Fête le 28 février
Bref historique
Saint Renu faisant partie de ces saints, au nombre de huit, qui avaient été les disciples de Saint Cyprien, souffrirent le martyr peu après ce saint, l’an 258, dans la persécution de Valérien. Voici la lettre qu’ils écrivirent eux-mêmes aux fidèles pour les instruire de ce qui leur arrivait ; elle passe avec raison pour être un des plus beaux monuments de l’antiquité ecclésiastique. « Lorsqu’on nous eut arrêtés, disent-ils, on nous garda chez les officiers du quartier, où nous eûmes des avis certains que l ’intendant voulait nous faire brûler vif ; mais Dieu, qui est le maître des coeurs, touchés par les prières que nous répandîmes avec foi en sa présence, détourna de dessus nous la fureur de ce magistrat. Il changea de sentiment, et nous fit mener en prison. L’infection et l’obscurité de ce lieu ne nous effrayèrent pas, et nous y entrâmes avec autant de joie que si nous fussions montés au ciel. On ne peut ni exprimer ni concevoir comment nous passâmes en ces lieux affreux les jours et les nuits. Plus la tentation est grande, plus on connaît la puissance qui nous faut vaincre. Nous reçûmes du soulagement quelques jours la visite de nos frères ; et la consolation qu’ils nous donnaient pendant le jour nous faisait oublier les peines que nous avions souffertes pendant la nuit. Un des nôtres, nommé Renus, vit en songe qu’on nous tirait de la prison l’un après l’autre, et qu’on portait une lampe devant chacun de nous. Le jour suivant, on vint en effet nous prendre pour nous mener à l’intendant. Nous étions chargés de chaînes de fer qui était pour nous plus précieuses que l’or. Les soldats, qui ne savaient où l’intendant voulait nous entendre, nous promenèrent par toute la place ; enfin on nous fit entrer dans un cabinet où nous terrassâmes le démon ; mais comme l’heure de notre martyr n’étaient pas encore venue, nous fûmes reconduits en prison et réservés pour un autre combat. Le démon nous y attaqua par la faim et par la soif, Solon, officier du fisc, nous tourmenta plusieurs jours, jusqu’à refuser de l’eau fraîche à ceux qui étaient malades. Nous recevions toutes ces souffrances comme de la main de Dieu même, qui voulait nous éprouver, et qui nous comblait en même temps de consolation. Un jour que nous attendions l’heure où l’officier avare nous enverrait de quoi manger, Dieu permit que notre cher frère Lucien, d’entre nous qui étaient tombé malades faute d’eau fraîche furent guéris. »
Les martyrs demeurent plusieurs mois en prison, où ils souffrirent longtemps de la faim et de la soif. Deux d’entre eux y moururent et les autres, furent livrés aux exécuteurs
Sommaire - Lettre initiale - R