Fête le 15 février
Bref historique
Après la mort de saint Procle, patriache de Constantinople, arrivée l'an 446, sous l'empire de Théodose le jeune, Flavien, prêtre et trésorier de cette Église, fut choisi pour remplir cette place. Cette élection, qui eut une approbation universelle, déplut au premier officier de la chambre de l'empereur, nommé Chrysaphe, qui était, qui était en grand crédit auprès de son maître, et prévenu contre Flavien. Après que celui-ci eut été sacré évêque, Chrysaphe porta l'empereur à lui demander les eulogies, ou un autre présent, à cause de son ordination. Flavien lui envoya quelques pains qu'il avait bénits, car cela s'appelait eulogies. Chrysaphe les rejeta avec mépris, et fit dire à Flavien que c'était de l'or que l'empereur demandait pour eulogies, et non pas du pain. L'évêque répondit qu'il n'avait point d'or, si ce n'était les vases sacrés appartenant à l'église. Dès lors Chrysaphe résolut de mettre tout en oeuvre pour faire déposer Flavien. Il fit tant par ses intrigues auprès de Théodose et de l'impératrice Eudoxie, que la princesse Pulcherie, qui soutenait le saint évêque, fut obligée de s'éloigner de la cour et d'abonner la conduite des affaires. L'engagement où Flavien se trouva l'année suivante de prendre: la défense de l'église contre l'hérésie d'Eutychès, fournit à Chrysaphe l'occasion qu'il cherchait. Eutychès, prêtre et abbé d'un monastère voisin de Constantinople, refusait d'admettre certaines idées du catholicisme. Flavien, averti qu'Eutychès semait partout cette pernicieuse doctrine, le fit comparaître dans un concile qu'il avait assemblé à Constantinople. Après que les évêques se furent convaincus par ses réponses, ils le pressèrent de rétracter son erreur, et, sur le refus qu'il en fit, ils le déposèrent du sacerdoce et l'excommunièrent. Eutychès, au lieu de rentrer en lui-même, et de réparer le scandale de son erreur par un retour sincère à la foi catholique, s'opiniâtra de plus en plus à soutenir ce qu'il avait avancé. Appuyé de tout le crédit de Chrysaphe, il sut mettre l'empereur et l'impératrice dans ses intérêts. Il écrivit des lettres aux principaux évêques, et particulièrement au pape Léon, où, dissimulant adroitement son erreur en déguisant la vérité des faits, il se donnait pour un homme injustement opprimé par la cabale de ses ennemis, à la tête desquels il mettait Flavien. L'empereur écrivit au pape sur le même sujet. Léon, sans se laisser prévenir, s'adressa à Flavien même, et lui demanda une relation simple et exacte de tout ce qui s'était passé. Notre Saint lui envoya les actes du concile de Constantinople, dont la lecture le convainquit pleinement de la vérité, qu'Eutychès lui avait déguisée. Cependant Chrysaphe sollicita auprès de l'empereur la convocation d'un concile universel. Il l'obtint ; et après s'être assuré de Dioscore, patriarche d'Alexandrie, ennemi secret de Flavien, il lui fit donner le premier rang et 1a principale autorité dans le concile, en fit exclure le grand Théodoret, évêque de Cyr, et 1a plupart des prélats et des abbés dont on craignait les lumières et la fermeté, il fit envoyer à Éphèse, où le concile était indiqué deux commissaires de l'empereur avec des troupes, en apparence pour y ,maintenir le bon ordre et la tranquillité, mais en effet pour observer et intimider les évêques. Toutes les choses ainsi disposées, on assembla ce concile, que la postérité a appelé le brigandage d'Ephèse. Tout s'y passa au gré des ennemis de s. Flavien ; les légats du pape ne purent obtenir qu'on y lût la lettre du pape Léon, la doctrine d'Eutyclès fut approuvée, et lui-même rétabli dans tous ses droits. Flavien fut condamné et déposé de l'épiscopat, sans avoir la liberté de se défendre. Quand Dioscore commença à prononcer la sentence, plusieurs se jetèrent à ses genoux, le suppliant de n'en rien faire. Aussitôt, il appela à son secours les commissaires de l'empereur, qui firent entrer une bande de soldats armées d'épées et de bâtons, avec des chaînes, comme pour emprisonner tous ceux qui oseraient résister. Une troupe de moines qui avaient à leur tête un abbé nommé Barsumas, homme livré à Chrysaphe et à Dioscore, augmentaient la confusion et le tumulte par leurs cris. Dans cette consternation, les évêques signèrent tout ce qu'on voulut. Il n'y eut que les légats du pape que nulle violence, put obliger à consentir à l'injustice. Ils s'y opposèrent ouvertement, et reçurent l'acte par lequel Flavien appelait de la sentence de Dioscore au siège apostolique et à un concile libre. Cet appel mit les ennemis de notre Saint en fureur. Ils le chassèrent indignement du concile, après l'avoir maltraité à coups de pieds et de poings. Il fut traîné en prison, et de là conduit en exil ; étant arrivé à Épipe, en Lydie, il mourut des mauvais traitements qu'il avait reçus.
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