D'autres événements du 23 mars et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)1568
Longjumeau : L’offensive conduite par le duc d’Albe aux Pays-Bas inquiète les protestants français : le prince de Condé décide de reprendre les armes. La cour rentre en toute hâte à Paris tandis que Condé parvient jusqu’à Saint-Denis ; attaqué par Montmorency, il résiste. De guerre lasse, Catherine de Médicis signe la paix de Longjumeau qui confirme l’édit d’Amboise.
1603
Angleterre : La reine Élisabeth 1ère est décédée à Richmond. Ce n’est que quelques instants avant sa mort qu’elle a désigné son successeur : Jacques VI, roi d’Écosse, dont la candidature avait rallié les suffrages des modérés et des catholiques, qui espéraient du fils de Marie Stuart un régime plus tolérant. L’éloge de la reine figure dans la dernière tragédie de Shakespeare, Henri II : « Elle sera aimée et redoutée… Dieu sera vraiment connu et ceux qui l’entourent seront guidés par elle dans le droit chemin de l’honneur. » Intelligente, séduisante, autoritaire, elle a contribué à faire de son pays, l’Angleterre, un État puissant. En politique intérieur, elle chercha à instaurer une royauté absolue. Afin de ne pas réunir trop fréquemment le Parlement, elle gouvernera par décrets. Les opposants ont été jugés par la « chambre étoilée. » Sur le plan religieux, elle a érigé l’anglicanisme en religion d’État. La résistance catholique irlandaise a été très violemment réprimée. Intéressée au développement économique et commercial du royaume, elle a favoris l’essor du commerce maritime et la lutte contre les autres puissances coloniales, notamment l’Espagne. Londres est devenue la rivale d’Amsterdam. Enfin, dans le domaine artistique, le règne d’Élisabeth est marqué par une véritable renaissance. Si les grands peintres, Holbein ou Van Dyck, sont d’origine étrangère, Shakespeare donne un éclat authentiquement anglais au monde de la littérature.
1753
Potsdam : Voltaire s’est brouillé avec le roi de Prusse. L’objet de la querelle ? Une satire que Voltaire s’est permise à l’encontre du mathématicien et philosophe français Pierre de Maupertuis (1698-1759), qui dirige l’Académie de Berlin. Frédéric II prend très mal cette « diatribe du docteur Akakia, médecin du pape. » Il considère en effet qu’en la personne de son académicien c’est lui que Voltaire insulte. Furieux, il fait brûler le libelle sous les fenêtres de son auteur. Prudent, Voltaire obtient un congé pour une cure à Plombières, dans les Vosges. Mais, en traversant l’Allemagne, il ne peut s’empêcher de lancer toute une série de pamphlets contre son ancien ami ; arrêté à Francfort, il est détenu pendant un mois, en proie à de mortelles frayeurs. Ainsi s’achève l’idylle du roi avec le philosophe. Frédéric était entré en correspondance avec l’écrivain qu’il admirait tant en 1736. Ils se rencontrèrent la première fois à Clèves en 1740 et Frédéric le pressa de venir s’établir à Berlin. Il attendra dix ans. Car c’est la mort de Mme du Châtelet qui décide Voltaire à répondre à l’invitation royale. Arrivé à Potsdam, il est fait chambellan, décoré de l’ordre du Mérite et gratifié de vingt mille livres de pension. C’est le coup de foudre ; le roi l’admire. Mais rien ne dure et, de part et d’autre, l’enthousiasme tiédit : Frédéric juge Voltaire trop frondeur, Voltaire trouve le roi trop despote.
1792
Paris : Le débat sur l’entrée en guerre de la France vient de faire tomber le gouvernement. Le ministre des Relations extérieures, Delessart, est violemment attaqué le 10 mars devant la Législative par le Girondin Brissot, qui lui reproche de négocier la paix avec l’empereur Léopold. Brissot attaque à la fois la cour, qui voudrait imposer sa politique à l’Assemblée, et Robespierre, qui se tromperait dans son estimation des intrigues monarchistes. Vergniaud obtient la mise en accusation de Delessart. Les Feuillants, autour des frères Lameth, con jurent le roi de soutenir Delessart ou de dissoudre l’Assemblée. Favorable à l’entrée en guerre, Louis XVI nomme, ce jour, les Girondins que Brissot lui présente : Roland à l’Intérieur, Clavière aux Finances, Dumouriez aux Relations extérieurs, Duranthon à la justice et de Grave à la Guerre. Dumouriez est l’homme fort de cette équipe.
1793
France : Après avoir annexé la rive allemande du Rhin le 17, la Convention incorpore à la République l’évêché de Bâle et une partie du Jura suisse.
1819
Mannheim : Ce jour, l’étudiant en théologie Karl Ludwig Sand assassine August von Kotzebue, auteur de théâtre médiocre et conseiller d’État à la solde de la Russie qui s’était moqué des patriotes allemands. Sand fait partie de ces associations estudiantines, les « Burschenschaften », qui prône l’unité allemande ainsi que l’émancipation nationale. Sand, exécuté, devient le martyr de la cause des peuples. Son geste est imité le 1er juillet par un autre étudiant sur un autre conseiller d’État. Metternich lance une politique répressive contre le mouvement nationaliste : les universités et les collèges sont mis sous surveillance.
1842
Paris : Décès de Marie-Henri Beyle dit Stendal. Pour mieux découvrir ce grand homme de lettre, voir le 23/1/1783, le jour de sa naissance.1848
Piémont : Le roi Charles-Albert publie une proclamation dans laquelle il annonce son intervention dans la Péninsule, offrant « cette aide que le frère attend du frère, l’ami de l’ami. » Mais, trop lent, il laisse les Autrichiens se replier sans grandes pertes.
1849
Italie : Défaite des troupes de Charles-Albert à Novare devant l’armée autrichienne de Radetzky.
1860
Japon : Assassinat de Li Naosuke, daïno de Hikone, pour avoir signé le traité de Yedo, le 29 juillet 1858 avec les États-Unis.
1868
Japon : Pour la première fois, l’empereur se montre en public.
1881
Neuilly-sur-Seine : Naissance de Roger Martin du Gard. Après des études sans grand éclat, il rentre à l'École des chartes (1899), mais c'est la littérature qui l'attire : attisée par la lecture de « Guerre et Paix », sa curiosité naturelle pour l'histoire influencera fortement son oeuvre. Après les romans « Devenir » et « Jean Barois », il consacre vingt ans à la rédaction des « Thibault », tout en écrivant parallèlement quelques oeuvres mineures, en particuliers, deux farces paysannes, « Le Testament du père Leleu » et « La Gonfle ». Retiré en province dès la fin de la Première Guerre mondiale, c'est à Nice que, pendant la Seconde, il entreprend la composition d'un dernier roman, « Souvenirs du colonel de Maumort ; cette oeuvre restera inachevée du fait de la maladie qui assombrit la vieillesse de l'écrivain.
1919
Rome : Avec quelques « arditi » (combattants d’élite de l’armée italienne », Mussolini fonde les Faisceaux de combat, l’embryon du mouvement fasciste.
1933
Allemagne : La mise au pas de l’Allemagne ne prend que cinq mois et demi. Entre la nomination d’Hitler à la Chancellerie (30 janvier 1933) et l proclamation du parti nazi comme parti unique (14 juillet 1933), les mesures coercitives successives referment inexorablement l’étau sur une société allemande partagée entre l’enthousiasme sincère, l’attentisme dubitatif et le « suivisme » apeuré. Dans les premières semaines, Hitler tente de rassurer l’opinion et d’élargir ses soutiens. Il se contente de deux ministres nazis : Goering à l’Air et Frick à l’Intérieur. Il annonce le surlendemain de son arrivée au pouvoir une restauration des valeurs familiales et chrétiennes, en vue d’un « redressement national. » Les milieux catholiques se laissent séduire. Mais, simultanément, une épuration administrative place ses sympathisants aux postes clés. Le 4 février 1933, un décret « pour la sauvegarde du peuple allemand » autorise le préfet de police à contrôler la presse et les réunions des opposants. A partir du 22 février, la police fait appel à des volontaires pour étoffer ses effectifs jugés insuffisants. Au lendemain de l’incendie du Reichstag (27 février), dont les commanditaires ne seraient autres que les nazis eux-mêmes, les libertés de presse, de réunion et d’association sont supprimées et les premiers camps de concentration sont crées (Heinrich Himmler ouvre Dachau le 20 mars). Ce jour, Hitler obtient les pleins pouvoirs.1983
Champs-sur-Marne : Décès d'un artiste aux multiples facettes : Armand Lenoux. Voir le 24/10/1913 pour mieux le connaître.
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