562
Constantinople : L’empereur Justinien, octogénaire, préside à la nouvelle consécration du chef-d’oeuvre de sa vie, la basilique Sainte-Sophie. La coupole, qui s’était écroulée le 7 mai 558, vient d’être rebâtie. La « Grande Eglise », a été construite sur l’emplacement de la Sainte-Sophie édifiée par Constantin et incendiée lors de la sédition de Nika. Sa reconstruction, dès 532, fut confiée aux architectes Isidore de Milet et Anthémios de Tralles. Elle a été inaugurée le 27 décembre 537. Des matériaux précieux et rares ont été employés. L’église, de plan carré (90 m de côté), est organisée de façon à donner à l’intérieur l’impression d’un immense espace, presque irréel, aux dépens de l’extérieur, moins réussi. L’exploit réside dans la gigantesque coupole de 33 m et d’une hauteur de 55 m. Reconstruite par Isidore le Jeune, elle est faite en briques et sa résistance est accrue par des arêtes et une gaine de maçonnerie extérieure. D’un poids considérable, elle repose sur quatre pendentifs et quatre énormes piliers habilement dissimulés, soutenus à l’extérieur par des contreforts. Des fenêtres aménagées à la base de la coupole semblent la détacher par un cercle de lumière. Sur les côtés, deux murs droits, ajourés de colonnades et de baies, donnent un axe ; à l’abside et à l’entrée, le regard s’élève vers une demi-coupole centrale. Sainte-Sophie restera un chef-d’oeuvre inégalé, bien que les architectes turcs s’en soient, plus tard, largement inspirés.
1317
France : Décès de Jean, sire de Joinville : Issu d’une famille de haute noblesse, Joinville fut envoyé très jeune à la cour de Thibaut de Champagne pour y faire son éducation, comme il convenait à un jeune noble à l’époque. A la suite de son père, il devint sénéchal de Champagne. Plus tard, écuyer de Louis IX, roi de France, il servit d’intermédiaire pour résoudre les différents problèmes qui séparait les Maisons de Champagne et de France : il ne fut pas étranger à la solution du conflit par la mariage d’Isabelle de France avec Thibaut de Champagne. En 1355, à la suite d’une grave maladie, Louis IX entreprit la septième croisade. Joinville l’accompagna, et la sincérité religieuse de son maître le toucha profondément. Le roi fut fait prisonnier à Mansourah, ainsi que son fidèle compagnon. L’expérience commune devait faire de Joinville, l’ami intime du roi. Libéré, Louis IX, toujours accompagné de Joinville, effectua différentes campagnes en Orient. Il arriva même que Joinville prît par au combat. De retour en France, il devint le conseiller officiel du roi, qui lui attribua un fief et une rente perpétuelle. Chargé de nombreuses missions, tant par la cour de France que par celle de Champagne, Joinville bénéficia partout d’une estime que lui valaient sa franchise et sa bonne humeur. Malgré son dévouement envers le roi, Joinville ne le suivit pas lorsqu’il entreprit la huitième croisade en 1270, prétextant qu’il fallait « demeurer ci pour son peuple aidier et deffendre ». A vrai dire, il pensait que le royaume de France jouissait d’une bonne paix à l’intérieur et que point n’était nécessaire de la mettre en danger par des expéditions aléatoires, dont le but escompté n’était pas toujours atteint. Au cours de cette huitième croisade, le roi mourut à Tunis. Les enquêteurs chargés d’établir un rapport en vue de la canonisation de Louis IX (1282) s’adressèrent à Joinville pour recueillir des renseignements. Et, à la demande de la reine de Navarre, il rédigea, de 1305 à 1309, son « Livre des saintes paroles et des bons faits de notre Saint roi Louis ». Nul mieux que lui n’était désigné pour cette tâche. Dans son ouvrage, Joinville ne se soucie guère de faire un récit chronologique. Il ne retient que les détails qui l’ont frappé, au fur et à mesure qu’ils surgissent à la conscience, s’y attarde au gré de son inspiration, sème les anecdotes selon son plaisir ou son humeur. Il utilise ainsi des impressions personnelles. Il parle de Saint Louis mais aussi de lui-même. Il se révèle comme un « honnête homme » avant la lettre, appréciant son confort, bon chrétien sans toutefois être inconditionnellement voué à la cause. Il se félicite, par exemple, de ne pas avoir participé à la croisade qui se termina si mal. Doué d’un bon sens et d’une bonne humeur inaltérables, non dépourvu d’humour, il établit une causerie à bâtons rompus (notons qu’il dicte son texte à des clercs, ce qui conserve à l’écrit le ton de la conversation familière). Joinville fait preuve d’une mémoire étonnante pour un homme de son âge, rapportant des souvenirs, des impressions, peut-être atténués par le temps, mais qui donnent une image exacte de ce que fut Saint Louis. Il nous montre dans sa vie quotidienne ce saint qui fut aussi un homme et dont l’image vivante et proche n’intimide pas le narrateur.
1594
France : Henri IV échappe à une tentative d’assassinat menée par Jean Châtel.
1770
Paris : Par un laconique billet, Louis XV ordonne au duc de Choiseul de se démettre de toutes ses charges et de se retirer sur ses terres tourangelles de Chanteloup. Le pouvoir de ministre et sa faveur auprès du roi étaient minés depuis deux ans déjà. Maupeou, garde des Sceaux depuis 1768, et l’abbé Terray, nommé l’année suivante au contrôle général des Finances, ont engagé de concert la bataille contre Choiseul, le premier lui reprochant de soutenir en secret la fronde des parlements, le second critiquant ses dépenses militaires. Et si la marquise de Pompadour, morte en 1764, avait toujours fidèlement soutenu Choiseul, la nouvelle favorite Mme du Barry, blessé par les impertinences du ministre, a regroupé autour d’elle tous les ennemis de Choiseul. Pour essayer de rétablir son crédit, ce dernier a entrepris de hâter le mariage du dauphin avec la fille de Marie-Thérèse d’Autriche, l’archiduchesse Marie-Antoinette. Accueillie à Versailles au printemps 1770, celle-ci a affiché une hostilité méprisante à l’égard de la favorite, attitude qui ne pouvait qu’être défavorable à Choiseul. Ses adversaires n’avaient plus qu’à attendre l’occasion : elle se présente lorsqu’un conflit éclate entre l’Espagne et l’Angleterre à propos des îles Malouines. Choiseul, appuyant le « pacte de famille » qui lie les Bourbons de France et d’Espagne, pousse le roi à la guerre. Maupeou et Terray n’ont aucun mal à déconseiller une entreprise aussi hasardeuse et, en plein conseil, font le procès de toute l’administration de Choiseul. Louis XV, qui aspire à la tranquillité, se résout à se séparer de son trop belliqueux ministre.
1773
Empire ottoman : Abdûl Hamid Ier succède à son père Mustapha III.
1789
Paris : L’Assemblée adopte un décret reconnaissant les protestant aptes à tous les emplois civils et militaires. Elle leur assure également le droit d’élection et d’éligibilité.
1794
Europe : Début des négociations entre la France et la Prusse.
1794
Paris : Le Maximum est aboli.
1800
Paris : La Chouannerie vaincue, Cadoudal, un de ses derniers chefs, projette d’assassiner le Premier Consul. Le 24 décembre 1800, des tonneaux remplis de poudres explosent rue Saint-Nicaise au passage de Bonaparte. Il en sort indemne, mais la machine infernale tue et blesse, nombre de passants (voir l’article du 24 décembre 1800) . Feignant de soupçonner les Jacobins, Bonaparte fait déporter cent trente anciens conventionnels aux Seychelles L’enquête de Fouché découvre les vrais auteurs, des royalistes, qui sont condamnés à mort. Toutefois, Cadoudal réussit à échapper à la police. Ce complot aura permis à Bonaparte d’éliminer les factions de droite comme de gauche qui lui sont les plus hostiles.
1802
France (3 nivôse) : Un arrêt organise la création des chambres de commerce dans vingt-deux villes.
1805
Paris : le peintre David commence sa monumentale composition du « Sacre de l’Empereur ».
1814
Gand : Signature d’un traité de paix entre l’Angleterre et les États-Unis.
1825
Moscou : Alexandre Ier abdique le 13 septembre, son frère Constantin laisse le trône à Nicolas. Celui-ci l’accepte ce jour.
1871
Le Caire : Pour inaugure l’Opéra du Caire, Ismaël Pacha, Khédive d’Égypte, commande une oeuvre à Verdi : « Aïda ». Il prend pour cadre Thèbes et Memphis au moment où le roi d’Éthiopie envahit l’Egypte pour libérer sa fille Aïda, prisonnière. Aimée du chef des armées égyptiennes, Radamès, qui, arrêté, sera condamné à mourir enseveli vivant sous l’autel de Ptah, elle s’unira à lui dans la mort. Verdi donne ici un impact nouveau à la combinaison des timbres comme des rythmes. Il modèle le chant sur un débit vocal, auquel il donne une intensité inégalée. Le raffinement de l’écriture, des ressources harmoniques et orchestrales inédites, la priorité accordée au développement musical marquent un art acquis à l’idéal humaniste du romantisme.
1906
Terre-Neuve : Le Canadien Reginald Aubrey Fessenden réalise la première transmission sans fil de la voix humaine.
1914
Allemagne : 577 874 soldats alliés passeront Noël en Allemagne.
1914
Russie : 174 000 soldats allemands sont prisonniers des Russes.
1941
Atlantique Nord : Ralliement des îles de Saint-Pierre et Miquelon à la France libre.
D'autres événements du 24 décembre et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)
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