LES PETITES HISTOIRES DE LA GRANDE HISTOIRE
Le 25 décembre 1800, au lendemain de l’attentat royaliste de la rue Saint Nicaise, devant les Corps Constitués qui le félicite d’être encore vivant, Bonaparte foudroie les criminels qui ont « déshonoré la République », car il veut profiter de l’affaire pour exterminer les derniers « Jacobins ». On fusille, donc, et on guillotine. Puis on déporte. Cent trente « démagogues » sont sur la liste. Les uns sont destinés à Cayenne ; les autres vont être envoyés dans les Seychelles. C’est le sort de ces déportés qui intéresse Lodace. Sombre et curieuse histoire, fort ignorée et qui ne lasse pas d’être instructive.
Deux navires de guerre, la frégate « La Chiffonne » et le brick « La Flèche », ont été requis pour conduire aux Seychelles les soixante-huit républicains que le Premier Consul y déporte. (Les deux bateaux seront perdus, d’ailleurs. « La Chiffonne, qui a débarqué sa cargaison humaine à Mahé, le 22 messidor an IX (11 juillet 1801), tombera aux mains des Anglais ; quant à « La Flèche », qui a dégorgé deux mois plus tard ses trente-huit proscrits (le 18 fructidor ; 5 septembre), elle disparaîtra, à son tour corps et biens, coulée peu après par l’ennemi.).
Il y avait alors aux Seychelles deux cent trente et un blancs et deux mille quatre cent quatorze esclaves noirs. Des esclaves ? En 1801 ? Huit ans après l’abolition de l’esclavage sur toute l’étendue des possessions française ? Mais bien sûr § Et le décret du 16 pluviose an II, œuvre scélérate de la Révolution, les chefs mâles et femelles des colons de Mahé sont saisis d ‘épouvante à la pensée que ces « terroristes » qu’on leur expédie sont bien capables d’en révéler aux noirs l’existence, divulguant le secret qu’on leur a si soigneusement caché ; ils sont libres et l’ignorent. A tout prix fermer la bouches aux déportés.
L’administration venue de la métropole ont toléré, sans esclandre, et dissimulé au pouvoir central le furieux mépris des colons à l’égard d’une législation qu’ils récusent. Ils n’ont pas voulu d’ « histoires » ; ils ont accueilli, de bonne grâce, les hommages et les présents des propriétaires qui achetaient leur silence. Ils savent trop, également, la tentation qu’exerce sur ces honnêtes gens le régime colonial anglais et comme il eût tenu à peu de chose que les « Français » de la Réunion, de l’île de France ou des Seychelles se fissent britanniques si la métropole eût prétendu réellement à n’avoir plus, au lieu d’esclaves, que des ouvriers rétribués. Le coup d’Etats de Brumaire a beaucoup plu aux notables de la région. Il leur semblait que cette France démente d’avant-hier, un peu assagie depuis le 9 thermidor, redevenait enfin ce qu’elle n’aurait jamais cesser d’être et que l’ordre naturel reprenait ses droits. Nul ne parlerait plus de l’infernal décret de Pluviose.
Mais c’était un bien vilain tour que leur jouait Bonaparte en déversant sur eux les égouts de Paris. De quoi leur faire regretter cette adhésion joyeuse qu’ils lui avait donnée d’abord ! De quoi ranimer en eux ce penchant occulte et très vif qui les porte à envier beaucoup le sort des colons du roi Georges.
Dangereux, les déportés ? Résolus à la propagande la plus délétère ? Férus de doctrines horribles et se préparant, aux Seychelles, à tout mettre à feu et à sang ? Les malheureux dont se sont délestées sur l’île « La Chiffonne » et « La Flèche » sont bien éloignés de nourrir d’aussi noirs desseins. Qui sont-ils ? Il y a de tout dans le lot, des militaires et des civils, un ex-général (Rossignol), et pas mal d’anciens fonctionnaires, des lettrées et des analphabètes, un certain nombre d’ouvriers, dont l’un d’eux va faire parler de lui ; il vient de Lyon où il travaillait dans une fabrique de bas ; c’est un brave homme un peu simple, qui aimait rire, jadis, qui aimait boire ; il s’appelle Serpolet.
Les proscrits n’ont d’autre pensée que de faire bon ménage avec ces compatriotes du bout du monde parmi lesquels on les a jetés et de tâcher de survivre, vaille que vaille, à cette guillotine sèche, qu’est la déportation. Le commandant de l’île, Quéau de Quinsay est un homme sans grand caractère, un peu mou, aucunement féroce. Il a demandé aux familles françaises de l’île qui ont des enfants jeunes d’accueillir ceux des déportés qui sont de bonne compagnie ; ces familles les hébergeraient et les nouveaux hôtes y deviendraient comme des précepteurs bénévoles. Près de vingt familles ont trouvé l’idée excellente, mais uniquement les familles modestes ; la suggestion de Quinssy en revanche a révolté les véritables gens de bien : Malavois, leur chef naturel, le plus gros planteur, l’homme d’action de Mahé, les frères Savy qui dirigent la principale maison de commerce de l’île, et la veuve Jorre, une femme de tête, qui mène à merveille son exploitation.
Ces personnages de premier plan ont bien tenu le geste du commandant militaire pour une insanité, et l’accueil que s’apprêtent à faire aux proscrits un certain nombre de petites gens pour une espèce de trahison. La métropole ayant eu l’idée, fort insolente, de choisir Mahé pour Lazaret de ses indésirables, que ce rebut de l’humanité soit donc effectivement en prison, c’est-à-dire dans quelque ghetto approprié, un marécage, par exemple, afin qu’en peu de semaines le problème soit liquidé. Odieuse, inadmissible, l’attitude du commandant Quinssy. Les Considérables en appelleront à qui de droit : M. de Magallon, l’administrateur général de l’île de France, dont Quinssy dépend et l’ « Assemblée coloniale » surtout, qui est en fait le consortium des hommes d’affaires de la région, une toute puissance autrement sérieuse que le représentant lui-même des « autorités » nationales.
Dès le 26 septembre 1801, les frères Savy (François et Charles) adressent à l’Assemblée Coloniale une lettre pathétique ; ils se déclarent prêts à quitter Mahé, à rompre, avec déchirement, tous les liens qui, depuis 1766, les attachent à l’île, plutôt que d’y respirer un air vivié par des êtres abominables : « Notre cœur répugne parmi eux (sic) et voulant inspirer à nos enfants des sentiments honnêtes, nous désirons sortir d’un lieu où nous avons tout à craindre » ; puis c’est la veuve Jorre qui prend la plume : « Pauvre mère de famille qui n’a de fortune qu’une trentaine de noirs et cinq terrains d’habitation », elle ne se sent plus en sécurité chez elle depuis que les affreux déportés sont là ; Malavois dénonce ensuite la « vingtaine d’habitants » qui ont en l’aberration et commis l’impardonnable folie de confier à ces malfaiteurs l’éducation de leurs enfants ; et un nommé Loiseau enfin, n’hésite point, le sot à écrire noir sur blanc ce qui, précisément, étant l’essentiel et la clef de tout ; devrait rester sous-entendu (scripta manent) ; tous les honnêtes gens, dit Loiseau, vivent à Mahé « dans la plus grand inquiétude, car les déportés nourris d’une doctrine « destructive des colonies » feront tout pour « que le décret du 16 plusiove an II » soit « mis à exécution. »
Avant même les lettres de Loiseau et de Malavois, qui sont respectivement des 26 janvier et 4 février 1802, l’Assemblée Coloniale avait déjà rédigé, en date du 12 octobre 1801, un pressant appel à la vigilance des Consuls. Le style en est admirable et il faudrait citer tout ce long document où la passion d’une noble cause s’élève chez ces négriers jusqu’aux sommets de l’art oratoire : « Tout ce que les atrocités révolutionnaires ont de plus horrible se trouve réuni comme dans un même foyer. Où ? Dans un pays habité par les hommes les plus paisibles de la terre …, à côté d’une population qui s’est conservée jusqu’ici saine et intacte ; » comment les consuls ont-ils dans leur sagesse certainement surprise, « introduire au sein de notre société ces principes destructeurs contre lesquels nous avons si généreusement lutté ! » Que l’on nous délivre, au plus vite, des risques mortels, pour que comportent, pour tant de vertueux propriétaires le contact et la contagion de forbans, légitimement chassés de France après les infamies dont ils se sont rendus coupables et qu’ils se préparent à renouveler, si l’on n’y prend garde, dans les possessions françaises de l’Océan Indien.
Rien, hélas, ne se produisait, ni le plus petit tumulte, ni la moindre rixe, qui pût permettre contre les déportés ces représailles immédiates et définitives dont rêvaient Malavois et les frères Savy. Tout, dans la colonie, restait d’un calme absolu. Les déportés, qui semblaient surtout, conseillés par Quinssy, anxieux de ne point faire parler d’eux, vivaient sans bruit, essayant de se rendre utiles et se faisant généralement aimer.
Ils avaient même si parfaitement compris la règle de jeu fondamentale qu’ils s’abstenaient avec soin de tout ce qui eût pu passer, de leur part, pour une fréquentation suspecte des esclaves ; ils ne se mêlaient point à eux, n’ayant point d’ordres à leur donner, ils ne leur adressaient jamais la parole ; ils se confondaient, en fait, avec une scrupuleuse exactitude, au code non écrit de la vie coloniale ; deux monde en présence, la poignée des blancs d’un côté, le vaste troupeau des noirs de l’autre, ces derniers appartenant, de toute évidence, à une race sous-humaine, providentiellement destinée à la domestication. Comme il est souvent profitable d’être bon envers les animaux, on peut, à l’occasion, traiter les nègres avec douceur ; on voit même des cas, dans l’intimité des familles, où telle « nounou », tel vieil esclave, a gagné l’affection de ses maîtres, comme fait un bon chien fidèle. Mais il demeure bien entendu, et c’est la loi capitale, qu’un blanc ne saurait aller chez les esclaves autrement qu’un fouet à la main, ou se mêler familièrement à la vie des quelques noirs « libres », sans devenir lui-même infréquentable et sans se placer du même coup au ban de la société civilisée.
Or c’est ce crime irrémissible que va commettre, en toute candeur, l’infortuné Serpolet. Le récit de cette aventure est consigné dans un « Mémoire » qu’ont rédigé les proscrits eux-mêmes. Et voici le drame : « Un de nos compagnons […], le citoyen Magnan, s’étant trouvé un dimanche sur l’habitat d’une négresse libre nommée Vola Maelja, où il était allé voir un autre de nos camarades, le citoyenLaurent d’Erville, ancien capitaine de cavalerie, vit danser les noirs de cette propriétaire. » A son retour, il raconte la chose à quelques amis ; il s’est beaucoup amusé, avec l’ex-capitaine, à observer les contorsions de ces sauvages ; Magnan a le sens de l’humour et un certain don de la drôlerie ; il imite les cris et les trémoussements des indigènes, devant l’ouvrier Serpolet, qui l’écoute et le regarde tout ravi, se tapant sur les cuisses. Il lui faut voir de près tout cela, et pas en imitation, mais au naturel. Serpolet, dit dans le Mémoire, « n’avait que peu l’usage du monde et encore moins celui des colonies « ; dans l’intention de se réjouir à voir gambader les « canaques », Serpolet se met en route, le dimanche suivant. Il rencontre un noir qui appartient à M. Leguidec, propriétaire résidant à Bourbon, et lui demande son chemin. L’esclave lui aussi, allait à la fête et se constitue, de bon cœur, le guide de Serpolet. Le Lyonnais arrive chez les noirs, lesquels « se trouvent honorés d’avoir un blanc au milieu d’eux, lui offre sa part de leurs rafraîchissements », et voilà Serpolet, l’absurde, qui viole, sans y penser, la frontière interdite. Texte du Mémoire : invité par les noirs, et « faute de connaître l’usage des colonies, Serpolet accepta et prit part au gala ».
Il est permis de supposer que les « rafraîchissements » furent copieux en l’honneur de l’invité blanc si gentil, si débonnaire et l’on ne saurait assurer que Serpolet n’allât pas jusqu’à se commettre à sautiller avec les négresses. Une chose est certaine ; lorsqu’il revint (le lendemain, très probablement, plutôt que le dimanche soir) parmi ses camarades de la ville, tous le désapprouvèrent, déplorant sa lourde bévue et devinant trop à quel point elle pouvait leur porter préjudice. « Nous le réprimandâmes fortement » disent les rédacteurs du Mémoire. Un « tribunal » improvisé, constitué par les dix proscrits les plus âgés ou les plus haut placés dans la hiérarchie sociale, jugea Serpolet et, l’estimant coupable d’un grave délit, le déféra au commandant Quinsay, requérant pour ce bon diable qui avait si peu cru mal faire une incarcération d’un mois, destinée tout autant à lui apprendre à vivre qu’à prouver aux colons, dot ils étaient les hôtes, en quel respect les déportés tenaient comme il se doit, « les usages coloniaux. »
Naïfs, les proscrits imaginaient peu que le clan Malavois-Savy allait pouvoir tirer de cette peccadille, tout aussitôt croyaient-ils, amplement réparée. Enfin les honnêtes gens de l’île avaient mis la main sur l’incident tant attendu et l’affaire Serpolet, par leurs soins, allait devenir auprès de l’Assemblée Coloniale la preuve énorme, et trop superflue, du complot forgé par les « terroristes » pour ruiner, dans toutes les possessions françaises d’outre-mer, les bases mêmes de la colonisation.
Malavois réclame cinq expulsions immédiates : celle de Serpolet d’abord, bien entendu, et celle, en même temps de quatre noirs déjà gagnés, dit-il à la conjuration et prêt à lever l’étendard de la révolte : les nommés Mouton et Jolicoeur, principaux organisateurs des « galas » chez Vola Maelfa, pour le nègre de M. Leguidec, qui n’a pas fait pour rien à Serpolet ses offres de service, et Fernando, enfin, l’homme de confiance du commandant militaire, ce Fernando qui, lui aussi, était de la fête, Fernando que le commandant traite avec une bienveillance choquante, comme si presque, ma foi, il s’agissait d’un blanc. C’est Quinssy, inutile de le souligner, que Malavois veut atteindre, Quinssy le traître, et qui, du premier jour, a manqué à tous ses devoirs en négligeant de prendre à l’égard des proscrits les discrètes mesures, qui s’imposaient d’extermination.
Mais non, Périmées, les voies légales. Sait-on même si Magallon, le gouverneur, oser faire quoi que ce soit ? L’Assemblée Coloniale, où l’on ne plaisante pas, décide de passer outre aux formalités administratives. Et, dans sa séance du 26 janvier 1802, elle règle, purement et simplement, les détails d’un coup de main, d’une opération de police, qu’exécuteront de vive force les éléments sains de Mahé. Procès-verbal de la séance du 8 pluviose : « L’assemblée ordonne qu’il sera fait une expédition pour enlever les déportés les plus dangereux », Magallon se débrouillera ensuite avec Paris.
Une corvette de guerre, le « Bélier » (capitaine Lafitte) se trouvait, alors ancrée devant l’île de France. L’Assemblée Coloniale en prononce la réquisition, Magallon intimidé, laissant faire. Le capitaine Lafitte reçoit l’ordre de conduire son bâtiment devant Mahé, et de se préparer à y parquer n’importe comment (le plus mal sera le mieux) les espèces de fauves sur lesquels les amis de Mahé, auront jeté leur dévolu. Quinssy, parallèlement, se voit enjoint de procéder à la mobilisation d’une milice civique ; il lui est prescrit de passer, quand les gens dormiront, chez les « principaux habitants » de l’île afin de les inviter à se tenir prêts, et en armes, un certain jour qu’on leur fera connaître, pour la grande battue. Malavois et les frères Savy se substitueront à Quinssy au cas, trop probable, ou ce dernier, auquel on offre ainsi une dernière occasion de se racheter, révélerait sa félonie.
La liste des déportés a été scrutée de près. Comme on n’a qu’une seule corvette pour l’entreprise, impossible de se débarrasser d’un coup, ce qui eût été l’idéal, des soixante-huit « anarchistes ». Il y a de la place sur le bateau (et en les serrant bien) que pour une trentaine de ces égorgeurs. Disons donc trente, Malavois, qui connaît son monde, a fait des croix en face des noms particulièrement redoutables. La purge accomplie et l’île une fois émondée de la moitié des « sans-culottes », il est à présumer que le reste sera frappé d’une telle stupeur qu’on n’aura plus à s’en soucier. Malavois voudrait bien qu’on profitât de la circonstance pour mettre à Quinssy la main au collet. Avec quel bonheur il se chargerait lui-même de l’arrestation ! Mais le capitaine Lafitte - un timoré - se refuse à couvrir une telle improvisation, du côté de Paris, avec ce Bonaparte qui n’a point l’air de badiner sur la discipline, pourrait être très fâcheuses. Tans pis ! Trente déportés de moins (un peu davantage peut-être, si on a de la chance), le jeu en vaut la peine, même sans la suppression du Quinssy.
Le 12 mars 1802, au matin, le « Bélier » mouille devant l’île. L’arrivée de ce bateau de guerre cause chez les déportés un grand mouvement d’espoir. S’il venait les rapatrier ! Si leur totale innocence dans l’attentat de la rue Saint-Nicaise avait été reconnue par le Consul ! Un « habitant » et trois d’entre eux sautant dans une barque, font force de toutes rames vers la corvette. Ils y montent. A peine sur le pont, ils sont garrottés et jetés dans la cale. Trois de plus ! Ils s’arrangeront avec les autres, car il n’est pas question qu’on les décompte que les trente qu’on doit capturer. Et tandis que cet incident pittoresque se déroule sur le « Bélier », la milice exécute sa rafle.
Ils sont quinze blancs commandés par les frères Savy et ils ont avec eux cent noirs que Malavois dirige. Les blancs sont munis de pistolets. Les noirs brandissent des gourdins. On a pris les chiens aussi, dressés à la chasse à l’homme, pour rattraper en quelques bonds les fuyards éventuels. Tout se passe très bien. Déconcertés, abasourdis, les « anarchistes » n’offrent aucune résistance. On les ligote et les noirs deux à deux, emportent au pas de course vers la mer ces ennemis de l’esclavagisme.
Un seul accroc : le chirurgien Biaroux, vieil « habitant », a fait du bruit. Il a prétendu s’indigner ; il a protesté que les proscrits n’avaient cessé de se monter les gens « les plus paisibles » et que ces façons de faire, à leur égard, étaient aussi ridicules qu’odieuses. On l’a donc arrêté, comme de juste. Quant à Quinssy, il a fait le mort.
Le capitaine Lafitte jeta ses trente-trois proscrits dans la casemate prévue pour les recevoir : elle avait six mètres sur quatre. Puis on les « remis » au sultan d’Anjouan qui voulut bien les accueillir en échange de deux canons de huit, quarante fusils et seize aunes de drap rouge. Ils furent logés sous un hangar de roseaux édifié, pour rire, dans la boue. Quinze jours après, sur les trente-trois, vingt-cinq, déjà, étaient enterrés.
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