LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


5 décembre


1360
France : En vertu d’une ordonnance de ce jour, l’unité monétaire de la France, une pièce d’or fin valant une livre tournoi (20 sols) prend le nom de franc. Frappée à l’effigie de Jean le Bon conduisant un cheval, cette pièce est aussi appelée « franc à cheval ». Cette mesure survient à une époque où la situation financière du pays est désastreuse. Pour faire face aux dépenses entraînées par la guerre, le cours de la monnaie est sans cesse déprécié.

1484
Rome : Le pape Innocent VIII publie la bulle « Summis desiderantis », qui organise la lutte contre la sorcellerie. Les « chasseurs de sorcières » sont dotés des pleins pouvoirs. Les sorcières sont rendues officiellement responsables du mauvais temps, de la mort du bétail et des maladies ; elles sont également accusées de commerce sexuel avec Satan et ses suppôts. Dans l’imaginaire populaire, elles se rendent à leurs sabbats en volant sur des balais. La personne accusée de sorcellerie - le plus souvent une femme - est soumise à la torture jusqu’à ce qu’elle avoue son crime. Un autre procédé, le jugement de Dieu, consiste à plonger les malheureuses dans l’eau : celle qui se noie est innocente, celle qui réussit à nager ne peut le faire qu’avec l’aide du diable et passe de l’eau aux flammes. Traînées devant les tribunaux ecclésiastiques sur une simple délation, les « sorcières » n’ont aucune chance de s’en tirer ; elles meurent sous la torture ou sur le bûcher. Pour découvrir les mésaventures d’un sorcier

1791
Vienne : Le compositeur Wolfgang Amadeus Mozart est mort aujourd’hui, laissant inachevé un « Requiem » qui lui a été commandé dans des circonstances mystérieuses : fin juillet, le compositeur a reçu la visite d’un inconnu qui lui a remis une lettre non signée dans laquelle il lui était demandé d’entreprendre la composition d’une messe des Morts ; à Mozart de fixer son prix et son délai. Peu de temps après le messager reparut, lui apportant, en plus de la somme convenue, la promesse d’un supplément important lors de la livraison de l’ouvrage. Il devait écrire selon son inspiration, sans chercher à connaître son commanditaire, qui se révélera être le comte Frantz von Walsegg, habitué à commander à ses musiciens des pièces qu’il faisait ensuite exécuter en son propre nom. Le « Requiem » sera achevé par Frantz Süssmayer, disciple de Mozart, qui utilisera les indications laisser par le compositeur. Le 6 septembre, Mozart avait donné à Prague « La clémence de Titus », composée pour le couronnement de l’empereur Léopold II, roi de Bohème, brève diversion dans la composition de « La Flûte enchantée ». L’oeuvre avait requis de Mozart un travail acharné qui avait ébranlé sa santé précaire. Au moment où il rend son dernier soupir, sa fortune s’élève à 60 florins, ses dettes à 3 000 florins. L’enterrement a lieu le 6 décembre : un service religieux bâclé, un convoi de troisième classe et la fosse commune forment un point d’orgue affligeant à la mémoire du plus brillant compositeur de tous les temps.

1793
Paris : En faisant paraître « Le Vieux Cordelier », Camille Desmoulins et ses amis tentent d’élargir l’audience de leur nouvelle politique : l’Indulgence. Inquiets des développements possibles de la Terreur, Camille Desmoulins et Danton cherchent à regagner leur influence auprès des clubs des Jacobins et des Cordeliers. Ils préconisent la fin de l’état d’exception dans lequel vit le pays. Pour aboutir, une telle campagne se doit de mobiliser toute la Convention contre les « patriotes exagérés », c’est-à-dire les hébertistes. Comme ceux-ci ne cessent de dénoncer les modérés comme des « agents de Pitt », chargés de vendre le pays à l’étranger, Desmoulins retourne l’argument et dénoncent les hébertistes et tous les radicaux comme un effet du complot étranger. L’objectif de Desmoulins et de Danton est clair : la politique de modération nécessite la disparition des comités révolutionnaires, des sociétés fraternelles et surtout des commissaires de la Convention qui, envoyés en province, exercent une dictature parfois sanglante.

1812
Russie : Napoléon décide de renter à Paris.

1814
Paris : Décès d’Évariste Désiré de Forges, chevalier de Parny. Après de sérieux études à Rennes, il embrassa la carrière de militaire. Lors d’un séjour dans son île natale (Saint Paul aujourd’hui l’Île de Bourbon), l’amour d’une belle créole lui inspira les « Poésie érotiques », son seul recueil avec les « chansons médicasses » (dont certaines ont été mises en musique par Ravel en 1925-1926). Ruiné par la Révolution, il dut vivre de sa plume. Parny aborda tous les genres, avec une préférence pour la poésie didactique et solennelle ; « La Guerre des dieux anciens et modernes » eut au moins le mérite d’inciter Chateaubriand à composer le « Génie du christianisme ». très apprécié de son temps, Parny fut peut-être le plus grand des poètes élégiaques avant Lamartine. Mais la médiocrité de sa sensibilité comme la platitude conventionnelle de sa versification le firent tomber, après l’éclosion du romantisme, dans un oubli quasi définitif.

1830
Paris : Le compositeur Hector Berlioz (né en 1803) fait exécuter la « Symphonie fantastique », qui déchaîne l’enthousiasme. Du morceau intitulé « songe et existence passionnée », qui ouvre l’oeuvre, au « Songe d’une nuit de sabbat » qui la clôt, apparaît l’image de la femme aimée, accentuant encore l’élan de ce poème romantique. En effet, Berlioz s’est épris de l’actrice irlandaise Harriet Smithson, qui interprète à l’Odéon les rôles d’Ophélie dans « Hamlet » et de Juliette dans « Roméo et Juliette ». Le compositeur confère à l’action des éclairages différents, tantôt s’en détachant pour la commenter, tant^t s’y intégrant pour la vivre intensément. Berlioz épousera son inspiratrice en 1833.

1848
Prusse : Le roi dissout l’Assemblée nationale et octroie une Constitution à la demande de ses ministres. Plus avancée que ses modèles belge et français (la Charte de 1814), elle offre quelques satisfactions aux libéraux. Cette Constitution prendra effet le 31 janvier 1850.

1870
Puys (Dieppe) : Décès d’Alexandre Dumas dit Dumas père. Fils du général Davy de la Pailleterie, dit Dumas, petit-fils d’une femme noir de Saint-Domingue, il reçut une éducation négligée. Il écrivit dès sa jeunesse et devint célèbre avec les drames romantiques « Henri III et sa cour », « Christine » et « Antony », que suivirent de nombreuses autres pièces. Cependant sa réputation s’affirma davantage encore par les longs romans de cape et d’épée, qui parurent en feuilletons et qui n’ont pas cessé d’être populaire, comme les célèbres « Trois mousquetaires ». Il adapta la plupart de ces ouvrages pour la scène du Théâtre historique, qu’il dirigea de 1847 à 1850. Sous le second Empire, il résida à Bruxelles (1851-1854), où il publia ses « Mémoires. En 1859, il accompagna l’expédition garibaldienne. Jusqu’à sa mort, il continua de produire à grande cadence, et l’abondance de ses œuvre, qui nécessita de nombreuses collaboration, nuit souvent à sa qualité.
Quelques unes de ses œuvres : « Les aventures de John Davis » (1840), « Les demoiselles de Saint-Cyr » (184), « Amaury » (1844), « Les trois mousquetaires » (1844), « La Reine Margot » (1845), « Le Comte de Monte-Christo » (1845), « La dame de Monsoreau » (1846), « Joseph Balsamo » (1846), « Le chevalier de Maison-Rouge » (1846) etc., etc.

1914
Italie : La déclaration de neutralité est approuvée par le Parlement.

1933
États Unis : Fin de la prohibition.

D'autres événements du 5 décembre et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


Sommaire - Les archives de l'éphéméride


©lodace.net 1998 - 2006