Fête le 5 mars
Bref historique
Gérasime naquit en Lycie. Après avoir mené
longtemps la vie de solitaire dans son pays, il passa en Palestine, où
il continua de mener une vie pieuse et de combattre les ennemis de son salut
par sa vigilance, la prière et la mortification. C’était le
temps où l’hérésie d’Eutychès faisait beaucoup
de bruit dans l’Église. Elle venait d’être condamné par le concile
de Chalcédoine : me grand saint Euthyme, abbé de Palestine,
en avait fait publier les décisions ; et son autorité allait
réunir tous les solitaires à la vraie foi, lorsqu’un moine vagabond
et imposteur, nommé Théodose, après avoir gagné
l’impératrice Eudoxie, qui s’était retirée en Palestine,
trompa par ses mensonges plusieurs solitaires, et les fit se révolter
contre le concile de Chalcédoine. Gérasime fut de ceux qui se
laissèrent surprendre à ces artifices ; mais la séduction
ne dura pas longtemps. Gérasime ayant ouï parler des éminentes
vertus de Saint Euthyme, désira le voir. Il vint le trouver dans la
solitude de Ruben, l’entretint longtemps, et fut si touché de ses discours,
qu’il renonça à l’erreur et embrassa la foi. Il eut toute sa
vie une douleur amère de son égarement ; et, par un effet de
miséricorde, cette faute le rendit encore plus humble, plus vigilant
et plus pénitent que jamais. L’exemple de son retour dans le bon droit
ramena plusieurs célèbres solitaires qui s’était aussi
égaré et laissé séduire par Théodose.
Gérasime, se voyant suivi d’un grand nombre de disciples forma, près
de Jérusalem, près du Jourdain, une enceinte qui renfermant
soixante cellules écartes l’une de l’autre, pour autant de solitaire
; et au milieu il fit construire un monastère pour les cénobites
qui désiraient vivre en communauté.
C’est dans cet endroit qu’il éprouvait les nouveaux disciples, et lorsqu’il
les trouvait suffisamment affermis dans la vertu, il les faisait passer dans
l’enceinte, où chacun demeurait seul dans sa cellule pendant cinq jours
par semaine, gardant un silence exact, sans prendre de nourriture que du pain,
des dattes et comme boisson de l’eau. Le samedi et le dimanche, ils venaient
participe aux saints mystères ; après ils mangeaient en commun
quelque chose de cuit, et buvaient du vin.
La pauvreté et l’humilité étaient les vertus auxquels
Gérasime les exerçaient le plus. Quand ils sortaient de leurs
cellules, Gérasime voulait qu’ils laissassent la porte ouverte, pour
montrer qu’ils avaient rien dont les autres ne se pussent accommoder s’ils
le voulaient. Son dessein était de les ramener à l’esprit de
détachement des premiers fidèles, chez qui tout était
commun.
Les habitants de Jérico, touchés d’une manière de vivre
si rigoureuse, résolurent entre eux d’aller tous les samedis et les
dimanches porter des rafraîchissements à ces moines. Ce dessein
très louable et marquait l’estime qu’ils faisaient de la vertu ; mais
chez de ces saints anachorètes, loin de s’en réjouir, étaient
au contraire fort affligés de voir des gens du monde venir troubler
leur solitude. Ils fuyaient leur rencontre comme dangereuse.
Ils apprirent de Gérasime l’abstinence d’une manière si parfaite
qu’il arrivait à ne prendre aucune nourriture de tout le carême
sauf l’Eucharistie.
Gérasime persévéra dans ce genre de vie, jusqu’à
sa mort qui arriva le 5 mars 475.
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