771
Royaume franc : A la mort de son jeune frère Carloman, co-régent, Charles devient le seul maître du royaume franc. La tâche du nouveau roi carolingien est immense : le royaume reste à construire, tant économiquement que politiquement. La légitimité du pouvoir des Carolingiens ne date que du sacre de Pépin le Bref par le pape (751). La consolidation du pouvoir franc, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur des frontières, va nécessiter plusieurs années d’activités diplomatiques et guerrières. Le but de Charlemagne est de ressusciter l’Empire romain d’Occident, de manière à pouvoir rivaliser avec Byzance. Principale puissance de l’Occident, le pays est aussi le maître et le protecteur de la chrétienté. Il doit résoudre en priorité trois problèmes. D’abord, stopper l’expansion lombarde en Italie : en effet, le royaume lombard jouxte celui de Francs et menace les Etats pontificaux ; Charlemagne s’est engagé, depuis le traité de Quierzy (14 avril 754) à protéger Rome et le pape. Ensuite, assurer la christianisation des peuplades germaniques païennes du nord et de l’est du royaume, au besoin par la force. Conduite par Widukind, la résistance des Saxons sera acharnée, et Charlemagne devra recourir à la terreur pour en venir à bout. Enfin, éliminer les pouvoirs rivaux des ducs hostiles, notamment les Bavarois, et intégrer ces peuplades dans le royaume. A la mort de Pépin le Bref (768), le royaume a été partagé entre ses deux fils, Charles, âgé alors de 26 ans, et Carloman, son cadet de quatre ans. Ce dernier a hérité de la Bourgogne, de l’Alémanie et des provinces méditerranéennes, alors que Charles a reçu les territoires de l’ouest et du nord compris entre les Pyrénées et la Thuringe. Au cours des trois années de leur règne commun, s’étaient développées entre les deux frères divisions et divergences politiques. Poussé par sa mère et contre l’avis de son frère et du pape, Charles a épousé en 770 une fille de Didier, roi des Lombards. Ce mariage a aggravé le différent entre les deux frères. La mort de Carloman est survenue avant le rupture définitive antre les deux ennemis « intimes » depuis l’enfance. Charles, dont la naissance avait été longuement désirée (il est né le 22 avril 742), a effectué ses premiers pas politiques et militaires en suivant les campagnes de son père. En 775, un clerc irlandais Cathuulf, rappellera à Charles que tout le clergé s’était mis en prière pour que le roi et la reine aient un enfant. Pépin et Berthe au grand pied était mariés depuis plus de trois ans quand Charles est né.
1137
Saint Empire : Mort de Lothaire III. Sur le trône impérial lui succède son adversaire, Conrad III de Hohenstaufen.
1259
France : Signature du traité de Paris avec l'Angleterre
1563
Trente : Le concile oecuménique de Trente ouvert en 1545, se clôt brusquement le 4 décembre 1563 sur le bruit répandu qu’une maladie mortelle du pape. Les derniers votes sont expédiés rapidement, dont celui d’une proposition des légats sollicitant du pape la confirmation des décret de l’Assemblée. C’est le 24 janvier suivant que Pie IV publiera ces décrets avec son approbation. L’oeuvre du concile est d’abord dogmatique. La doctrine romaine ne doit plus être l’objet de controverse. Contre Luther et Calvin, les pères du concile déclarent que la volonté humaine n’est pas absolument dénuée de liberté et que la justification n’est pas exclusivement l’oeuvre de la Grâce. Celle-ci est à la fois prévenante et sanctifiante ; elle tire l’homme de sa passivité et lui permet d’accomplir des oeuvres bonnes. Malgré la chute, la nature n’est pas intégralement corrompue et le péché originel n’est pas intégralement corrompue et le péché originellement n’est pas une disposition permanente. La valeur de sacrifice de la messe et la théorie consubstantielle de l’eucharistie sont solennellement réaffirmées. Contre l’idée luthérienne de l’Écriture sur la source de la foi, l’autorité de la tradition, celle des pères et des conciles est maintenue. L’Église a seule qualité pour interpréter les Livres saints et fixer le texte, sans laisser la moindre latitude à la critique profane : une édition définitive de la vulgate, la Bible latine de saint Jérôme, sera préparée. En matière disciplinaire, la préséance du Saint-Siège est implicitement reconnue. Des mesures sont prises pour relever les moeurs et le niveau intellectuel du clergé (un séminaire sera crée dans chaque diocèse). Obligation est faite aux évêques de résider. Le cumul des bénéfices est interdit. Le clergé régulier sera lui aussi réformé et soumis à l’autorité épiscopale.
1628
Bordeaux : Naissance de Gabriel de Lavergues, sieur de Guilleragues. Issu d’une famille de noblesse de robe, homme de confiance du prince de Conti, il acheva sa vie ambassadeur à Constantinople. Il avait été lié avec tous les milieux aristocratiques et littéraires de son temps, en relation avec Molière, Racine et Boileau (qui lui dédia son « Épître V »), Mme de Sévigné et Mme de Lafayette. Lorsqu’en janvier 1669 l’éditeur Barbin, fit paraître un volume de « Lettres portugaises » traduites en français (cinq lettres), l’ouvrage connut un succès considérable. Le destinataire était simplement désigné comme un « gentilhomme de qualité qui servait en Portugal », mais l’anonymat était si complet qu’il enveloppait aussi bien l’auteur (cette religieuse du couvent de Beja qui écrit des lettres si brûlantes de passion) que le traducteur. Dès la même année 1669, le bruit courut que le héros de l’aventure était le chevalier de Chantilly et que le traducteur était Guilleragues ; au début du XIXème siècle, on crut apprendre que la religieuse portugaise se nommait Mariana Alcoforado, mais les travaux les plus récents ont établi avec certitude qu’il s’agissait là d’une supercherie littéraire, qui n’est pas en soi un phénomène exceptionnel. Celle-ci concerne l’un des chefs-d’œuvres majeurs de la littérature psychologique, et l’auteur est bien, tout simplement, ce Guilleragues, ami de Racine. C’est le poème de la déception du cœur et de la chair, écrit dans un style châtié et élégant, parfaite traduction d’une analyse où passion et lucidité se renforcent mutuellement. Les lettres ne sont sans doute pas authentiques, elles ont été composées à partir de diverses lettres d’amour reçue par des officiers français retour de la campagne du Portugal. Quoi qu’il en soit de leurs sources, ces lettres doivent à la plume de Guilleragues de proposer, dans leur violence et leur brièveté, une image décisive du cœur humain, proche de celle que dessine de son côté la tragédie racinienne.
1642
Paris : Homme de confiance de Louis XIII, le cardinal Armand du Plessis de Richelieu vient de s’éteindre. Entré dans les ordre moins par vocation que pour conserver dans sa famille l’évêché de Luçon, cet homme très ambitieux décida de se mettre au service du roi. En tant que Premier ministre, il poursuivra un double but : la restauration de l’autorité royale et l’établissement de la prépondérance française en Europe. Mais sa politique de guerre contre les Habsbourg lui vaudra l’hostilité des nobles, de l’Église, mécontente de sa politique extérieure anticatholique, et surtout des paysans, qui supportent plus le poids fiscal de la guerre. Aussi sa disparition est-elle accueillie avec soulagement.
1808
Espagne : Napoléon est entré en Espagne le 5 novembre, conquiert Madrid après avoir vaincu les insurgés à Somosierra le 30 novembre.
1813
Francfort : Les coalisés, un moment désunis sur l’attitude à adopter vis-à-vis de Napoléon, publient une déclaration par laquelle ils offre la paix, sans toutefois mentionner les frontières naturelles de la France et en dissociant le sort du pays de celui de l’empereur. Auparavant, Metternich s’était heurté à la volonté politique de ses alliés anglais, prussiens et russes d’infliger une défaite totale à la France.
1840
Prusse : L’armée adopte la cartouche lise au point ver s 1836-1837 par l’armurier Nicolas Dreyse (1787-1837) et qui combine les étapes de l’amorce, de la charge et du projectile.
1865
États-Unis : Le Congrès refuse d’admettre au sein de l’Union les États sudistes reconstruits, car, au moment de renouveler les institutions, ils ont préféré réélire d’anciens Confédérés, proclamés inéligibles par les Nordistes, au détriments d’Unionistes convaincus.
1872
Allemagne : Le mark devient l’unité monétaire.
1897
Istanbul : Après l’armistice du 3 juin, traité de paix gréco-turc.
1923
Neuilly : Décès de Maurice Barrès : Son oeuvre fut une illustration si fidèle de sa vie qu’il est difficile de séparer l’une de l’autre. L’enfant, qui a vu la débâcle de 1870 traverser son village, se montre, dès l’école solitaire et ombrageux. Au lycée de Nancy de 1877 à 1880, Barrès lit Rousseau, Gautier, Baudelaire. En 1833, venu à Paris, « Faire son droit », il est présenté à Leconte de Lisle, chez qui il rencontre Hugo. Il fonde une revue (« Les taches d’encre », 1884), dans laquelle il moque les maîtres de la jeunesse, Taine et Renan. Caractéristique de l’évolution du jeune homme est le titre de sa première trilogie romanesque, « Le Culte du moi » ; selon Barrès, la seule culture est celle de l’âme, loin des maîtres ; la solitude est source de bonheur, à condition de ne pas s’en griser et d’accepter des « intercesseurs ». Il « sauce » ainsi Sainte-Beuve, Benjamin Constant, Jeanne d’Arc… Bientôt le contact avec la terre maternelle de Lorraine lui rend évidente la relative stérilité de ces dialogues de l’âme et de la sensibilité. Du culte du moi au nationalisme, il n’y a cependant pas rupture mais approfondissement. : par la voix des ancêtres, la patrie devient pour Barrès, un « moi » plus large. Cette évolution s’accompagne d’une carrière publique déjà éclatante. Barrès est élu député boulangiste de Nancy à vingt-sept ans. Les audaces de « L’Ennemi des lois » lui font perdre son siège. Il se réfugie dans les souvenirs d’un récent voyage en Espagne (« Du sang, de la volonté et de la mort »). Son retour à la politique se fait par l’intermédiaire de l’affaire Dreyfus, dans laquelle il prend le parti de la droite nationaliste. Il prononce en 1889 sa célèbre conférence sur « La Terre et les Morts », deux ans après avoir fait paraître « Les Déracinés », premier volet d’une nouvelle trilogie, auquel feront suite : « L’Appel au soldat » et « Leurs figures » ; romans doctrinaires, ces ouvrages le cèdent en beauté aux livres que le voyageur demande de lui inspirer aux paysage célèbres : Venise (« Amori et dolori sacrum »), la Grèce (« Le voyage de Sparte ») et l’Espagne (« Greco ou le secret de Tolède »). Réélu en 1906, académicien, Barrès, de plus en plus nationaliste, défend la religion catholique considérée comme l’héritage naturel de la patrie : conviction qu’illustre « Colette Baudoche », « La Colline inspirée », « La Grande Pitié des églises de France ». Après la guerre où Barrès, a tenté de compenser l’absence de Péguy par ses « chroniques », ses dernières années le ramènent aux pôles favoris de ses méditations : « Le génie du Rhin », « Jardin d’Oronte. La mort le surprend alors qu’il met la main à un ouvrage consacré à l’Espagne, le « Mystère en pleine lumière ». Qu’on aime ou qu’on aime pas, il mérite d’être lu !
1926
Allemagne : En 1925, l’hostilité des autorité de Weimar contraint le Bauhaus à émigrer vers un lieu plus ouvert au progrès : Dessau. Walter Gropuis, le chef de file de ce mouvement, y réalise un ensemble de bâtiments pour installer son école et loger professeurs et élèves. Un lotissement modèle, destiné aux ouvriers avec lesquels les artistes travaillent en étroite collaboration est construit tout à côté. Ce vaste projet est inauguré le 4 décembre 1926. C’est certainement l’oeuvre la plus significative de ce « fonctionnalisme » dont le Bauhaus a fait son mot d’ordre. De grandes baies vitrées ouvrent l’édifice central aux lumières du ciel et de la ville. Selon Gropius, dans une communauté démocratique, « les maisons sont de verre ». Une passerelle reliant les atelier au bloc d’habitation symbolise cette volonté de ne pas séparer la vie professionnelle et la création collective.
1942
Paris : Première projection : « les Visiteurs du Soir »de Marcel Carné.
D'autres événements du 4 décembre et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)
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