Vendredi 7 Octobre 1999
Le portail Sainte Anne de Notre Dame de Paris a une histoire très complexe. Aujourd'hui, elle vient de s'allonger inutilement. Quatre têtes ont été endommagées à la masse et une a été volée.
Ce portail est le plus ancien de Notre Dame, il a probablement été conçu pour un premier parti de la Cathédrale ou pour le portail de l'ancienne Saint Étienne, détruite pour laisser la place à l'actuel édifice.
On se rend compte du changement au bricolage du tympan et du linteau, les éléments des années 1150-1160 et ceux du début du XIIIème tranchant nettement.
Le portail aujourd'hui mutilé n'est pas à son premier démembrement.
À la révolution, Bazin fut commis pour détruire les symboles de la royauté (fleurs de lis des couronnes...). Peu après, Varin déposa les huit statues des ébrasements, seul le saint Marcel resta en place, sur le trumeau... Il a été restauré par Louis-Alexandre Romagnesi vers 1818 et Geoffroy-Dechaume refit la tête ratée par Romagnesi. Il fut placé à l'abri dans la tour Nord, une copie prenant la place. Cette statue, aujourd'hui à Cluny, a une histoire alchimique très active, certains voyant dans le petit édicule sur lequel s'agrippe la salamandre le contenant de l'athanor. On pourrait penser que sa curieuse survie soit due à cette attribution.
Les statues des ébrasements, déposées par Varin, sont connues par les planches de Montfaucon. Ce sont d'ailleurs ces planches qui permirent la restitution des statues et l'identification des éléments retrouvés aujourd'hui conservés à Cluny et au MET pour la tête du David.
Au Louvre, deux clefs de voussures, le Christ de l'Apocalypse et l'Agnus Dei. Ces deux clefs semblent avoir, comme la partie centrale du portail, fait partie d'une première composition, dont Viollet-le-Duc aurait retrouvé des éléments enfouis hors les murs (sous chapelles). On les rattache traditionnellement au portail Sainte Anne à cause de la similitude des sujets avec les deux clefs sommitales en place.
J'imagine que les destructions concernent les statues d'ébrasements. C'est donc le dix-neuvième, une fois de plus qui aura souffert de ce vandalisme imbécile.
Cordialement