LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


14 mars


1484
Tours : Les états généraux réunis depuis le 15 janvier, exposent un programme politique complet subsides au pouvoir royal en échange de liberté civiles et commerciales, rétablissement de la Pragmatique Sanction, indépendance des États provinciaux. Pour la première fois, les actes officiels des états contiennent les termes « tiers état » et « états généraux ».

1590
Ivry : Pour rendre possible une éventuelle intervention des alliés anglais Henri de Navarre, qui est devenu Henri IV, doit absolument garder l’accès à la mer. Quelques semaines seulement après l’assassinat du roi Henri III, il occupe Dieppe. Le chef des armées de la Ligue, le duc de Mayenne, se voit contraint de se retirer. Henri IV s’avance alors à bride abattue jusqu’au faubourg de Paris, occupant l’abbaye Saint-Germain, avant d’être repoussé. Il s’assure alors de solides bases dans l’Ouest. Il s’empare sans coup férir d’Argentan, de Sées, de Falaise, de Honfleur et de Lisieux. Toute la Normandie est à lui, à l’exception de la ville de Rouen qui résiste et qu’il renonce à assiéger, craignant d’épuiser inutilement ses forces. Apprenant que le duc de Mayenne vient de quitter Paris pour reconquérir, avec l’aide de troupes espagnoles, les provinces de l’Ouest, Henri IV s’installe avec son armée à Evreux, une position stratégique d’où il peut interdire à ses adversaires l’accès de la vallée de l’Eure. Mayenne progresse rapidement et la rencontre a lieu près de la petite ville d’Ivry, le 14 mars. Bien que les armées d’Henri IV soient supérieures en nombres, ce sont les ligueurs qui, dans un premier temps, donnent le ton. Le roi, à la tête de sa puissante cavalerie, sauve la situation grâce à une manoeuvre hardie. « Mes amis, s’écrit-il, Dieu est pour nous, voici ses ennemis et les nôtres, voici votre roi. A Eux ! Si vos cornettes vous manquent, ralliez-vous à mon panache blanc, vous le trouverez au chemin de la victoire et de l’honneur. » Après une furieuse mêlée, les cavaliers du roi finissent par remporter la victoire.

1682
Haarlem :Né en 1628 à Haarlem, Jacob van Ruysdael s’installe en 1656 à Amsterdam, où il demeure jusqu’en 1681. Il est sans doute de santé fragile, puisqu’il rédige tôt son testament. La parution en 1604 du « livre de peinture » de Carel van Mander, qui consacrer un chapitre entier au paysage, a influencé toute une génération de paysagistes hollandais. Peintre et théoricien, Van Mander a été le premier à mettre en valeur la peinture hollandaise et allemande : il conseillait aux peintres de quitter la ville quand il faut beau afin d’observer l’éveil de la nature. Le célèbre « Moulin de Wijk » (1670) donne un parfait exemple de jeu quasi musical de la luminosité chez Ruysdael.

1754
Paris : Décès de Pierre-Claude Nivelle de La Chaussée. Il est né sans doute entre 1691 et 1692, d'une riche famille bourgeoise, il fait ses études au collèges des jésuites Louis-le-Grand, puis mène une existence dissipé. Mélomane et instrumentiste, il fréquente les salons et prend part à la vie de société en écrivant des parades, grossières et obscènes, dans le goût de l'époque. Ce n'est guère qu'en 1732 qu'il débute vraiment dans la littérature en écrivant un médiocre poème didactique, « Épîtres de Clio », justification de la poésie, qui a toutefois le mérite d'être une défense de la pureté de la langue française. Le succès remporté lui vaudra d'être reçu à l'Académie française (1736). Mais c'est au théâtre qu'il doit sa renommée. Auteur d'oeuvres de genres divers, La Chaussée est surtout celui qui va imposer un genre nouveau : la " comédie larmoyante ". Il écrit des pièces qui prétendent incliner à la vertu en attendrissant et mêlent  pathétique et sensiblerie. Avec des situations prises dans la vie familière, mais, où interviennent l'élément romanesque, ces pièces, de caractère " moderne ", sont plutôt des drames que des comédies qui annoncent déjà le drame bourgeois de Diderot. Ce théâtre " équivoque " remporta un vif succès et suscitera bien des imitations au XVIII ème siècle. Le plus grand succès de La Chaussée fut, en 1741, « Mélanide », et l'on désigna le nouveau genre par un curieux néologisme : " romanédie " (comédie romanesque).

1800
Rome : Le pape Pie VII succède à Pie VI, décédé en 1799.

1801
Angleterre : N’ayant pu obtenir de George III l’entrée des catholiques irlandais au Parlement, Pitt démissionne.

1823
Moulins : Naissance de Claude-Théodore de Banville. Parisien dès sa septième année, Banville montrera un profond dégoût pour le régime de Juillet cette " apothéose de l'épicerie ". Jusqu''en 1856, il mène une vie de bohème ; de graves alertes pulmonaires (1857-1861) précèdent une période heureuse, très productive. Puis, il se marie. De 1871 à sa mort (1891), devenu le guide des jeunes poètes, il tiendra chez lui un salon littéraire très fréquenté. L'oeuvre de Banville est toute entière animée par un amour passionné des vers. On a surtout retenu en lui le poète espiègle des « Odes funambules », recueil brillant où se reflète l'ambiance bouffonne d'un temps de son existence et dans lequel  la critique n'a vu, sans doute à tord, que jonglerie. Mais cette veine, à laquelle se rattachent les « Occidentales », l'écho des « Orientales » de Hugo, ne doit pas faire oublier ni ses premiers essais, « Les Cariatides » et « Les stalactites », oeuvres d'un statuaire du langage désireux de s'opposer aux facilités de l'éloquence romantiques, ni les recueils de sa maturité, « Améthyste », où l'art un peu figé des débuts s'éclaire de la douceur du sentiment, et « Les exilés », le chant le plus personnel et le plus profond du poète. Enfin, si l'on peut aujourd'hui juger que Banville, écrivain manqué a un peu force dans l'expression du mystère et de modération dans celle de la fantaisie, du moins doit-on retenir sur un grand nombre de poètes.

1871
Algérie : Le bachaga Mohammed Mokrani déclare la guerre au commandant Sétif, en Kabylie. En quelques jours, il conquiert la région et dispose de 100 000 hommes. La rébellion ne sera vaincue qu’en 1872.

1872
France : Toute propagande socialiste ayant en vue de changer la société est interdite.

1883
Londres : Atteint de pleurésie, Karl Marx est trouvé mort par son ami Engels. Ses obsèques ont lieu le 17, au cimetière de Highgate. Une vingtaine de personnes assiste au discours d’Engels, Liebknecht et Lafargue. Depuis 1873, Karl Marx avait rechuté plusieurs fois et avait dû suivre des cures successives. Ses proches ne sont pas épargnés : sa femme Jenny meurt le 2 décembre 1881, sa fille aînée, Jenny, le 11 janvier 1883. En outre, la famille est accablée par les soucis d’ordre financier. Après la parution du premier livre du « Capital » et de ses diverses traductions, Marx a rédigé des notes pour la suite qu’il laissera inachevée (les livres II et III seront rédigés par Engels ; le livre IV par Kautski). Ayant tiré les leçons de la Commune de Paris dans la « Guerre civile en France », il a dissous l’Internationale et participé de façon critique à la formation des partis socialistes. Son oeuvre majeure de critique philosophique, « L’idéologie allemande », basée sur un dépassement de la dialectique de Hegel et du matérialisme de Feuerbach, demeura longtemps inédite.

1900
Pays-Bas : Le botaniste Hugo de Vries redécouvre les lois de Mendel sur l’hérédité.

1905
Paris : Naissance de Raymond Aron. Issu d'une famille où la vie intellectuelle était à l'honneur, Aron, après d'excellentes études au lycée de Versailles et au lycée Condorcet, entre à l'École normale supérieur dans la promotion de 1924 et est le condisciple de Jean-Paul Sartre, avec qui il entretiendra des relations d'abord amicales, puis de plus en plus conflictuelles. Reçu premier à l'agrégation de philosophie, il est promis à une brillante carrière universitaire qui fera de lui plus tard un maître incontesté. Mais en attendant, il oriente sa réflexion initiale dans deux voies connexes, celle de la sociologie et celle de la philosophie de l'histoire, suivant les perspectives ouvertes par son attention particulière  à la philosophie allemande, de Hegel à Marx. C'est alors qu'il séjourne en Allemagne de 1930 à 1933, au moment de la montée de l'hitlérisme. Ces années allemandes semblent avoir joué un rôle décisif dans l'évolution de sa pensée : voici en effet que l'intellectuel-philosophe, attaché à la recherche théorique sur l'Histoire et son sens, se trouve directement au contact de l'Histoire immédiate dans sa réalité concrète et dans une de ses manifestations les plus dramatiques. Dès lors, sa vocation est clair à ses yeux : il n'aura de cesse d'éclaircir et élucidé la relation entre la philosophie et le réel, ce à quoi le préparait déjà sa formation de sociologue. Aussi sa réflexion va-t-elle désormais englober la totalité du champs historique, sous le signe d'un réalisme méthodologique auquel il restera indéfectiblement fidèle, de l'histoire proprement dite à la politique, et de la politique à l'économie : réflexion unifiée, dans sa diversité même, par la recherche des fondements d'un humanisme moderne des valeurs qui devra tout aussi bien servir de référence pour résoudre les problèmes de l'enseignement et de l'Université. Aussi l'intellectuel se trouve-t-il alors confronté au problème de l'engagement, et il se sent moralement obligé de ne point rester à l'écart d'une forme d'action qui puisse se concilier avec sa tâche de réflexion. Tenté d'abord par l'action politique direct, " sur le terrain ", Aron, en 1946, se rallie au général de Gaulle (qu'il avait déjà rejoint à Londres dès juin 1940 (lui sans abandonné sont corps d'armée en plein bataille)), et,  à partir de 1947, occupe un poste important, auprès d'André Malraux, à la direction du R.P.F. (é Rassemblement du Peuple Français"). Bientôt pourtant, il décide de donner sa préférence à la double forme d'action qui lui paraît mieux correspondre à sa propre vocation, l'action universitaire et l'action journalistique lui semble ne devoir être qu'un adjoint de l'universitaire (il omettra, délibérément, de demander la " carte de presse " à laquelle il a droit !) Collaborateur du " Figaro ", puis de  " L'Express ", ainsi que de revue telles que " Liberté de l'esprit " et " Preuves ", il est plus qu'un simple journaliste : un expert en matière sociologique et économique, un penseur politique dont l'influence se diffuse de plus en plus largement en France et hors de France ; la plupart de ses chroniques ou articles seront reliés en volumes. Il lui arrive, le plus souvent un peu malgré lui, de se retrouver mêlé à d'âpres controverses et il se révèle alors un polémiste redoutable. Dans le même temps, l'universitaire, professeur à la Sorbonne puis au Collège de France, le " mandarin ", comme il se qualifie lui-même, non sans ironie, dans ses « Mémoires », poursuit sa tâche de philosophie de l'histoire des sociétés industrielles et apparaît de plus en plus le continuateur de la lignée moderne des grands penseurs politiques. Or de quelques sujet qu'il s'agisse, quelque forme que revête l'expression de la pensée (de l'article de journal au " traité " universitaire, de l'actualité la plus immédiate à la synthèse globale d'un problème), l'intellectuel-philosophe, parce qu'il a aussi le soucis de l'efficacité, s'efforce avec succès de traduire sa pensée dans un langage susceptible de concilier hauteur de vues et simplicité d'expression : à cet égard, l'oeuvre de Aron peut-être considérée comme un modèle de communication intellectuelle et à cette technique de communication il doit sans doute l'étendue de son influence. Lorsque, peu avant sa mort , paraissent en 1983 ses « Mémoires », avec, pour sous titre « 50 ans de réflexion politique », il y livre au public, à travers sa propre histoire mêlée à celle de son temps, son testament intellectuelle et politique, l'ultime bilan de réflexion sur l'histoire contemporaine et sur ses principaux acteurs. Il entre ainsi de plain-pied dans la galerie des grands mémorialistes français.

1909
Paris : Naissance de Pieyre de Mandiargues. issu du surréalisme, il a retenu principalement l'héritage onirique et érotique, ainsi que l'obsession des atmosphères étranges, inquiétantes, voire perverse. Dans ses oeuvres de forme proprement poétique, il soumet le langage à des opérations qui visent à produire une transfiguration lyrique des apparences sensibles : ainsi naît une sorte de baroque moderne élaboré à partir de luxuriance, spontanée et contrôlée, des images inconscientes ( « L'Âge de craie », « Ruisseau des solitudes »). Mais la majeure partie de son oeuvre, auprès d'essais qui en explicitent les motivations ou révèlent d'une autopsychanalyse (« Le Désordre de la mémoire »), est faite de récits où les lieux et les temps, choisis avec le plus grand soin, incarnent, leur étrangeté propre, les thèmes symbolique et oniriques, dont irruption calculée dans le réel produit un fantastique singulier ; car il s'agit là toujours d'un art qui, s'il se nourrit de pulsions et d'obsessions inconscientes, parfois à la limite de l'inavouable, n'en est pas moins rigoureusement l'application d'une esthétique concertée. À ce pouvoir de l'imagination se joint en effet la force d'incantation d'un style à la fois limpide, somptueux et énigmatique, paradoxe calculé en vue d'une fascination qui n'est jamais si efficace que dans les descriptions, tantôt grandioses, tantôt subtiles, tantôt insinuantes, tantôt violentes, tantôt funèbres (« Le Deuil des roses »), aussi bien dans l'érotisme que dans la terreur. Cette oeuvre est d'autres par dominée par la féminité, élaborée en un mythe multiple, dont la symbolique inspire les récits de « Musée noir », en particulier « Le Sang de l'agneau », et du  « Soleil des loups » (« La Vision capitale »),. Lorsque Pieyre de Mandiargues aborde le roman, x'est pour épanouir l'extension de cette présence inquiétante de la Femme et de la libération correspondante des puissances du rêves et de la mémoire (« La Motocycliste »). l'auteur propose des héroïnes hantées par des goûts quelque peu pervers, un amour quasi délirant de leur propre corps et de leur énergie vitale, un double désir inassouvi et insatiable de sauvage dépendance et d'asservissement volontaire et illusoire à l'homme qui aura su leur donner l'illusion de les dominer, cela le plus souvent dans un décor étrange et exotique, plein de sourdes menaces maléfiques : telle est, par exemple, la Vannia du « Lys de mer ». Il arrive aussi parfois, comme dans « La Marge » (prix Goncourt 1967), que ce décor (ici celui du quartier gothique de Barcelone) en vienne à constituer une véritable figuration de son destin.

1912
Rome : Un ouvrier anarchiste blesse grièvement de deux coups de feu le roi Victor-Emmanuel III.

1923
Ruhr : Deux soldats des troupes d’occupation françaises sont assassinés.

1932
États-Unis : Mort du fondateur de Kodak, George Eastman, né en 1854.

1937
Vatican : L’encyclique « Dans ma poignante inquiétude », publié par Pie XI, dénote le souci qu’éveillent à Rome les procédés employés par le régime hitlérien à l’encoure des catholiques allemands ainsi que les violations répétées du Concordat. L’idéologie nazie, assimilée à une idolâtrie, est condamnée. La Gestapo fait respecter dans le Reich l’interdiction de diffusion de l’encyclique

1970
Paris : Décès d'Arthur Adamov. Homme de lettres. Voir le 23/8/1908, jour de sa naissance, pour le découvrir.

D'autres événements du 14 mars et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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