1375
Certaldo (Italie) : En l’an 1348, la peste ravage l’Italie. Fuyant le fléau, sept jeunes femmes et trois jeunes gens de Florence se réfugient à la campagne, occupant leurs jours à écouter des récits divertissants, le plus souvent amoureux. Dix journées et dix conteurs par journée : c’est le thème du « Décaméron » que publie Boccace en 1355. Ce jour, il éteint définitivement sa chandelle.
1549
Odos, (Hautes-Pyrénées) : Ainsi meurt de Marguerite de Navarre ou d’Angoulême, dite aussi de Valois. Fille de Charles d’Orléans et de Louise de Savoie, sœur aîné de François, elle « s’adonna fort aux lettres en son jeune âge » (Brantôme). Mais sa vie fut surtout ordonné par le soucis de servir la carrière de son frère. C’est pour des raisons d’ordre publique qu’elle épousa en 1509 le duc d’Alençon. Dès que son frère fut devenu roi de France, elle eut autour d’elle une cour, qu’elle anima de sa forte personnalité et qui devint le centre d’intérêt de toute la France littéraire. Attentive à toutes les nouveautés de l’esprit, elle ne fut pas indifférente aux idées défendues pas l’évêque de Meaux, Guillaume Briçonnet, et, par son intermédiaire, fit la connaissance de Lefèvre d’Étaples, qu’elle protégea en lui offrant asile durant ses dernières années. Sa cour fut d’ailleurs un refuge pour tous ceux que menaçait les interdits édictés contre la Réforme. Dès 1525, la captivité de François Ier l’obligea à prendre part à la vie politique : elle alla jusqu’en Espagne pour obtenir de Charles Quint des conditions de détention moins rigoureuses et même la libération du prisonnier. Elle participa de très près aux négociations qui suivirent et qui aboutirent à la paix de Cambrai (1529) (appelée justement « La paix des Dames »). Veuve à partir de 1525, elle épousa Henri d’Albret, roi de Navarre, dont elle aura une fille Jeanne d’Albret, la future mère du roi Henri IV. Un mari infidèle, une fille indifférente, un fils qui meurt à l’âge de six mois inaugurèrent, pour elle, une existence qui, désormais, ne lui apporta plus que des déboires. La mort de sa mère (1531) la sépare de son frère, qui, de son côté, subit l’influence du connétable de Montmorency, et Marie de Navarre se retire dans ses terres de Mérac, où, spontanément, elle recrée une cour de lettrés et de savants. Brouillée avec François Ier, déçue, éprouvée par les deuils successifs, Marie de Navarre se consacre à la méditation et à la littérature et entreprend la composition de « L’Heptaméron ». Inclinant de plus en plus vers une sorte de quiétisme, elle rompt en 1545 avec la Réforme, s’adonnant à la vie contemplative. Elle se retire définitivement en septembre 1549 à Odos, près de Tarbes, et meurt trois mois plus tard.
Son œuvre est à l’image de sa vie. Riche et variée, elle intéresse aussi bien l’actualité que la création littéraire à proprement parler. Le premier ouvrage de Marguerite de Navarre écrit en 1524, ne paraît qu’en 1533 : « Dialogue en forme de vision nocturne » essaie de démêler les problèmes complexes posés par la Réforme. L’auteur y définit sa profession de foi et analyse les moyens pour obtenir le salut. « Le Miroir de l’âme pécheresse » (1531), censuré par la Sorbonne, préconise une entente avec les réformés allemands. Après sa mort, le secrétaire de Marguerite, Jacques Simon, a exhumé, sous le titres « Les Marguerites de la Marguerite des princesses » quatre comédies pieuses : « L’adoration des trois rois », « La Comédie des innocents », « La Comédie du désert », « La Nature de Jésus », un poème pastoral, des hymnes, des allégories et « La Complainte d’un prisonnier », écrite pour obtenir la libération de son frère captif à Madrid. Ce recueil associe, tout à la fois, le sacré et le profane, témoignant d’un évangélisme lyrique. Les « Dernières poésies » de Marguerite de Navarre ne furent retrouvées qu’en 1896, par Abel Lefranc. Marquées par l’influence du néoplatonisme, elles sont très émouvantes même si l’expressions manque parfois de rigueur.
1791
Autriche : Léopold II fait disperser les émigrés de Trèves mais renouvelle la déclaration de Pillnitz.
1832
Empire ottoman : La Russie offre au sultan son assistance militaire pour résister à Muhammand-Ali.
1851
France : Élu président de la République le 10 décembre 1848 pour quatre ans, Louis-Napoléon Bonaparte n'est pas rééligible. Ne pouvant obtenir de l'Assemblée une révision de la Constitution qui lui permettrait de garder légalement le pouvoir, il n'a plus qu'une solution : recourir à une action illégale, un "coup d'État". Il le prépare par une habile campagne à travers le pays, mêlant l'honneur national, Napoléon Ier, le progrès social et la liberté. Puis il s'assure le contrôle de l'armée. Assisté d'un petit comité de fidèles, il fixe le jour "J" au 2 décembre 1851, date anniversaire du sacre de Napoléon Ier et de la victoire d'Austerlitz. A l'aube, il fait arrêter les hommes susceptibles de lui opposer une résistance. Les troupes se placent aux points stratégiques. A sept heures, des proclamations sont affichées qui annoncent en termes habiles l'opération et ses buts: dissolution de l'Assemblée nationale, maintien de la République, rétablissement du suffrage universel, élaboration d'une Constitution... Dès le lendemain, quelques barricades se forment. Morny, nouveau ministre de l'Intérieur, laisse se développer l'insurrection pour mieux la mater. Deux cent dix neuf insurgés seront tués et des centaines blessés. En province, les mouvements de résistance seront vite réduits. L'affaire est rondement menée. Le coup d'État se solde par un triomphe. La France entière l'approuvera par un référendum (certainement truqué) le 21 décembre : plus de sept millions de "oui" contre 600 000 "non".
1880
Paris : Camille Sée, député de la gauche républicaine, présente un projet de loi sur l’enseignement des jeunes filles : « Les filles sont aussi aptes que les garçons à recevoir l’éducation secondaire. » Des débats passionnés ont lieu à la Chambre et au Sénat. L’Eglise est farouchement opposée au projet : Mgr Dupanloup s’oppose à ce que l’on forme des « femmes libres penseurs. » Adoptée le 21 décembre, la loi institue des externats de jeunes filles tout en laissant aux municipalités de leur annexer des internats. On comptera 23 lycées et collèges de jeunes filles en 1883, 71 en 1901 et 138 en 1913. A ce nouvel enseignement, il faut bien sûr des professeurs femmes : pour les recruter et les former, l’Ecole normale supérieure sera créée à Sèvres le 26 juillet 1881.
1901
Norvège : Première participation des femmes aux élections communales.
1912
Paris : Première de l’ « Annonce faite à Marie », de Paul Claudel. Cette année, les ballets russes ont crée « Daphnis et Chloé », de Maurice Ravel, et « Prélude à l’après-midi d’un faune », de Claude Debussy. L’exposition de la Section d’or cubiste (Picasso, Gleizes, Metzinger, etc.) s’est ouverte le 9 octobre à la galerie La Boétie.
1929
Inde : Ouverture du Congrès national indien.
1945
États-Unis : Mort de George S. Patton, général américain né en 1885
D'autres événements du 21 décembre et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)
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