Fête le 16 février
Bref historique
L'an 309, qui était le septième de la cruelle persécution de Dioclétien cinq chrétiens d'Égypte souffrirent le martyr à Césarée, en Palestine. Ils venaient de Sicile, où ils avaient accompagné les confesseurs condamnés à travailler aux mines de ce pays. Comme ils retournaient en Égypte, ils furent arrêtés aux portes de Césarée par les gardes, qui leur demandèrent qui ils étaient et d'où ils venaient. Ils le déclarèrent sans détour. Aussitôt on les chargea de chaînes, et on les conduisit à l'empereur Maximin, qui était alors à Césarée ; ils firent devant lui une généreuse confession de leur foi, et furent de là menés en prison. Le lendemain, qui était le 16 février, le juge Firmilien se les fit amener avec le célèbre saint Pamphile et quelques autres confesseurs, qui étaient prisonniers depuis deux ans. Il éprouva d'abord la constance des Égyptiens par toutes sortes de tourments et par des machines que la cruauté des païens avait nouvellement inventées. Après avoir ainsi exercé le premier des cinq, il lui demanda son nom. Les martyrs ne voulant pas déclarer leurs noms propres, ils dirent ceux qu'il avait prie, Élie, Jérémie, Isaïe; Samuel et Daniel, pour montrer qu'ils étaient de véritables Israélites. Celui qui était interrogé dit un de ces noms. Le juge, qui n'y entendait rien, passa outre, et lui demanda quel était son pays. Le martyr, suivant sa première pensée répondit que c'était Jérusalem, entendant par là la Jérusalem céleste, dont les chrétiens sont citoyens. Firmilien, qui n'avait que des pensées terrestres, était fort en peine de savoir ce que c'était que cette ville ; car le nom de Jérusalem était inconnu des païens depuis qu'Adrien avait donné le nom d'Élia à la ville qu'il avait bâtie auprès des ruines de l'ancienne Jérusalem. On lui fit souffrir de cruels tourments pour l'obliger à s'expliquer. Il répondit tranquillement, et comme s'il n'eût senti aucune douleur, que cette ville était la patrie des serviteurs de sa croyance, qu'ils en étaient les seuls citoyens et qu'elle était située à l'Orient. Le juge s'imagina qu'il parlait de quelque ville où les chrétiens voulaient s'établir et se fortifier contre les romains ; il eût bien voulu pouvoir tirer de sa bouche quelques éclaircissements sur une chose qu'il croyait si importante au repos de l'État, mais à la fin, voyant qu'il ne gagnait rien par ses demandes réitérés, ni par les fouets et les autres tourments, il condamna le martyr à perdre la tête. Ses quatre compagnons, après avoir soutenu le même combat, en sortirent victorieux comme lui, par une mort heureuse. Firmilien, qui était las de tant de supplices, et qui savait que Pamphile et ses compagnons avaient déjà souffert la question sans s'ébranler, se contenta de leur demander s'ils persistaient encore dans leur désobéissance ; et après avoir entendu leur dernière réponse, il les condamna au même supplice que les autres. Alors, un jeune homme âgé de dix-huit ans nommé Porphyre, domestique de saint Pamphile, ayant ouï prononcer la sentence de mort contre son maître, s'écria du milieu de la foule, demandant qu'au moins on permit que les corps des martyrs fussent enterrés. Le juge le fit approcher, et lui demanda s'il était chrétien. I1 l'avoua : aussitôt le magistrat entra en fureur, le fit prendre, et, sans avoir pitié de sa grande jeunesse, il commanda aux bourreaux de le tourmenter de toutes leurs forces. On lui déchira les côtés jusqu'aux os et aux entrailles. Porphyre cependant ne disait mot, et ne jetait pas le moindre cri, comme s'il n'eût senti aucune douleur. Une si grande patience ne fit qu'irriter le juge ; et comme il désespéra de pouvoir le vaincre, il le condamna à être brûlé vif à petit feu. Il y avait 1à un chrétien nommé Séleucus, originaire de Cappadoce, lequel avait porté les armes dans les troupes romaines. Il exerçait toutes sortes de bonnes oeuvres. I1 avait déjà été persécuté. Ayant été présent à la mort de saint Porphyre, il en alla porter la nouvelle à saint Pamphile ; et comme il donna le baiser de la paix à un des martyrs de sa compagnie, il fut arrêté par les soldats et emmené au gouverneur, qui lui fit sur le champ trancher la tête.
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