LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


6 mai


1312
Vienne (France) : Le XVème Concile oecuménique abolit l’ordre du Temple, intervient dans la querelle franciscaine de la pauvreté et condamne l’hérésie des bégards.

1432
Gand : La collégiale des Deux-Saints-Jean vient de recevoir le polyptyque de « L’Agneau mystique. » Certainement commencé par Hubert van Eyck, il a été pour l’essentiel réalisé par son frère Jan. L’équilibre de la composition, la précision des détails, l’éclat des couleurs en font une oeuvre clef de la peinture européenne.

1527
Rome ( 6 au 13 mai) : Le pape Clément VII, conseillé par le diplomate Guichardin, avait choisi de mener une politique hostile à l’Espagne et de participer à la ligue de Cognac, dirigée contre Charles Quint. Mais il savait sa position précaire et aussi que la France défaite à Pavie, n’avait pas encore eu le temps de se relever. Aussi avait-il signé au dernier moment une trêve avec l’empereur. Mais trop tard, la guerre s’était déjà rallumée en Italie. Une armée impériale, commandée par le connétable de Bourbon, avait envahi la Lombardie et occupé Milan. Le frère de Charles Quint, Ferdinand d’Autriche, envoyait alors en renfort 15 000 lansquenets allemands avec, à leur tête une sorte de condottiere luthérien, Georg von Frunsberg. Ces lansquenets n’avaient touché aucune solde et ils n’étaient maintenus dans leur devoir que par la promesse que leur avait faite leur chef : « J’espère bientôt vous faire tous riches du sac de la superbe Rome. » Vers la fin du mois d’avril, ces bandes mercenaires arrivent en vue de Rome. Le 6 mai, l’assaut est donné. Le connétable de Bourbon est tué en voulant s’emparer du Borgo ; quant à Frunsberg, il est sérieusement blessé. Privés de leurs chefs et livrés à eux-mêmes, les lansquenets ; des luthériens pour la plupart, se répandent dans toute la ville, pillant, violant et incendiant. C’est le sac de Rome. Huit jours durant, la capitale de la chrétienté est la proie d’une véritable fureur destructrice, d’une débauche de sacrilèges. Le Vatican est occupé, la soldatesque campe dans les appartements décorés par Raphaël, transforme les chapelles en écuries. Clément VII, réfugié dans la forteresse du château Saint-Ange, implore en vain Charles Quint. Les protestants allemands, en apprenant le sac de Rome et de ses horreurs, se réjouissent de l’événement ; c’est pour eux le signe de la ruine prochaine et définitive de la papauté ; la « moderne Babylone » connaissait enfin un juste châtiment. Pour les catholiques, partout en Europe, c’est la consternation. Érasme pleure la ruine de la ville du Christ et de la patrie des humanistes. De fait, le sac de Rome marque la fin d’une époque, celle de Rome de la Renaissance, des papes médicéens, de Raphaël et de Bramante, une Rome plus païenne, il est vrai, que véritablement chrétienne. Il marque aussi la fin provisoire des ambitions de la papauté.

1576
Beaulieu : Henri III succédant à Charles IX en 1574, choisit de combattre dans l’Ouest et le Midi où le gouverneur du Languedoc avait rejoint les protestant. Il échoue et, est contraint de signer, ce jour, l’édit de Beaulieu qui donne satisfaction aux protestants en réhabilitant les victimes de la Saint-Barthélemy, en supprimant certains restrictions apportées à la liberté du culte et en portant de quatre à huit le nombre de places fortes.

1616
Loudun : Le traité signé à Loudun entre Marie de Médicis et Condé rétablit la paix dans le royaume. La régente promet de tenir compte des remontrances des états et du Parlement. Les vieux ministres sont renvoyés, Condé fait son entré au Conseil du roi et se voit confier le gouvernement de Bourges. Les rebelles sont gratifiés de dons et de pensions : à l’automne 1615, Condé, Rohan et Vendôme avaient pris les armes ; ils reprochaient à la reine mère de s’en remettre de plus en plus à Concini pour le soin des affaires.

1791
Canada : Par acte constitutionnel, le roi d’Angleterre Gorge III partage le pays en deux provinces séparées par la rivière Ottawa. A l’Ouest, le Haut-Canada, l’Ontario, est presque entièrement anglais ; à l’est, le Bas-Canada, ou Québec, est français. Les populations francophones disposent désormais d’une assemblée représentative. Le français est reconnu comme l’anglais ainsi que le droit à professer la foi catholique. Seul l’exécutif reste nommé par le roi. Les Canadiens-Français reviennent de loin. En 1763, George III avait exclu les catholiques de toutes charges administratives. La guerre américaine l’obligera à réviser sa politique, et la nomination d’un gouverneur libéral facilita les relations entre le clergé et la Couronne. Mais l’équilibre fut rompu par l’installation de loyalistes américains au nord-Ouest du lac Ontario. Toutefois, les francophones réussirent à maintenir leur culture et obligèrent la Couronne à reconnaître leurs droits.

1808
Bayonne : Signature de l’abdication des souverains espagnols en faveur de Napoléon.

1835
New York : Le journaliste d’origine écossaise James Gordon Bennet, arrivé en Amérique ne 1819, lance un journal de quatre pages dont il est à la fois le directeur, le propriétaire et le seul vendeur… et connaît un succès immédiat. Bennet fait un journal qui tranche avec la presse américaine, trop politisée à son goût. Il opte pour un journalisme qui ne doit pas instruire mais surprendre. Il est le premier en Amérique à publier un article sur les cours de la bourse de Wall Street le 6 juin, et ses reportages sur l’incendie de New York en décembre achèvent de lui assurer une clientèle parmi les couches populaires et les nouveaux immigrants. En un an, le « New York Herald » se vend à quarante mille exemplaires.

1840
Angleterre : Pour abaisser le prix de transport de lettres, Rowland Hill invente le timbre-poste, payé à un prix uniforme quelque soit la destination et que l’on colle sur la lettre. Pour une lettre de 14 grammes ; le timbre-poste coûte un « penny ». L’expédition du courrier est désormais bon marché et aussi mieux organisée. Cette réforme bénéficie du développement des chemins de fer. Elle sera adoptée par les pays du monde entier, à commencer par la Suisse et le Brésil dès 1843.

1840
Canada : La loi instituant l’Union législative du Haut et du Bas-canada a obtenu la sanction royale. Elle est inspirée du rapport de Lord Durham, qui avait été envoyé par Londres après les révoltes de 1837. Elle reprend ses vues sur le sort des francophones, qu’il souhaite angliciser. L’anglais devient la seule langue officielle, et le Haut-Canada se voit attribuer le même nombre de députés que le Bas-Canada. Mais cette loi ouvre une voie à une autonomie. Même si le gouverneur, nommé par le roi, conserve un rôle important, l’exécutif est confié à un conseil de huit députés choisis par lui ; bien que ces derniers ne soient pas responsables devant l’Assemblée, celle-ci dispose de larges prérogatives.

1873
Saint-Pétersbourg : Signature d’une convention germano-russe, premier maillon de la future triple entente.

1875
Londres : La méfiance persiste entre l’Allemagne et la France, Bismarck entretient la tension et cherche à présenter la France comme une puissance agressive. Le 13 mars 1875, les députés français votent une loi militaire, dite loi des Cadres, qui prévoit une augmentation du nombre des officiers. Croyant y voir une menace indirecte, Bismarck évoque l’imminence d’un conflit armé. Un diplomate allemand va jusqu’à affirmer à l’ambassadeur de France que l’empire se prépare à soutenir une guerre défensive. La presse s’empare du différent. Le 6 mai 1875 ; le « Times » publie un article qui révèle les intentions belliqueuses de l’Allemagne pour reconquérir le territoire de Belfort, ce qui porte l’indignation ) son comble. La reine Victoria écrit elle-même à Guillaume 1er pour l’inviter à la prudence. Le tsar promet au général Le Flô, ambassadeur de France, de l’avertir en cas de danger imminent. Dans cette affaire, le succès français est manifeste et fait échec à l’intimidation de Bismarck, mais pour combien de temps ?

1882
Irlande : Le nouveau secrétaire d’État à l’Irlande, Lord Frederick Charles Cavendish, est assassiné le soir même de son arrivé à Dublin par des membres d’une société secrète, les Invincibles. Le compromis signé le 2 mai à Kilmainham, qui prévoyait la libération des prisonniers politiques, est rompu. En juillet, les Communes adoptent un « Crime’s Bill » destiné à durcir la répression.

1889
Paris : Inauguration de la tour Eiffel dans le cadre de l’Exposition universelle. L’Expo a rassemblé 33 millions de visiteurs. La galerie des machines, mais surtout la tour Eiffel, haute de 300 m, large de 65 m, ont emporté un gros succès populaire. Les 1 968 287 visiteurs de la tour ont apporté une recette de 5 919 884 francs. Gustave Eiffel a résolu le problème des ascenseurs (il y a 1 710 marches !) en mettant en compétition trois systèmes. Roux, Combaluzier et Lepage ont construit deux ascenseurs inclinés qui relient le sol au premier étage dans les piliers est et ouest ; Otis a édifié les ascenseurs des piliers nord, et sud, tandis qu’Edoux a assuré le transport du deuxième étage au sommet par un ascenseur double. Celui de Roux, Combaluzier et Lepape transporte 90 personnes à la vitesse de 60 m à la minute ; ceux d’Otis, 42 personnes à 54 m à la minute. D’autres villes veulent avoir leur tout, mais seule Lyon construira la tour de Fourvière. Saint-Pétersbourg élèvera une tour Eiffel de glace de 60 !

1891
Allemagne : La Triplice entre l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie est reconduite de manière anticipée, et les trois traités de 1887 sont fondus ensemble.

1898
Milan (6 au 9) : Émeutes populaires provoquées par la situation économique et la défaite en Abyssinie : l’état de siège est proclamé.

1930
Birmanie : Un séisme fait 6 000 morts.

1931
Vincennes : L’Exposition coloniale ouvre ses portes à l’orée du bois de Vincennes. En novembre, elle aura reçu près de 34 millions de visiteurs attirés notamment par les reconstructions des principaux monuments des colonies : le temple d’Angkor, le palais du Maroc, une mosquée soudanaise. Organisée par le maréchal Lyautey, cette exposition marque l’apogée de l’idée coloniale en France.

1932
Vienne : Karl Buresch démissionne.

1932
Paris : Paul Gorguloff assassine le président Doumer. Il sera condamné à mort le 27 juillet.

1937
New York : Explosion du dirigeable « Hindenburg » : 35 morts.

D'autres événements du 6 mai et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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