LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


4 juillet


1187
Palestine : Sultan d’Égypte depuis 1171 et de Syrie depuis 1174, Saha al-Din al-Ayyubi (1138-1193), connu sous le nom de Saladin, aurait sans doute préféré parvenir, dès le départ, à un compromis de coexistence avec les Francs d’Orient. Mais le fanatisme et l’avidité de certains barons, tel Renaud de Châtillon, et la totale incompétence du roi Gui de Lusignan l’en ont empêché. Ce dernier ne devait sa couronne (destinée à Raymond de Tripoli) qu’aux intrigues du patriarche Héraclius et à son mariage avec la princesse Sibylle. Le couple Saladin-Raymond aurait certainement évité bien des épreuves. Pendant sa régence, Raymond avait conclu une paix avec Saladin et ce dernier, à la demande du comte, avait ravitaillé les Francs pendant la terrible sécheresse de 1185. Raymond écarté du pouvoir, le chevalier-brigand Renaud impose sa loi : au début de 1187, il attaque une caravane. Saladin le somme de rendre le butin et de libérer les captifs. Le refus de Renaud et la pusillanimité de Gui de Lusignan mettent le feu aux poudres. A la tête d’une importante armée, Saladin se dirige vers Tibériade et occupe la basse ville. Bien que sa propre épouse fasse partie des assiégés dans la citadelle, Raymond déconseille au roi de partir en guerre : Tibériade m’appartient et c’est ma femme qui est assiégé. J’aime mieux voir ma femme captive que de voir toute la Terre sainte perdue. » Le parti de la guerre l’emporte. L’armée franque s’ébranle le 3 juillet. Le soir, elle fait halte pour passer la nuit sur les collines de Hittin à l’ouest de Tibériade. Pas une goutte d’eau, hommes et chevaux sont épuisés. Le lendemain, l’armée franque est décimée. Renaud de Châtillon et Gui de Lusignan sont amenés devant Saladin, qui offre au roi une coupe d’eau fraîche. C’est une coutume arabe qu’un captif ait la vie sauve s’il boit ou mange avec un vainqueur. Quant à Renaud, il est exécuté sur place. Le désastre de Hittin laisse le pays chrétien sans défense. Saladin ne perd pas de temps, Saint-Jean-d’Acre, Saïda, Beyrouth, Ascalon et Jérusalem tombent en l’espace de trois mois. Il ne reste aux Francs que Tripoli et Tyr… que Saladin épargne par amitié, Antioche et Tyr… qu’il néglige. Une erreur qui va lui coûter cher et qui relancera les croisades.

1623
Angleterre : Le grand polyphoniste William Byrd est mort. Il a donne une oeuvre variée, constituée de madrigaux, de pièces de clavier, de chansons et trois messes. Écrites pour trois ou cinq voix, ces dernières témoignent d’une perception subtile de la musicalité des mots, jointe à une science accomplie des possibilités de la voix humaine. Compositeur de « fantaisies » et des « In Nomine », danses, canons et variations conçus pour un ensemble de violes, Byrd adapte toujours l’écriture à l’instrument et il privilégie l’émotion. Ses chansons procèdent des lieber germaniques à une voix de Forster et Senfl. Byrd est également considéré comme le fondateur de l’école anglaise du madrigal.

1776
Philadelphie : C’est dans l’enthousiasme que Philadelphie accueille la nouvelle de la proclamation de l’indépendance par le Congrès. Partout on chante, on danse, on fait des feux de joie, et les statues de George III sont renversées dans l’allégresse. Car, depuis le début de l’année, le nom est sur toutes les bouches. En janvier, Thomas Paine un jeune Anglais né dans le Norfolk, publie un pamphlet, « Common Sense » (Le Sens Commun), qui connaît un succès extraordinaire. Récemment débarqué d’Angleterre, Paine affirme que les Américains n’ont d’autres choix que celui de l’indépendance. Accusant le roi de tyrannie, il fait l’apologie des « nouvelles terres », où seule la loi est souveraine. Courant avril, des assemblées préconisent la Déclaration d’indépendance, en Caroline du Nord d’abord, puis en Virginie. Lorsque le débat s’ouvre le 7 juin devant le Congrès, le Virginien Richard Henri Lee soumet une résolution où les « Colonies Unies » se doivent d’être des États libres et indépendants. Trois comités sont constitués. L’un est chargé de traiter avec la France qui a accepté d’aider les insurgés, le deuxième de préparer les articles de confédération et le troisième de rédiger une déclaration d’indépendance. Celui-ci est composé de Thomas Jefferson, John Adams, Roger Sherman et Robert R. Livington ; il charge Thomas Jefferson d’en rédiger le texte. Soumis au Congrès, celui-ci est voté par toutes les délégations, excepté celle de New York qui l’approuve seulement le 9 juillet. Réquisitoire contre la politique de George III, il se termine par la Déclaration d’indépendance des Colonies Unies. Quelques semaines auparavant, le Congrès avait déjà adopté une résolution encourageant les colonies à former chacun un gouvernement pour organiser concrètement le soutien à l’effort de guerre. Car la guerre qui oppose Américains et Anglais est de plus en plus âpre. Si, le 17 mars, les Anglais ont été contraints d’évacuer Boston, les Américains ont subit un échec majeur lorsqu’ils ont voulu porter la guerre au Nord, au Québec. De plus, la guerre a gagné le sud. Le commandant en chef des troupes américaines, George Washington, qui est en désaccord avec les pratiques des organisations clandestines (Fils de la liberté ou Minutemen), cherche à organiser une armée régulière et disciplinée sur le modèle des armées européennes. La fin de l’année 1776 est particulièrement dramatique pour les insurgés. Les troupes anglaises réussissent à occuper New York et Philadelphie, contraignant le Congrès à se replier sur Baltimore. En novembre, les Américains sont repoussés vers le nord, au bord du lac Champlain. Washington doit battre en retraite à travers le New Jersey. Cette série de défaite est due à la disproportion entre les forces en présence : si les troupes anglaises évoluent dans un environnement hostile, elles sont plus nombreuses et bénéficient d’un bien meilleurs approvisionnement tant matériel qu’en hommes. Aux trente-cinq mille soldats anglais, il faut ajouter les dix-huit mille mercenaires allemands que le roi achète à prix d’or. En face, les Américains disposent de vingt mille hommes tout au plus, beaucoup moins bien équipés. Les indigènes, les Indiens en particulier, sont l’objet de sollicitations empressées de la part des deux camps. D’autres part, les Anglais ont parfois promis la liberté aux esclaves noirs s’ils s’engageaient dans les rangs de Sa Gracieuse Majesté, un geste que les Virginiens, en particulier, n’ont guère apprécié. Bien que rendues célèbres dans le monde entier par leur Déclaration de juillet, les colonies américaines restent faibles, cherchant leur salut dans une alliance avec les ennemis de l’Angleterre, notamment avec la France. C’est seulement à la fin du mois de décembre que le sort des armes semble enfin s’inverser, au moment où Washington réussit à battre des détachements anglais, d’abord à Trenton, le 26 décembre, puis à Princeton, le 3 janvier 1777.

1811
Venezuela : Bolivar se déclare pour une indépendance totale du pays.

1879
Allemagne : Une loi définit le nouveau statut de l’Alsace-Lorraine comme « territoire d’empire » gouverné par un « protecteur » nommé par l’empereur et résidant à Strasbourg.

1886
Canada : Inauguration de la ligne de fer transcontinentale Montréal-Fort Woody.

1910
Reno, Nevada : Jack Johnson, 32 ans, est le premier champion noir à avoir conquis, en 1908, un titre mondial. Deux ans plus tard, il défend son titre à Reno devant Jim Jeffries, qu’il bat par K.O. à la quinzième reprise. Cette victoire soulève un tel enthousiasme dans la population noire qu’elle déclenche des affrontements raciaux qui feront plusieurs morts.

1925
Wimbledon : C’est la première fois qu’un pays obtient une telle victoire : la France emporte quatre championnats sur cinq. Suzanne Lenglen est trois fois championne ; René Lacoste remporte le simple messieurs devant Jean Borotra.

1926
Weimar : Premier congrès du NSDAP depuis sa reconstitution. Hitler passe ses hommes en revue, en saluant pour la première fois le bras tendu.

D'autres événements du 4juillet et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


Sommaire - Les archives de l'éphéméride


©lodace.net 1998 - 2006