PERSONNAGES CÉLÈBRES
Rien, plus que la propre vie de leur auteur, ne ressemble à un de ces contes d'Andersen qui, plus d'un siècle après sa mort, charment encore petits et grands sous toutes les latitudes. Dès sa naissance, en 1805, à Odense (Danemark), Hans Christian Andersen se trouve plongé dans l'atmosphère qui s'apparente étrangement à celle de ses récits. Il naît dans une famille extrêmement pauvre (son père est cordonnier) mais riche de tendresse. Le pauvre cordonnier adore son fils avec lequel on le voit souvent pour de longues promenades dans la campagne. Lorsqu'il n'est pas avec son père, Hans Christian est un enfant plutôt taciturne qui aime jouer tout seul. A huit ans, il s'est construit un petit théâtre dont les acteurs sont des poupées faites de sa propre main. Sa voie semble déjà tracée : " Je veux être poète et artiste de théâtre ! " confie-t-il à qui veut l'entendre. Un jour, une troupe itinérante se produit à Odense. Hans va en trouver le directeur : " Donnez-moi un rôle ! " supplie-t-il. Il obtient un rôle de figurant. Mais sa prestation est si faible que le public éclate de rire devant sa gaucherie et le couvre de quolibets !
La mère de Hans se dit que cet échec détournera son fils de la carrière théâtrale dont il rêve et l'incitera à apprendre un métier. Elle le place chez un tailleur. Mais à quatorze ans (il a perdu son père trois ans plutôt) Hans quitte le toit familial. Il se rend à Copenhague où sa première visite est de se rendre au Théâtre Royal. " Je veux devenir acteur ", dit-il au directeur. Surpris par la détermination du jeune garçon, l'homme lui fait passer une audition. Hélas ! Hans n'a pas appris grand chose depuis sa première tentative d'Odense. Malingre, maladroit, il a de plus, une dicton affreuse : il ne réussit qu'à faire sourire de pitié. Le pauvre garçon s'en rend bien compte La situation est d'autant plus grave qu'il n'a pas un sou vaillant. Pourtant la chance semble lui sourire. Jonas Collins, un des directeurs du Théâtre Royal a pitié de ce jeune garçon presque inculte. Il décide d'assumer les frais de son éducation et de l'envoyer à l'école. Mais l'élève Andersen s'accommode mal de la discipline et des devoirs. Si ses excentricités font la joie de la classe, la mauvaise volonté qu'il semble mettre à apprendre déchaîne la colère de ses maîtres, d'autant que ce " cancre " passe son temps à prétendre écrire des vers ! " Ces années ", écrira-t-il plus tard, " ont été les plus amères et les plus sombres de ma vie. "
Il en faudrait bien davantage toutefois pour enlever à Hans Christian Andersen sa " fureur d'écrire. "A l'âge de vingt-deux ans, en 1827, il a rédigé quantité de poème, de nouvelles, de petites pièces de théâtre dont une a même été jouée (sans succès, il faut l'avouer) par le Théâtre Royal. Tout cela ne lui pas rapporté grand chose. Et soudain voilà que la fortune lui sourit, venant d'une de ses uvres dont il attendait le moins. C'est un conte fantastique qu'il a intitulé " Un voyage à pied du Canal Hofman jusqu'au pont Est d'Amager ". Cela lui rapporte assez pour qu'il s'offre un voyage en Europe. Cette histoire, il l'avait écrite pour les enfants. Et voici que ce sont les grandes personnes qui la lisent ! Comme elles liront, en y trouvant beaucoup de plaisir, les contes et les récits de voyage qu'il publiera par la suite. Mais tous les enfants de Copenhague le connaissent et l'admirent. Le roi du Danemark aussi, qui lui attribue une pension à vie. Pour Andersen, les soucis financiers font désormais partie du passé. Il a trouvé sa voie. Personne n'est plus heureux que lui de voir les enfants dire sur son passe : " C'est le grand Christian Andersen ! "
Il comprend alors que sa voie n'est pas dans les poèmes et les pièces de théâtre qu'il a toujours rêvé d'écrire, mais dans ces contes où, mêlant le réel au merveilleux, il peut glisser une vraie poésie. Même lorsqu'il s'agit de décrire le sort pitoyable de ces enfants d'Europe qu'il a vus errer sur les routes, en direction de la ville où ils échapperont peut-être à la misère en s'employant dans les usines. Au fils des uvres qu'il publie régulièrement, sa notoriété fait place à la célébrité pure et simple. D'autant que, la soixantaine passée, Hans Christian Andersen garde une extraordinaire jeunesse d'esprit. Seul un stupide accident l'empêchera d'écrire : un jour, il fait une mauvaise chute. Il ne s'en remettra jamais et s'éteindra le 4 août 1875.
Quelques pièces de théâtre de Hans Christian Andersen sont pratiquement tombées dans l'oubli. En revanche, des générations entières se souviendront toujours avec attendrissement des contes d'Andersen qu'elles auront lus dans leur première jeunesse et qui ont pour titre " Le vilain petit canard ", " La petite sirène " (dont une statue se dresse à l'entrée du port de Copenhague), " La reine des neiges " et tant d'autres encore
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