Fête le 26 février
Bref historique
Phocas était de la ville de Sinope, dans le Pont. Il cultivait un jardin à la porte de la ville, et en tirait par son travail de quoi vivre et assister les pauvres. Sa maison était ouverte à tous ceux qui voulaient y venir loger.
Il s’éleva une cruelle persécution contre la religion chrétienne. On croit, avec beaucoup d’apparence que c’était celle de Dioclétien. Phocas quoi que de profession obscure, était si connu pour sa piété et par sa charité envers les pauvres, qu’il fut dénoncé aux persécuteurs comme disciple de Jésus Christ. Ce parut crime suffisamment prouvé par la notoriété, et l’on ne crut pas devoir observer à son égard les formalités de justice. On envoya des gens qui avait ordre de le faire mourir sur-le-champ. Ces exécuteurs, ne voulant entrer dans la ville qu’après s’être assurés de sa demeure, afin de pour le prendre plus aisément, allèrent loger, sans le savoir, chez celui-là même qu’ils cherchaient. Il les reçut avec charité, comme il avait coutume de recevoir les étrangers. Ils ne lui parlèrent de rien d’abord ; mais Phocas leur ayant demandé pendant le repas ce qui les amenait à la ville, ils crurent devoir reconnaître le bon accueil de leur hôte en lui déclarant le sujet se leur arrivée. Après lui avoir demandé le secret, ils déclarèrent qu’ils étaient envoyés pour prendre et mettre à mort un nommé Phocas, et le prièrent de l’aider à le découvrir. Il, sans s’étonner, leur répondit qu’il connaissait Phocas, et que le lendemain matin il leur donnerait des avis du lieu où il était.
Quand ses hôtes furent couchés, il fit sa fosse, et prépara toutes choses pour sa sépulture. Le jour venu, il alla leur dire : « Phocas est trouvé, et vous pouvez le prendre quand vous voudrez. ». Ils en furent bien aises, et lui demandèrent où il était. « Il n’est pas loin, leur répondit-il, vous le voyez ; c’est moi_même : faites ce qui vous est commandé. » Ces hommes furent extrêmement surpris et demeurèrent immobiles, ne pouvant se résoudre à ôter la vie à un homme qui leur avait donné si généreusement l’hospitalité. Phocas les rassura, et n’oublia rien de ce qu’il pouvait leur dire pour les porter à exécuter leur mission. Ils s’y résolurent enfin, et lui tranchèrent la tête.
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