LES PETITES HISTOIRES DE LA GRANDE HISTOIRE
L’homme primitif qui vivait dans les cavernes et demandait à la chasse d’assurer sa subsistance n’était pas encore très éloigné du grand singe, qui vivait dans les arbres. Dense, longue, sa chevelure n’avait aucun besoin d’être protégée de la pluie, du vent, du soleil. Ses premiers vêtements lui furent fournis par des peaux d’animaux qu’il tuait pour se nourrir. Il dut certainement mettre beaucoup de temps pour imaginer qu’il pouvait protéger son épaisse tignasse contre les éléments. Tout au plus pensa-t-il peut-être à empêcher ses cheveux de lui tomber sur les yeux. De sorte que la première esquisse de chapeau fut peut-être un bandeau retenant les cheveux sur le front. Plus tard, il en vint, dans certaines régions, à se protéger du soleil à l’aide d’une large feuille d’arbre, voire de quelque morceaux de peau d’animal grossièrement façonnée de façon à ce qu’elle tienne sur la tête. Peut-être pensait-il aussi, avec ce couvre-chef, se parer en en même temps, des forces de sa ;victime…
Cette façon de penser devait se répercuter au fils des siècles et des millénaires. Au point qu’il n’y a pas si longtemps encore, les hommes-léopards du Congo, revêtaient une peau de cet animal dont la tête avait été spécialement évidée et traitée de façon a s’ajuster au porteur. Petit à petit cependant, le couvre-chef devenait un élément de la tenue vestimentaire et prenait les formes les plus inattendues. Sous les Etrusques, voici plus de 2500 ans, ce n’était déjà plus, depuis longtemps, un article fonctionnel visant à protéger son porteur contre le soleil ou la pluie, mais un objet d’ornement. Comme appeler autrement ce chapeau d’origine étrusque en forme de parallélépipède que portaient encore les ecclésiastiques vers 1800 ?
Les femmes ne vinrent que relativement plus tard au port du chapeau. Très longtemps, elles se contentèrent de protéger leur chevelure à l’aide de voiles qui faisaient partie de la pièce principale d’habillement et qu’elles faisaient remonter sur leur tête (coiffes médiévales). Encore que le femme musulmane moderne ait de plus en plus tendance à se libérer de cet article vestimentaire (sauf dans les pays où l’intégrisme islamiste sévit), le voile de certaines religieuses est une émancipation du voile couvre-chef. Il en existe bien d’autres exemples. A cette nuance près que les voiles étaient faits de tissus plus ou moins recherchés que variait la classe sociale de celles qui le portaient.
Par le suite, le chapeau allait devenir révélateur du rang social, y compris dans les hiérarchies militaire ou religieuse. Les hauts-dignitaires de l’Eglise par exemple définirent des formes de couvre-chef très élaborées et chargées de symboles. Ainsi, la tiare papale ce bonnet dont la division et les deux longs rubans symbolisent l’Ancien et le Nouveau Testament et le double mariage avec Dieu et son peuple.
Avec le XVIIIème siècle, nous assistons à l’extraordinaire essor de la perruque. La mode tourne alors vers l’exubérance. Les hommes se rasent la tête et la recouvrent de longues perruques bouclées, poudrées, retenues par des rubans sur lesquelles ils posent des tricornes auxquels ils ne dédaignent pas d’ajouter des panaches de plumes. De leur côté les femmes portent de long cheveux (parfois remplacés par des perruques) qu’elles font remonter sur la têtes en échafaudages savants, et sur lesquels elles déposent d’énormes chapeaux décorés de plumes, de perles et de joyaux. La Révolution française ramènera une mode moins extravagante.
Le XIXème siècle verra le triompha du haut-de-forme sans lequel aucun homme de bonne compagnie n’oserait se montrer hors de chez lui. C’est bientôt le couvre-chef de tout un chacun qu’il soit policier, commerçant, fonctionnaire, Président de la République … le petit peuple lui n’a que sa casquette à offrir en révérence. Le chapeau melon s’impose ensuite détrôné à son tour par la coiffe des pauvres redessinée, le chapeau de paille et le chapeau de feutre. Mais de nouveau en 1970, comme à l’âge de pierre, l’homme à tendance à laisser pousser ses cheveux et à sortir nu-tête.
Pour le reste, maintenant l’homme n’en fait qu’à sa tête ;-)))
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