LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


2 décembre


1594
Duisbourg : Mort du géographe et mathématicien flamand Gerardus Mercator (Gerhard Kremer). En 1541, il fabriqua pour Charles Quint deux globes, l’un terrestre, l’autre céleste. Il mit au point un système de projection qui a conservé son nom. Ses principaux ouvrages sont ses « tabulae geographicuae ad meniem Ptolemaei » (1578) et son « Atlas, sive cosmographicae meditationes de fabrica mundi et fabricanii figura » (1583.)

1723
Paris : L’ancien régent Philipe d’Orléans a succombé à une attaque d’apoplexie. Il avait résilié sa fonction au début de l’année. Louis XV étant devenu majeur le 22 février. Fils de « Monsieur », frère de Louis XIV et de Charlotte-Elisabeth de Bavière, la princesse palatine, Philippe d’Orléans était né en 1674. D’une grande intelligence, il était cultivé et avait témoigné de réelles qualités militaires. Homme de plaisir, sa résidence du Palais-Royal était une assemblée de libertins. Fêtes, bals masqués et mascarades s’y succédaient joyeusement. C’est le temps des « roués », ainsi que le régent désignait lui-même ses intimes, « le temps de l’aimable Régence où l’on fit tout, excepté pénitence ». Toute une société aspirait à se divertir, lasse de l’austérité triste et guindée qui avait marqué les dernières années du règne de Louis XIV. On aspirait au changement. En politique aussi on voulait du neuf. Ce fut l’éphémère réaction aristocratique avec l’instauration de la polysynodie (1714). Mais cette effervescence, qui mettait l’autorité de l’État en péril, ne dura guère. Bientôt, on en revint à des méthodes de gouvernement plus éprouvées. En 1718 déjà, le régime des conseils était, en fait supprimé et les anciens secrétaires d’État retrouvèrent leurs attributions. De même, le Parlement fut mis au pas. L’année 1730, qui vit l’effondrement de l’expérience financière de Law, marqua un tournant pour la Régence. Un homme sortit alors de l’ombre : le cardinal Dubois. Cet ancien précepteur du régent, avant d’être son conseiller, nouvelle éminence grise, devient Premier ministre le 22 août 1722. Diplomate averti, le cardinal Dubois fut le principal animateur de la politique étrangère. Craignant les prétentions de Philippe V d’Espagne au trône de France, il inaugura l’alliance anglaise. Placé à l’origine sous le signe de la réaction des ordres, le règne de Philippe d’Orléans s’achevait sur un retour aux traditions monarchiques.

1790
Belgique : Les Autrichiens reprennent Bruxelles.

1791
Paris : Louis-Pierre Manuel est élu procureur de la Commune.

1803
France (10 frimaire) : Mise sur pied, au « camp de Boulogne », d’une armée destinée à envahir l’Angleterre.

1804
Paris : Empereur depuis le 18 mai, Napoléon veut magnifier son titre par un sacre à l’image de celui de Charlemagne. Pie VII, reconnaissant pour son concordat, se rend fin novembre en France sous la garde de ses mamelouks. Le 1er décembre, Napoléon accorde une ultime concession au pape et fait bénir son union avec Joséphine de Beauharmais. La journée du 2 décembre s’ouvre par la proclamation du plébiscite populaire qui approuve l’Empire. Au cours d’une fastueuse cérémonie à Notre-Dame, le pape administre à l’empereur la triple onction et l’investit des attributs de sa charge. S’il accepte la religiosité du sacre, Napoléon entend rappeler qu’il tient en son pouvoir de la Nation. : il couvre l’impératrice après s’être couronné lui-même et prête serments aux principes de liberté et d’égalité. Il est acclamé par la foule en liesse. Pour fêter le sacre, deux semaines de fête se déroulent dans la capitale.

1805
Austerlitz : Victorieux des Autrichiens à Ulm, Napoléon s’installe à Brünn pour préparer sa campagne. Il doit combattre les 90 000 homes de François II et du tsar, qui ont fait leur jonction. A l’ouest du village d’Austerlitz s’élève le plateau de Pratzen qui surplombe des étangs gelés. Le 30 novembre, les alliés sont à Austerlitz et Napoléon met en place ses pions et son piège. Ses 73 000 hommes sont dispersés entre Soult avec les gros des troupes, fait face au plateau ; au nord, Lannes dirige l’aile gauche est chargé de contenir le Russe Bagration. L’aile droite, volontairement faible pour pousser l’adversaire à l’attaque, est confiée à Davout. Le 2 décembre : les troupes austro-russes se portent contre Davout, tombant ainsi dans le piège. Tandis qu‘un peu plus tard Napoléon donne le feu vert à Soult. Lannes attaque un peu trop tard mais bloque et encercle une grande partie des troupes de Bagration. Quand le brouillard se lèvent les alliés constate leur erreur ! L’armée des coalisés toute entière ou presque est bloquée. Les alliés perdent 30 000 hommes contre 7 000 du côté des français. La brillante tactique de Napoléon a pallié la faiblesse de ses effectifs. La 3ème coalition a vécu. Par la paix de Presbourg, signée vingt-quatre jours plus tard, l’Autriche cède à la France la Vénétie et à la Bavière le Tyrol et le Trentin.

1814
Charenton : Ainsi meurt le divin marquis. C’est en effet, ce jour, que Donatien Alphonse François, marquis de Sade décède. D’antique et haute noblesse provençale, lié par sa mère aux Condés, il fut élevé chez les jésuites du collège d’Harcourt, puis à l’école des Chevaux-légers. Officier de 1755 à 1763, il prit part à la guerre de Sept Ans. Le 17 mai 1763, il épouse Mlle Cordier de Launay de Montreuil, fille d’un président à la cour des Aides (elle lui donnera trois enfants ; il divorcera d’avec elle en 1790). Fin 1763, il est enfermé pour la première fois à Vincennes, pour « libertinage outré et blasphème » ; amant de nombreuses courtisanes et comédiennes, il est accusé de violences par la fille Keller en 1768., interné pour six mois et puni d’amende ; en 1772, à Marseille, il drogue des filles avec des anis cantharidés et, accusé d’empoisonnement et de sodomie, est condamné par contumace et pendu en effigie à Aix. Il s’enfuit en Italie avec sa belle-sœur, qu’il fait passer pour sa femme ; réfugié à Chambéry, il est interné par ordre du roi de Sardaigne, mais s’échappe (1773) Son séjour au château de La Coste (1774-1777) est marqué par de nombreux et obscur scandales ; il est alors emprisonné, par lettre de cachet, au donjon de Vincennes (1777-1784), puis à la Bastille, où il compose « Les cent Vingt Journées de Sodome » ( publ. 1931-1935), « Aline et Valcour » et la première version de « Justine » (Justine ou les malheurs de la vertu). Transféré début juillet 1790, il est libéré le 2 avril 1790. Secrétaire de la section des Piques, il est arrêté pour modérantisme, échappe miraculeusement à la guillotine, est libéré (août 1794) et fait partie de la société de Mme Tallien et de Joséphine de Beauharnais ; il publie « Aline et Valcour ou le Roman philosophique » et « La Philosophie dans le boudoir ». Arrêté en 1801 comme auteur de « La nouvelle Justine … suivie de l’Histoire de Juliette, sa sœur… » d’un érotisme débridé, il est détenu à Sainte-Pélagie, à Bicêtre, puis à Charenton (1803), où il obtient d’organiser des représentations théâtrale jusqu’en 1808. Il meurt après avoir passé plus de trente ans de sa vie en prison.
Écrivain maudit, Sade est loin d’avoir été un écrivain méconnu ; la censure consulaire elle-même avait trop bien senti la puissance subversive de son œuvre pour ne pas tenter de le déguiser en auteur érotique, immoral mais inoffensif ; pour Sainte-Beuve, toute la littérature de son siècle a été influencée par Sade et Byron. Ainsi, bien qu’une grande partie de son œuvre soit, restée inconnu de son vivant (le théâtre en particulier), Sade a bien marqué son temps. Il était l’aboutissement du Siècle des lumière, et il en avait conscience.

1823
Washington : Dans son allocution annuelle au Congrès, le président James Monroe (1758-1831) s’élève contre toute tentative des Européens de poursuivre leurs activités coloniales en Amériques et d’y imposer leurs vues en matière de gouvernement. Cette mise au point ponctue la reconnaissance par les États-Unis des nouvelles républiques sud-américaines, et ce, sans en référer à une puissance européenne, manifestant ainsi « un point de vue purement américain. »

1848
Autriche : Le ministre-président Félix Schwarzenberg obtient l’abdication de l’empereur Ferdinand Ier au profit de son neveu François-Joseph Ier.

1851
France : Le mandat du président de la République et celui de l’assemblée va bientôt expirer. Et le président de la République, élu pour quatre ans, ne peut pas être réélu immédiatement. Louis-Napoléon Bonaparte, qui ne veut pas abandonner le pouvoir, décide d’un coup d’Etat. Il choisit le 2 décembre, date anniversaire du sacre de Napoléon. Au matin, les murs de Paris sont recouverts d’affiches qui annoncent la dissolution de l’assemblée législative, la préparation d’une nouvelle Constitution, un plébiscite pour la ratifier et surtout le rétablissement du suffrage universel. L’homme de la rue, en découvrant ces affiches, est hésitant. Les républicains de l’assemblée, eux optent tout de suite à l’appel au peuple. Dans la journée, un Comité restreint, dont fait partie V. Hugo et V. Schoelcher, appelle à dresser des barricades ; les premières font leur apparition faubourg Saint-Antoine le 3 au matin. La mort d’un député, A. Baudin, tué par les soldats accroît la tension et pousse d’autres quartiers à l’émeute. Le 4 décembre, les combattants, de plus en plus nombreux, se défendent énergiquement. Boulevard Bonne-Nouvelle, les troupes répliquent par une fusillade nourrie et générale qui révèle la détermination des hommes de l’Elysée. La résistance des ouvriers parisiens et des paysans du Centre et du Sud-Ouest sera écrasée.

1852
Paris : La Constitution du 14 janvier 1852 est un retour aux institutions de la première expérience bonapartiste. L’Empire est rétabli. Le nouveau régime est légitimé par le plébiscite du 21 novembre, dont une très forte majorité se dégage : 7 824 189 oui, 253 145 non. Le second Empire est proclamé le 2 décembre.

1857
Russie : Des comités aristocrates se forme pour abolir le servage.

1887
France : Jules Grévy démission à la suite de la découverte d’un trafic de décorations organisée par son gendre. Sadi Carnot le remplace.

1901
États-Unis : K. C. Gillette dépose le brevet d’un rasoir à lames interchangeable.

1927
Moscou : Ouverture du XVème Congrès du PCUS. (voir le 15 novembre 1927)

1942
États-Unis : Le physicien italien Enrico Ferni vient de réaliser une pile atomique à l’uranium et graphite, réussissant le première fission artificielle de l’atome. Le projet Manhattan rassemble les savants chargés de la mise au point secrète de l’arme atomique.

D'autres événements du 2 décembre et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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