LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


15 novembre


565
Empire d’Orient : Mort de l’empereur Justinien. Il laisse un empire à son apogée bien que Slaves, Lombards, Avars et Bulgares le menacent.

1280
Cologne : Presque aveugle, Albert de Bolstädt s’éteint à l’âge de 74 ans. Ses connaissances, aussi bien en alchimie qu’en sciences grecques, latine et arabe, et l’impact de sa doctrine théologique lui valent une telle renommée qu’il est surnommé, de son vivant déjà, « le Grand ». Issu d’une noble famille Souabe, il étudie chez les dominicains de Padoue, et entre dans leur ordre, avant d’en devenir le provincial en 1257. Il enseigne en Allemagne, puis à Paris en 1240 et devient évêque de Ratisbonne en 1259. Par ses paraphrases d’Aristote et par son rôle dans la lutte antiaverroïste, il transforme radicalement les conceptions philosophiques de la théologie.

1315
Suisse : Les paysans des cantons confédérés de Suisse ont obtenu une victoire décisive, ce jour, à Morgarten (Suisse centrale) sur l’armée des chevaliers du duc d’Autriche Léopold Ier de Habsbourg. La victoire des cantons forestiers de Schwyz, d’Uri et d’Unterwald scelle définitivement l’alliance qu’ils avaient contractée lors du serment du Rütli (01/08/1291). Les Habsbourg doivent dès lors reconnaître l’indépendance de la Confédération des cantons. Cette alliance s’élargit bientôt aux villes de Lucerne, Zurich, Zoug, Glaris et Berne, formant l’ensemble des « huit anciens pays ». La victoire des cantons marque aussi la supériorité des armées de paysans, efficaces puisqu’elles sont très mobiles face aux armées traditionnelles.

1533
Amérique du Sud : Pizarro entre à Cuzco.

1620
Paris : Anne Lanclos ou Lenclos dite Ninon est née. Orpheline à quinze ans, douée de beauté et d’esprit, elle fit rapidement son chemin dans le monde. Elle y mena une vie des plus libres, au cours de laquelle elle bénéficia de la « protection » de quelques-uns parmi les grands (Condé, La Rochefoucauld, par exemple). Mais surtout, elle profita de sa situation privilégiée pour se faire l’égérie des grands esprits non-conformistes du temps. Chez elle se retrouvaient peut-être Molière et certainement Gassendi et Saint-Évremond. Après l’exil de ce dernier à Londres, elle entretint avec lui une correspondance suivie, et les quelques « Lettres » de Ninon de Lanclos, qui ont survécu révèlent avec certitude qu’elle avait le don du style. L’anecdote rapporte qu’à la fin de sa vie elle sut discerner le futur génie de Voltaire enfant et qu’elle lui donna deux mille francs pour acheter des livres, ce qui est probablement authentique.

1677
Londres : Marie, fille du duc d’York, épouse Guillaume d’Orange.

1715
Barrière : Le traité du même nom est signé entre la France et l’Autriche.

1777
Nouvelle Angleterre : Le Congrès adopte les articles de Confédération qu’il soumet à l’approbation des États.

1787
Vienne : Décès de Christoph Willibald Gluck, le génial compositeur allemand

1792
Paris : La Gironde perd la présidence de la Convention. L’ex-abbé Grégoire est élu.

1796
Italie : Bonaparte échoue dans le blocus de Mantoue mais parvient à faire reculer les Autrichiens à Arcole. En 1795, les armées de la République se battent depuis trois ans déjà. Elles ont sauvé à plusieurs reprises le pays, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Solidaires de leurs chefs prestigieux, les soldats souffrent de l'indécision des parlementaires, des changements successifs de régime et des hésitations des députés qui ne donnent pas aux armées les moyens de battre l'Angleterre et de dominer l'Europe. La brillante victoire d'Arcole sur les armées autrichiennes dirigées par Avinczy illustre particulièrement bien le dévouement des troupes à Bonaparte qui, avec ses 37 000 hommes, réussit à reconquérir le Piémont et la Lombardie. Commencée le 1er novembre, l'offensive autrichienne menée dans le Frioul est rapidement repoussée par Bonaparte mais les conflits se poursuivent. L'armée française, retranchée à Ronco dans des marais impraticables traversés seulement par deux routes, doit absolument s'engager sur la voie de Villanova, passant par Arcole où coule l'Alpon, affluent de l'Adige. Après trois jours de batailles furieuses, Bonaparte, qui doit à tout prix remporter le pont, s'élance au milieu de la mitraille un drapeau à la main, pour galvaniser ses troupes. Repoussé, il tombe dans les marais. Au cri de "Soldats, en avant pour sauver le général", ses grenadiers se lancent à sa suite sur le pont. Après encore 72 heures de lutte, les Autrichiens sont contraints de battre en retraite le 15 novembre 1796.

1811
Paris : Un décret renforce le monopole universitaire en limitant plus étroitement le rôle des institutions privées, religieuses en particulier. Ce décret complète la loi du 10 mai 1806 qui a fondé l’université de France. Celle-ci, en plus de l’enseignement, a pour fonction de « diriger les opinions politiques et morales. » A sa tête se trouve un grand maître, placé sous l’autorité directe de l’empereur, lequel nomme lui-même tous les professeurs. L’Empire est divisé en académies. Seules quelques grandes écoles conservent leur autonomie.

1813
Paris : Napoléon Ier est de retour à Paris après avoir fait passer le Rhin à ses maigres troupes. Des 450 000 hommes formant l’armée au début de l’automne, il n’en reste que 50 000 rescapés.

1813
Hollande : La défaite de Leipzig agite la Hollande, qui supporte mal la tutelle française. Le 6 novembre, Lebrun, gouverneur de la Hollande, se réfugie à Utrecht . C’est le signal de la révolte. Amsterdam s’enflamme le 15. C’est le début de la fin.

1818
Aix-la-Chapelle : Le congrès réuni depuis le 27 novembre rassemble les délégués d’Angleterre, de Prusse, d’Autriche, de Russie et de France ; il a pour but de redéfinir les rapports entre les alliés et la France. L’objectif du duc de Richelieu est double : il désire obtenir l ‘évacuation du territoire et rentrer dans l’Europe sur un pied d’égalité. Les conventions finales du 9 octobre admettent le principe de l’évacuation mais le lient au paiement d’indemnités de guerre. Sur le second point, les avis sont partagés : l’Angleterre veut maintenir la Quadruple-Alliance sans la France tandis que le tsar veut faire de l’alliance la base de l’équilibre européen. Les protocoles du 15 novembre constituent un compromis : la Quadruple-Alliance est maintenue et la France associée dans la sauvegarde de l’ordre monarchique.

1848
Italie : L’assassinat du ministre Pellegrino Rossi ouvre une crise politique qui contraint le pape à fuir Rome pour Gaète le 24 décembre.

1863
Danemark : A la mort, sans descendance ; de Frédéric VII, Christian IX monte sur le trône, en application du deuxième protocole de Londres en 1852.

1876
Paris : Naissance de Anna Élisabeth de Bibesco-Brancovan, comtesse de Nailles. (Plus l’année prochaine sur cette remarquable poète (poétesse ?))

1884
Berlin : Ouverture de la conférence internationale sur le Congo, convoquée par le chancelier Bismarck.

1889
Rio de Janeiro : Un coup d’Etat militaire, dirigé par le maréchal Manuel Deodoro da Fonseca, renverse l’empereur Pedro II. La république est proclamée ; inscrivant sur son drapeau la devise positiviste « ordre, amour et progrès », elle se veut progressiste. En fait, c’est oligarchie, principalement terrienne, qui, rassemblée au sein du parti républicain, contrôle le pays. Deodoro da Fonseca est héros de la guerre du Chaco. Il avait pris la tête du mouvement rénovateur qui agitait l’armée depuis sa victoire sur le Paraguay. Après l’adoption d’une Constitution fédérale (24/02/1891), il sera élu président des Etats-Unis du Brésil. Promue par ses admirateurs d’Auguste Comte, cette république écrasera dans le sang la révolte de Camudos (05/10/1893), mouvement social des affamés du Nord-Ouest.

1908
Paris : André Gide, Jacques Copeau et Jean Schlumberger créent « La Nouvelle Revue Française ». La « NRF » acquiert influence et prestige en se situant au cœur de l’avant-garde. A partir de 1911, la « NRF » édite chez Gallimard des ouvrages qui constitueront un véritable panorama de la vie intellectuelle française.

1917
Paris : Mort du sociologue Emile Durkheim, né en 1858.

1923
Allemagne : Gustav Streseman doit démissionner, mais il a réussi à imposer une monnaie de transition le « Retemark », dont le garanti repose sur l’agriculture et l’industrie et qui marque la fin de l’inflation.

1927
Moscou : Léon Trotski et ses partisans au sein du PCUS ne peuvent plus se faire entendre en URSS : le XVème Congrès qui s’ouvre le 2 décembre, exclut, ce jour, du parti une centaine d’opposants de gauche, tout en proposant de réintégrer ceux qui accepteraient de se soumettre publiquement, ce que s’empresse de faire Zinoviev et Kamenev. Cette mesure consacre le triomphe de Staline. Au même moment, le gouvernement accélère la collectivisation des terres. La multiplication des fermes collectives, les kolkhozes, et les coopératives de production, la création de la première MTS (station de machines et tracteurs) dans le cadre d’une ferme modèle, un sovkhoze, sont censées apporter une réponse à une série de récoltes catastrophiques.

1940
Varsovie : 350 000 juifs sont enfermés dans le ghetto.

1945
URSS : Les États-Unis, le Canada et la Grande-Bretagne refusent de livrer le secret de la bombe atomique à l’URSS.

D'autres événements du 15 novembre et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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