Fête le 14 mars
anciennement le 7 mars
Mathilde née en Westphalie vers 880, était la fille du comte
Thierry, seigneur qui jouissait d'une grande puissance parmi les saxons.
Elevée dans le cloître sous les yeux de son aïeule, abbesse
de monastère d'Erford, elle prit de bonne heure le goût de la
pénitence et de la prière.
Mathilde avait grandi dans le cloître ; elle eût bien voulu ne
jamais quitter sa chère solitude, mais la providence en décida
autrement. Elle fut arrachée subitement à sa retraite, et quelque
temps après mariée à Henri, fils d'Othon, duc de Saxe.
Trois ans après ce mariage, Henri, ayant perdu son père, lui
succéda avec le titre de duc de Saxe ; et trois ou quatre années
après il fut élu pour succéder à Conrad, roi
de Germanie.
Mathilde eut le bonheur de trouver dans Henri un époux selon son
cur . A la piété, il joignait de hautes qualités
royales qui le faisait respecter et aimer de ses sujets. Aussi courageux
envers les ennemis de l'Etat qu'il était bon envers ceux qu'il gouvernait,
Henri crut devoir châtier k'insolence des Hongrois et des Danois, et,
tandis qu'il remportait des victoires, Mathilde vaquait au soin de son palais,
à la prière et consoler et visiter les malades. Les Germains
étaient heureux sous le gouvernement d'un roi valeureux et pieux et
d'une reine si proche de la sainteté.
Cependant la mort vint tout à coup surprendre Henri sur son trône.
Après dix-sept ans de règne, il mourut frappé d'apoplexie.
Mathilde vint déposer sur l'autel les diamants qu'elle possédait
(suivant la légende) et renonça pour toujours aux pompes et
vanités du monde.
Mathilde avait eut trois enfants de son mariage avec Henri : savoir Othon,
Henri et Brunon. Le premier succéda à son père dans
le royaume de Germanie. Il fut couronné empereur à Rome en
962, après avoir vaincu les Bohémiens et les Lombards. Henri
fut duc de Bavière, et Brunon archevêque de Cologne. Ce dernier
est honoré dans l'Eglise d'un culte public.
Othon n'avait été couronné roi de Germanie qu'après
de vives contestations. Comme cette couronne était élective,
Henri son frère, quoique plus jeune, la lui avait disputée,
et Mathilde par une injuste prédilection, s'était
déclarée en sa faveur. Cette conduite de la reine alluma la
discorde entre les deux frère. Mathilde commit sans doute une grande
faute, mais comme on dit elle expia ses fautes. Ses deux fils, Othon et Henri,
se liguèrent contre elle, et la dépouillèrent même
de son douaire, sous prétexte qu'elle avait épuisé l'Etat
par des aumônes inconsidérées.
Mathilde se soumit sans murmure aux décrets de la providence qui la
châtiait et souffrir en silence. La persécution fut aussi longue
que cruelle. Les deux princes rougirent pourtant à la fin de
l'indignité de leurs procédés : ils se
réconcilièrent sincèrement avec leur mère, et
lui rendirent tour ce qu'ils lui avait enlevé.
Mathilde, rétablie dans ses biens, n'en usa que pour les pauvres.
Cinq monastères et plusieurs églises furent fondés par
ses soins et enrichis de ses libéralités. C'était dans
une de ses retraites qu'elle réunissait foule de pauvres et d'indigents
pour les guider vers Dieu.
C'est au milieu de ces occupations pieuses que la mort surprit Mathilde.
Elle était alors au monastère de Quedlimbourg. Toute la
communauté entendit la confession publique de ses fautes, puis ayant
reçu les sacrements des mains de Guillaume, archevêque de Mayence,
son petit fils, elle expira couchée sur la cendre le 14 mars 968.
Son corps est vénéré dans le monastère de
Quelimbourg.
C'est la grand-mère d'Hugues Capet, le premier roi de France.
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