LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


4 août


1356
 Sud-Ouest de la France : Profitant des troubles qui agitent le royaume de France, les Anglais organisent une grande expédition du Prince Noir, qui lance une série de raids à travers le Limousin et le Berry.

1578
Ksar el-Kébir : Dans l'Afrique du Nord, à la mort de Sa'dien Abd Allah al-Ghalib, la situation est des plus confuses. Son héritier Muhammad (qu'on appellera al-Maslukh, « le déchu ») monte sur le trône de Fès. Mais il y a les deux frères d'Abd-Allah qui, exilés, servent dans l'armée ottomane. Le bey d'Alger, vassal d'Istanbul, décide de les aider à prendre le pouvoir. Il monte une expédition qui arrive aisément devant Fès où, dès les premières escarmouches, l'armée de Muhammad se rend. Abd al-Malik est intronisé sultan (1576) ; mais la soumission de celui-ci ne résistant pas à l'épreuve du temps, Alger pense à conquérir le Maroc. De son côté, Muhammad, après avoir tenté en vain de gagner à sa cause Philippe II d'Espagne, arrive à convaincre Sébastien du Portugal. Dans un premier temps, prudent, Abd al-Malik fait des concessions. Mais Sébastien formé à l'école de l'extrémisme religieux, ne rêve que de croisade contre les infidèles : ce conflit lui offre l'occasion d'intervenir. En juin 1576, il prend la mer avec une flotte de huit cent voiles. Le débarquement a lieu près de Larache. Le corps expéditionnaire se lance contre les troupes d'Adb al-Malik. L'affrontement entre les trois rois se produit à Ksar el-Kébir, où les 40 000 cavaliers d'Abd al-Malik anéantissent les Portugais le 4 août 1578. Le corps de Sébastien, tué dans la bataille, ne sera jamais retrouvé et, faute d'héritier, Philippe II prendra possession du Portugal et s'en fera proclamer roi. Abd al-Malik est aussi tué dans la bataille, mais est aussitôt remplacé sur le trône par son frère Ahmad al-Mansûr. Grâce à ce succès, le Maroc échappe définitivement aux ambitions ibériques, mais également à celles des Ottomans d'Alger.

1636
France (4-7) : Les Espagnols ont franchi la Somme et menacent Compiègne. La terreur se répand sur Paris. C’est le favori de Philippe IV, le contre-duc d’Olivares, qui a lancé l’armée espagnole à l’assaut de la France à partir des provinces espagnoles en Flandres ; Il a profité du fait que la sédition de plusieurs provinces affaiblissait la France pour briser le front du Nord et s’emparer de Corbie, qui tombe au bout de huit jours, prenant les Français par surprise. Mais Richelieu va réunir 40 000 hommes et, en novembre, Corbie sera reprise et Paris sauvée du désastre.

1701
Canada : Lors de son deuxième mandat en Nouvelle-France, Louis de Frontenac, le gouverneur, doit faire front à la guerre iroquoise. Décidant de frapper directement les Anglais, alliés des Iroquois, Frontenac attaque plusieurs de leurs établissements de Nouvelle-Angleterre. Une riposte anglaise est alors organisée avec les Iroquois mais, ceux-ci s’étant dérobé, l’offensive est neutralisée par les Français. Cette victoire sur leur allié démoralise les Iroquois ; Frontenac les harcèle, les obligeant à entamer des négociations. Frontenac meurt en 1698, mais son successeur, Louis de Caillères, signe la paix à Montréal le 4 août 1701.

1782
Autriche : Wolgang Amadeus Mozart s’est enflammé pour Constance, l’une des trois filles de la veuve Weber chez qui il loge. Il l’épouse ce jour.

1789
Versailles : Journée sans égale. Tout d’abord, l’Assemblée est bouleversée par un rapport relatant la révolte des paysans contre leurs seigneurs. Puis le vicomte de Noailles propose que l’impôt soit désormais payé par tous les citoyens en proportions de leurs revenus, que les droits féodaux pesant sur les terres soient rachetables par les communautés, enfin que les corvées, mainmortes et autres servitudes soient abolies sans rachat. Puis c’est le député du Tiers, Dupont de Nemours, qui intervient ; les motions se succèdent ; abolition des justices seigneuriales et égalité des peines ; admission de tous aux fonctions publiques, civiles et militaires ; abolition des droits exclusifs de chasse, de garenne et de colombier… Au début des débats, l’Assemblée décrète la destruction du régime féodal et de ses privilèges. Elle affirme la nécessité de l’unité juridique de la nation. Il n’y aura plus de distinction entre les pays d’état et pays d’élection, pays de droit coutumier et pays de droit romain. A deux heures du matin, sur proposition de Lally Tollendal, le roi est proclamé « restaurateur de la liberté française » ; l’assemblée se sépare aux cris de « Vive le Roi ! Vive Louis XVI ! »

1791
Autriche/Turquie : Les deux empires mettent fin à la guerre par le traité de Galatz.

1793
France : La Constitution est adoptée par référendum - 1800000 « Oui » contre 11600 « Non »- et promulguée le 10 ; mais elle ne sera jamais appliquée.

1802
Paris : Bonaparte est officiellement Premier consul à vie, le Sénat ratifie le plébiscite. (voir hier)

1903
Vatican : Le 20 juillet 1903, le conclave réuni pour désigner un successeur au défunt Léon XIII choisit le cardinal Sarto, patriarche de Venise, qui est proclamé pape ce jour sous le nom de Pie X. D’origine rurale, le nouveau souveraine pontife préfère se tenir à l’écart des grandes querelles politiques du moment.

1914
Europe : L’attentat de Sarajevo bouleverse l’équilibre politique et économique maintenu à grand-peine en Europe. L’Autriche-Hongrie, pressé par Guillaume II, l’empereur d’Allemagne, déclare la guerre à la Serbie. La Russie décrète une mobilisation partielle contre l’Autriche afin de soutenir les Serbes. Dès lors, la logique des alliances provoque une cascade de réaction en chaîne. Le 1er août, l’Allemagne déclare la guerre à la Russie. Le lendemain, elle envahit le Luxembourg et adresse un ultimatum à la Belgique neutre. Le 3 août, elle déclare la guerre à la France et pénètre en Belgique. Puis, le 4 août, la Grande-Bretagne choqué de la violation de la neutralité belge, déclare la guerre à l’Allemagne en application de l’Entente cordiale qui la lie à la France depuis 1904. Seule l’Italie surprend en proclamant sa neutralité, alors que son appartenance à la Triple-Alliance aurait dû la conduire à soutenir l’Autriche et l’Allemagne. L’ « union sacrée » l’emporte, même dans les courants pacifistes. Dans les deux camps, les conscrits se préparent à une guerre « fraîche et joyeuse ». Le Kaiser assure ses troupes qu’elles seront « de retour avant la chute des feuilles ». Le plan Schlieffen prévoit l’encerclement de l’armée française par un mouvement tournant. L’Allemagne espère ensuite regrouper toutes ses forces pour attaquer la Russie, ce « colosse aux pieds d’argile ». A partir du 7 août, les Allemands, contenus à Liège, puis à Namur et à Charleroi, gagnent Mons ; de là, ils engagent la bataille des frontières françaises. Ils remportent en Lorraine plusieurs victoires, du 20 au 23 août, obligeant les forces françaises et britanniques à battre retraite au sud de la Marne. Paris semble menacé. C’est Joffre, conseillé par Gallieni, le gouverneur de Paris, contre-attaque du 5 au 13 septembre et remporte la victoire de la Marne qui arrête la progression allemande. La « Blitzkrieg » a échoué ; la zone d’affrontement se stabilise sur une ligne de 750 km reliant la mer du Nord à la Suisse.

1919
Paris : Inauguration du musée Rodin.

1936
Grèce : Rentré en Grèce en novembre 1935, le roi George II nomme Premier ministre le général Metaxas, dont la politique autoritaire provoque des troubles sociaux de plus en plus graves. Le 4 août, en accord avec le roi, Metaxas abolit la Constitution et impose une dictature sous prétexte de réagir contre la menace communiste. Il annihile toute opposition. Admirateur de l’Allemagne hitlérienne, il mène une politique sociale conforme au modèle fasciste. L’ « Antigone » de Sophocle est proscrite à cause de ses idées démocratiques. La Grèce entre ainsi dans le réseau des Etats totalitaires d’Europe.

D'autres événements du 4 août et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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