ? Dès leur arrivée sans doute, car, ils ne figurent sur aucune pièce officielle sous celui de Croketagne.
Les ascendants de Davy s'établissent en Pennsylvanie, ensuite en Virginie. Vers 1750, on les trouve en Caroline du Nord. William, le grand-père est tué par les Peaux-Rouges, le 19 août 1778, au Tennessee.
Davy voit le jour le 17 août 1786, il a 5 frères et 3 soeurs. En 1786, la famille Crockett est une famille de pionniers. Elle participe aux guerres indiennes, aux combats incessants entre les Blancs qui convoitent les terres des Peaux Rouges leurs légitimes propriétaires qui les défendent avec opiniâtreté. La vie est dure, on tente de subsister en autarcie : la culture et la chasse sont les moyens utilisés.
Il est bien évident que les lacunes sont nombreuses dans l'éducation et dans l'instruction des enfants.
Vers 1794, le père de Davy installe ses pénates à Cove Creek, il y passe pour un " lettré ", car, il est en effet capable de signer son nom, bas des pièces qui lui sont présentées, alors que les personnes de son entourage se contentent d'y apposer une croix.
À 12 ans, Davy est totalement analphabète. Après avoir été employé comme valet de ferme, il revient chez ses parents et son père se décide à l'envoyer à l'école. Mais, Davy, irrité de cette décision, passe sa colère sur un camarade de 5 ans son aîné. Davy tend un guet-apens et le rosse copieusement. De crainte de représailles de la part de l'instituteur, il ne retourne pas en classe et fait l'école buissonnière. Son père, prévenu de ses absences par le maître d'école, décide de lui administrer un châtiment exemplaire. Davy s'enfuit, il part à l'aventure. Il travaille avec des rouliers, aide des cultivateurs, mais ne trouvant aucun emploi à sa convenance, une fois encore, il revient sous le toit familial.
Son père l'engage alors chez deux fermiers à qui il doit de l'argent.
Davy devient un jeune homme réfléchit. Il comprend que son ignorance lui cause mille tords. Alors, il travaille d'arrache-pied tant chez ses employeurs qu'à l'école, où ses progrès sont cependant lents.
Il croit enfin pouvoir faire la conquête de la femme de son choix. Enfin, il se marie avec Mary Finley, surnommée Polly, le 12 août 1806. De cette union naîtront 3 enfants. Il n'a qu'une instruction partielle mais, au fil des ans par contre, il est devenu un fameux chasseur ravitaillant les habitants des villages en venaison. Il gagne ainsi l'argent nécessaire pour faire vivre sa famille décemment.
En 1811, Davy prend la décision de se joindre à la vague des colons qui vont toujours plus loin encore.
La plus part sont des illettrés, quelques-uns ont pris le large pour échapper aux lois de leur Etat, ayant des comptes à régler avec la justice, d'autres fuient la misère. Leur vie est dure, précaire et dangereuse. Les combats et les batailles sont pour eux monnaie courante et presque quotidienne.
Davy Crockett, mi-fermier, mi-trappeur, chasse, défriche, fait le coup de feu contre les Indiens ou les bandits, pour assurer sa subsistance et veiller à la sécurité de sa famille.
1812, les Creeks sont dans un grand état d'effervescence. Volés et spoliés par les Américains, armés par les Anglais qui sont en guerre avec les Etats-Unis (18.6.1812 au 30.12.1814). Ils se déchaînent contre les pionniers. Davy Crockett rejoint les volontaires partant lutter contre les Indiens.
Il est élu au congrès de Washington en 1827. A peine arrivé, il obtient un réel et franc succès avec sa tenue de trappeur, son célèbre bonnet, ses habits en peau de daim et ses mocassins à l'indienne.
Il a plus de façade que de profondeur. Il est d'autre part naïf comme un enfant. Il est à son insu le jouet des politiciens professionnels en place, tant il est candide.
Le 24 mai 1830, il vote contre une loi assignant aux Indiens des réserves à l'ouest du Mississippi. Il traite cette loi d'"infamie". Le fait est assez curieux car il a participé à certaines opérations contre ces mêmes Indiens qui n'ont pas été animées de sentiments humanitaires.
Pourquoi cette volte-face? A-t-il été acheté?
Cela n'est pas tellement sûr pour pur connaît son caractère.
Battu en 1833, à la députation suprême, lors d'un banquet, Davy Crockett tient des propos, c'est le moins qu'on puisse en dire très aimables à l'égard de son adversaire victorieux ( Adam Huntsman, était unijambiste, ayant perdu une jambe durant la Guerre contre les Creeks) : "... Puisque vous avez choisi d'élire un type qui porte une patte en bois pour me remplacer. vous pouvez tous aller au diable, moi je vais au Texas ".
Il part donc avec quelques camarades pour El Alamo au Texas. A Lost Prairie, à force de boire et de ripailler, nos gaillards n'ont plus un sou en poche. C'est alors que Davy se défait de sa belle montre, cadeau des whigs, pour la somme de 30 dollars, avant de repartir avec ses amis à l'assaut du whisky dans les saloons de la petite ville.
Dès son arrivée à El Alamo à la tête de son glorieux régiment des Volontaires Montés du Tennessee, le 8 février 1836 (régiment composé en tout et pour tout de 11 hommes, digne tout au plus d'être commande par un caporal), le colonel Crockett donne son habituel numéro. Ensuite, il fait une déclaration digne de Socrate, d'une émouvante grandeur. Il parle dans un style en totale contradiction avec le vocabulaire qu'il utilise ordinairement. " Je suis venu dans votre région sans aucun motif personnel. Je le crois du moins, mais uniquement pour vous aider, autant qu'il sera en mon pouvoir, à défendre votre noble cause. Vos intérêts seront les miens, et le seul honneur que je revendique est celui de défendre en soldat, avec mes compatriotes, les libertés de notre nation commune." Nous sommes loin des métaphores habituelles. Puis avec Bowie, son vieil ami qui à cette occasion sera trésorier-payeur, il offre à boire a tous les présents: n'est-ce pas la meilleure façon de se rendre populaire !
Il y a certes des mystères dans tous les grands événements historiques. El Alamo n'échappe pas à cette règle.
L'officier mexicain Ramon Caro, secrétaire du général Santa Anna, écrit le plus sérieusement du monde cette chose stupéfiante, que l'affaire d'El Alamo s'est terminée, " le 30 février 1836 ". Il le soutient mordicus même quand on lui fait remarquer que les mois de février ne peuvent avoir que 29 jours et cela uniquement les années bissextiles (c'était le cas en 1836) mais jamais plus. Le fait serait comique si à la clé il n'y avait pas une tragédie.
Le colonel Pena, lui aussi de l'armée mexicaine, certifie que Davy Crockett se rendit avec 7 autres combattants américains. D'autres officiers de cette même armée confirment ces faits, parmi eux le nommé Caro déjà cité et en qui il faut avoir une confiance des plus limitées, surtout s'il est aussi précis sur les faits que sur les dates.
Il est curieux de constater que ces assertions sont uniquement de provenance mexicaine et sans doute propagées dans un but bien précis, celui de minimiser le rôle héroïque des Américains à El Alamo.
Les survivant du fort, c'est-à-dire les femmes et les enfants (tous les hommes furent tués), affirment quant à eux que Crockett et ses compagnons luttèrent jusqu'à leur dernier souffle, Davy " combattant comme un tigre" selon l'expression de Andrew Briscoe.
Laissons donc la place à la légende et soyons assuré que le grand Davy n'a pas forfait à l'honneur, qu'il a respecté sa parole et qu'il méprisa la mort ainsi qu'il l'avait toujours fait dans les combats livrés auparavant et qu'il tomba comme un " chêne foudroyé par le feu du ciel ".
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