LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


18 mars


37
Rome : Le Sénat proclame empereur Caius César, dit Caligula, et casse le testament de Tibère en déshéritant Tibèrius Gémellus. Reconnu seul héritier de Tibère, Caligula adopte son cousin Gémelius.

235
Mayence : Mécontent des pourparlers avec les barbares, les soldats proclament Maximilien le Thrace empereur (235-238) et assassinent Alexandre Sévère et sa mère Julia Mammaea (voir aussi le 13 mars 222)

1229
Jérusalem : C’est un étrange Croisé qui se fait couronner roi de Jérusalem en ce jour de mars 1229 ! Il s’agit pourtant d’un des princes de l’Occident, l’empereur germanique Frédéric II. Après un départ simulé en 1227, qui lui a valu l’excommunication, il s’est résolu l’année suivante à marcher sur Jérusalem. Mais cet humaniste cherche plus à séduire qu’à combattre ; du moins parvient-il à négocier à Jaffa avec le sultan al-Malik al-Kâmil un accord en vertu duquel les Lieux saints sont rattachés au royaume de franc de Jérusalem. On se scandalise grandement en Occident de cet accord conclu avec les « infidèles. » A son retour en Italie, il trouve une partie de celle-ci soulevée contre lui à l’instigation du pape, auquel il impose la paix de San Germano.

1584
Russie : Ivan le Terrible finit son règne dans la folie. Intelligent et fin politique, il devient tsar à l’âge de 16 ans, en 1547. Il entreprend une vaste réorganisation administrative, législative (code de lois de 1550), religieuse et militaire. Il annexe les Khanats de Kazan et d’Astrakan. Comprenant la nécessité pour la Russie d’un débouché sur la baltique, il s’engage dans une guerre contre la Livonie qui sera un échec. Il crée en 1665 le système de l’« opritchina », domaine réservé du souverain, administré par des hommes à lui et dont sont chassés les boyards. La répression qui s’abat sur ces derniers profite à la petite noblesse. Mais l’« opritchina » provoquera une grave crise sociale. Avec la mort d’Ivan commence une période de trouble dynastique. En effet sa disparition laisse un vide politique : il avait progressivement concentré entre ses mains la totalité des pouvoirs. En novembre 1581, dans un accès de colère, il avait occis son fils aîné d’un coup d’épieu. Sa succession revient par conséquent à Fédor, simple d’esprit certes, mais seul héritier vivant qui lui soit resté de ses sept mariages, à l’exception de Dimitri encore mineur. Le jeune Fédor laissera gouverner son oncle Nikita Romanov jusqu’en 1585. A partir de 1588, c’est son beau-frère, Boris Godounov, qui prendra le pouvoir.

1793
Provinces-Unies : Dumouriez est défait à Neerwinden par les Autrichiens.

1796
France (28 ventôse) : Un nouveau papier-monnaie est institué : le mandat territorial.

1797
Londres : Chateaubriand fait paraître l’« essai historique sur les révolutions », qui le rend célèbre dans la haute société émigrée.

1800
France (27 ventôse) : Adoption de la loi réorganisant la justice. Les juges appointés deviennent inamovibles après un stage.

1801
Italie : La France signe avec le roi des Deux-Siciles, le traité de Florence. L’île d’Elbe est cédée à la France, les ports du royaume sont fermés aux Anglais ; Otrante et Brindisi, sur l’Adriatique, reçoivent provisoirement des garnisons françaises.

1806
Paris : Création des conseils de prud’hommes.

1808
Aranjuez : Des hommes de main venus de Madrid se sont assurés du soutien de l’armée. Le « pronunciamiento » débute dans la nuit du 17 au 18 mars. Les conjurés, favorables au prince Ferdinand soutenu par Napoléon, mettent à sac le palais de Godoy. Depuis janvier 1807, le roi Charles IV avait laissé à celui-ci la présidence du Conseil d’État. Craignant la tyrannie de Godoy, les traditionalistes et les réformateurs avaient alors entamé contre lui une campagne de dénonciation soutenue par l’Église. Devant le succès du coup d’État, le roi signe la destitution de Godoy et abdique en faveur de son fils. Nommé Premier ministre en novembre 1792, Godoy avait tenté de sauvegarder l’indépendance de l’Espagne contre les pressions de l’Angleterre et de la France, ce qui lui avait valu la haine des deux puissances.

1813
Allemagne : Les troupes russes occupent Hambourg et Dresde après avoir atteint Berlin le 4 mars.

1830
France : A la suite du discours menaçant du roi Charles X devant les chambres, 221 députés de l’opposition rappellent dans une adresse aux termes de la Charte.

1848
Milan (18 au 22 mars) : Dès janvier 1848, Milan s’agite sous la botte autrichienne. Le 18 mars, à la nouvelle de l’insurrection de Vienne, une foule énorme conduite par le podestat Casadi marche sur la résidence du vice-gouverneur. Elle exige le licenciement de la police, la constitution d’une garde civil municipale, mais aussi et surtout l’indépendance. Le conflit est inévitable. La population se heurte aux 13 000 hommes du gouvernement. Radetzki et dresse des barricades. La révolte est menée par Cardo Cattaneo, un écrivain, qui refuse la proposition d’armistice. Radetski fait alors bombarder Milan, mais les villes voisines et les paysans se portent au secours des Milanais et le gouverneur doit évacuer le 22 mars. Les insurgés victorieux acclament Charles-Albert, roi du Piémont, et ses troupes entrent à Milan le 25 mars. La ville ne sera reprise que le 6 août par les Autrichiens.

1871
Paris : Un pouvoir insurrectionnel se met en place dans Paris révolté, après la fuite du gouvernement. Ce soulèvement a plusieurs causes. La population, qui a durement souffert pendant le siège, qui a fait montre d’héroïsme, n’a cessé de reprocher leur manque d’initiative aux chefs militaires et a très mal accueilli la capitulation. Puis l’élection d’une Assemblée nationale majoritairement conservatrice et pacifiste n’a fait qu’ajouter à l’amertume des Parisiens, d’autant qu’elle a accumulé les maladresses ou les provocations : elle s’est installée à Versailles par défiance, avant de supprimer la solde des gardes nationaux parisiens et de décréter la fin du moratoire des loyers, mettant le petit peuple de Paris dans une situation matérielle tragique. Mais, c’est le 18 mars, quand Thiers a voulu s’emparer des canons de Montmartre, qui avaient été financés par une souscription des Parisiens, que l’insurrection a éclaté. Deux généraux sont arrêtés par la foule et fusillés le soir même. Le comité central de la garde nationale s’installe à l’Hôtel de ville et annonce l’élection du conseil municipal de la Commune de Paris, qui a lieu le 26 mars dans des conditions régulières, mais les abstentions sont nombreuses. Les élus modérés, peu nombreux, refusent de siéger. Le 28 mai, la Commune de Paris est officiellement proclamée. Dans plusieurs viles de provinces, notamment Lyon, Marseille, Le Creusot, Perpignan et Limoges, des mouvements communalistes se manifestent également, mais la plupart échouent assez vite.

1913
Grèce : Le roi Georges 1er est assassiné. C’est son fils aîné Constantin, duc de Sparte et mari de Sophie de Prusse, qui lui succède.

1915
Turquie : Une expédition navale franco-britannique organisée par Churchill, premier Lord de l’Amirauté, tente en vain d’ouvrir le détroit des Dardanelles. Après des succès contre les premiers ports : l’expédition perd un tiers de ses bâtiments engagés.

1921
Mer Baltique : La paix est signée à Riga entre la Russie et la Pologne, qui annexe quatre millions d’habitants.

1921
Kronstadt : Sur l’ordre de Trotski, l’Armée rouge envahit la ville et massacre les marins du « Petropavlousk », qui exigeaient d’élire les délégués de leur choix, refusant la mainmise bolchevique sur les soviets.

1922
Inde : Gandhi, que le poète Tagore a appelé Mahatma (la Grande Âme) en 1915, est condamné à six ans de prison par l’autorité britannique. Il sera libéré le 4 février 1924.

1938
Espagne : Deuxième jour de bombardements sur Barcelone.

1938
Mexique : La Constitution de 1917 affirmait la propriété de l’État sur le sous-sol, mais au grand dam du président Cardenas, les richesses minières restent sous le contrôle des compagnies étrangères. Une grève ayant éclaté en mai 1937, le conflit est tranché par l’expropriation. L’Angleterre rompt ce jour, ses relations diplomatiques et organise, en vain, un boycott du pétrole mexicain.

1940
Col de Brenner : Rencontre entre Mussolini et Hitler.

D'autres événements du 18 mars et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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