LODACE, HISTOIRE


DOCUMENTS HISTORIQUES RÉGIONAUX


LE CHÂTEAU de CONDÉ


Condé tire son nom du mot d'origine celte "condatum", qui signifie confluent (entre deux rivières, la Dhuys et le Surmelin, affluent de la Marne). Ses origines remontent à l'antiquité mais ce n'est qu'au Xllème siècle que ce village devient un lieu d'importance stratégique et politique pour les seigneurs qui s'y installent.

S'y succèdent, les seigneurs de Montmirail, de Coucy, la Maison de Luxembourg, de Bourbon-Vendôme, Bourbon-Condé, le Prince de Savoie Carignan (actuelle famille royale d'Italie) et la maison de Bourbon-Soissons, jusqu'à l'acquisition du Château par le Marquis Lériget de la Faye en 1719. Parmi eux, Louis de Bourbon, premier Prince de Condé, et oncle du futur Henri IV, est l'un des acteurs principaux de l'histoire des guerres de Religion (XVIème siècle), en tant que chef du parti protestant. Il est l'aïeul du Grand Condé et du grand stratège le Prince Eugène de Savoie qui, à la tête des armées autrichiennes, à fait subir plusieurs défaites à Louis XIV.

En 1719, le Marquis Lériget de la Faye, achète le Château, confisqué par le roi Louis XIV depuis 1711 en raison de la collaboration de Victor-Amédée de Savoie avec le Prince Eugène, pendant la guerre franco-autrichienne. La plupart des décors que l'on peut admirer aujourd'hui au Château de Condé sont dus au Marquis de la Faye, membre de l'Académie Française, chef du cabinet royal et administrateur de la Compagnie des Indes. Celui-ci aurait continué le travail entrepris par le Prince de Savoie-Carignan.

Il confie Condé au talent d'un architecte et sculpteur italien, Servandoni, maître du trompe l'oeil et l'un des architectes du Palais Farnese à Rome et de la façade de l'église Saint Sulpice à Paris. Celui-ci supprime l'aile sud, déjà très endommagée par les dragonnades que Louis XIV y infligea, donne une symétrie apparente aux façades ( l va jusqu'à peindre de fausses fenêtres sur les murs médiévaux qui mesurent par endroits deux mètres d'épaisseur !).

Grands mécènes, le Prince et le Marquis invitent les artistes à la mode à redécorer cette "maison des champs". Antoine Watteau et ses élèves dont Lancret, François Lemoine et son élève Boucher, Jean-Baptiste Qudry, peintre animalier de la Cour, s'y côtoient et travaillent parfois sur les mêmes oeuvres.

En 1814, la Comtesse de Sade, belle-fille du Marquis de Sade, hérite de Condé par l'un de ses cousins la Tour du Pin. Le Château reste dans la famille Sade jusqu'en 1983, date à laquelle Monsieur Alain Pasté de Rochefort en fait l'acquisition. Hasard de l'histoire ou Providence, les Pasté de Rochefort sont les descendants du capitaine de la garde privée du premier Prince de Condé !

Les dommages infligés à cette glorieuse demeure pendant les deux dernières guerres font de sa restauration la principale préoccupation des actuels propriétaires.

Dès le début des travaux en 1983, la famille Pasté de Rochefort va de découverte en découverte.
Les fresques du château connues à cette époque étaient déjà impressionnantes mais les recherches que mènera Monsieur Pasté de Rochefort et les surprises que leur réservera le Château au cours des années de restauration ne feront qu'enrichir la connaissance de cette demeure et des personnages qui y vécurent.

Qu'en est-il, aujourd'hui?

L'aile Ouest, très endommagée pendant les guerres mondiales, a retrouvé les couleurs et l'air de fête laissés par Watteau et ses élèves au début du XVIIIème siècle. Chaque pièce rappelle la présence du maître qui peignait directement sur les murs et les dessus de cheminée: des paysages fantastiques, des personnages que l'on retrouve dans les toiles les plus connues du peintre, les contes de Jean de La Fontaine délicatement illustrés... Alors qu'en 1983, certaines peintures se trouvaient sous des couches de papier peint, aujourd'hui, après des années de réparation, on retrouve partout une farandole de couleurs qui donne vie aux murs médiévaux.

Dans l'aile Nord, les toiles de Servandoni, architecte et maître du trompe l'oeil, lacérées par des baïonnettes, ont été réparées. Dans le salon de la chasse, de Jean Baptiste Oudry (XVIIIC siècle), outre les merveilleux retours de chasse et de pêche, la famille Pasté de Rochefort a trouvé, en 1991, derrière un miroir, une peinture signée d'un "W", reprenant les caractéristiques de l'art de Watteau, et cachée depuis 300 ans!

Récemment, c'est encore une cave voûtée qui a été déblayée. Selon les Comtes de Sade, elle aurait été murée en 1870, avant l'arrivée des prussiens mais elle reste encore un mystère...

Oui, "mystère"... C'est un mot qui sied particulièrement à cette bâtisse dont il reste beaucoup à découvrir. Les quelques objets retrouvés au cours des travaux révèlent une présence humaine ancienne et continue en ces lieux mais les découvertes n'ont pas encore fini de nous étonner.


Pour en savoir encore plus et voir ce château Cliquez !


Sommaire - Histoire - Documents régionaux


© lodace.net 1998-2005