D'autres événements du 13 mars et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)222
Rome : Meurtre ce jour, d’Elagabal. Son cousin Sévère Alexandre lui succède. En pleine nuit, les soldats forcent les portes du palais et égorgent le préfet du prétoire Ulpien sous les yeux du jeune empereur Sévère Alexandre. Celui-ci, né en 208, adopté par son cousin Elagabal, était monté sur le trône après l’assassinat de son cousin par les prétoriens. Cet adolescent fagot n’est qu’un jouet entre les mains de son entourage. Sa mère le couve tout en lui inspirant une politique tolérante envers les chrétiens. Assesseurs du préfet du Prétoire Papinien sous Septime Sévère, Ulpien et Paul sont les plus grands juristes du temps. Né à Tyr en Phénicie, Ulpien accède à la préfecture du prétoire pour quelques mois. Ancien lieutenant de Septime Sévère Marius Maximus figure sans doute parmi les seize sénateurs du conseil de régence. Ces hauts dignitaires civils s’attirent la haine des militaires, dont les séditions répétées vont perturber tout le règne.1516
Espagne (du 13 mars au 14 mai) : A la mort de Ferdinand II d’Aragon, son petit-fils Charles de Habsbourg devient roi d’Espagne sous le nom de Charles Ier. Son père, Philippe le Beau, archiduc d’Autriche et régent de Bourgogne, était le fils de l’empereur Maximilien de Habsbourg. En 1495, Philippe épouse Jeanne la Folle, fille d’Isabelle de Castille et de Ferdinand d’Aragon. Isabelle meurt en 1504, laissant Jeanne seule héritière du royaume de Castille. Jeanne étant dans l’incapacité de régner, Ferdinand et son gendre se disputent alors la régence de la Castille. La mort soudaine de Philippe, en 1506, permet à Ferdinand de réunir la régence de la Castille et la couronne d’Aragon. Quand celui-ci disparaît à son tour, il laisse les deux couronnes au fils de Philippe Charles de Habsbourg, qui devient de ce fait le premier roi d’Espagne, l’union des deux royaumes n’étant encore sous le règne de Ferdinand et d’Isabelle qu’une union personnelle. Le nouveau roi est né à Gand en 1500 et a grandi à Bruxelles.
1569
Jarnac : Condé est tué à Jarnac, au passage de la Charente, par le capitaine des gardes de l’armée du duc d’Anjou, Montesquiou. Ainsi disparaît celui qui s’était posé en protecteur des protestants français. Né en 1530, Louis Ier de Bourbon, prince de Condé, était l’adversaire des Guises qu’il tenait pour des usurpateurs et qu’il ne cessa de combattre. Instigateur du « tumulte d’Ambroise », il a, à deux reprises, pris les armes pour soutenir la cause réformée. La bête noire des défenseurs de l’orthodoxie venait de les reprendre une nouvelle fois lorsqu’il est tué à la bataille de Jarnac.1573
Belasbat : Décès de Michel de L'Hospital. Né à Aigueperse en 1505, il suit des études de droit à Toulouse et à Padoue. Il devint avocat au barreau de Paris, puis conseiller au parlement (1537), surintendant des Finances (1554) et chancelier de France (1560-1567). Il se retire ensuite près d'Étampes, où il passe ses dernières années dans le regret de n'avoir pu « désarmer la haine de ceux que la vieillesse ennuyait ». Magistrat d'une haute probité et catholique fervent, il est avant tout un apôtre de la tolérance et s'oppose avec fermeté à la politique de fanatisme religieux qui déchire la France. Grand écrivain politique, au style sobre et vigoureux, il fut aussi une intelligence ouverte à la culture humaniste : protecteur d'Amyot, il écrivit des « Poésies latines »où se révèle un maître dans le maniement du latin.1771
Paris : Décès de Nicolas Boileau-Despréaux. Homme de lettres, voir le 1/11/1636, jour de sa naissance pour mieux le redécouvrir.1777
Nouvelle-Angleterre : Le Congrès donne l’ordre à ses émissaires en Europe de faire appel à des officiers étrangers de rang supérieur pour renforcer l’armée américaine.
1815
Vienne : Le Congrès met Napoléon au ban de l’Europe.
1831
France : Considéré comme trop libéral par le roi, Lafitte est remplacé à la tête du gouvernement par Casimir-Perier.
1848
Vienne : Dès ce jour, des étudiants et des bourgeois se rassemblent devant le bâtiment de la Diète pour exiger une Constitution libérale et le renvoi de Metternich. La troupe tire, ce qui a pour effet de donner plus d’ampleur au mouvement : les faubourgs se soulèvent ; Metternich doit quitter Vienne dans une voiture de blanchisseuse pour échapper à la vindicte populaire et, le 15 avril, le gouvernement doit promettre une Constitution. Quand le texte de celle-ci est publié, les Viennois la trouvent trop timoré et de nouvelles émeutes éclatent. Le pouvoir doit se résoudre à annoncer la convocation d’un parlement élu au suffrage universel et doté de pouvoirs constituants.
1867
Alaska : Les États-Unis achètent l’Alaska à la Russie pour la somme de 7 200 000 dollars.1869
Paris : Naissance de Gaston Arman de Caillavet. Il écrit, en étroite collaboration avec R. de Flers, un très grand nombre de comédies spirituelles, sans profondeur - et n'y prétendant d'ailleurs point -, satiriques et légères. Après la mort de Caillavet, de Flers travaillera avec F. de Croisset1884
Paris : Le philosophe afghan Djamàl al-Din al-Alghani publie en compagnie de Muhammad Abdu le premier numéro de l’hebdomadaire al-Urwa al-Wuthka (le lien indissoluble), revue arabe destinée à contrecarrer la politique britannique en Orient, en développant une pensée plus panarabe que panislamique.1888
Paris : Naissance de Paul Morand. Ancien élève de l'École des sciences politiques, il fit une carrière de diplomate. Après avoir débuté par des poèmes proches de l'esthétique fantaisie (« Lampes à arc », « Feuilles de température »), il se tourne vers la prose ; les nouvelles londonienne de « Tendres Stocks », préfacées par Marcel Proust, précédèrent les deux grands succès « Ouvert la nuit » et « Fermé la nuit », immédiatement suivit, en 1924, de ce qui est peut-être le chef-d'oeuvre du Morand de cette époque, voyageur aux impressions précises et originales (« Venise » 1971), Morand a beaucoup produit dans un genre voisin à la fois de la chronique et de la nouvelle, et son style fait de lui un maître du rythme narratif, le porte-parole des étourdissements des " années folles " de la première après- guerre ; ce qui explique qu'il ait connu un renouveau d'influence au cours de la seconde après-guerre, en particulier auprès d'écrivains comme Nimier, Déon ou Blondin, voire de cinéaste tel Daniel Schmid qui, en 1982, réalisa « Hécate, maîtresse de la nuit » à partir de l'adaptation par Pascal Jardin d' « Hécate et ses chiens ». Il fut académiciens français en 1968.1891
Paris : Décès de Claude-Théodore de Banville. Homme de lettres. Voir le 14/3/1823, jour de sa naissance, pour mieux le connaître.1897
Charleroi : Naissance de Marcel Thiry. Poète belge d'expression française. La guerre de 1914-1980 fut pour lui l'occasion d'un tour du monde qui a profondément marqué son atmosphère intérieure (engagé sur le front de l'Est, il se retrouve en 1918 à Vladivostok, d'où il rentre chez lui par les États-Unis). Avocat de métier, il est en contact avec les affaires du négoce, et il trouve là aussi quelques-unes de ses inspirations les plus originales : « Machines à calculer qui moud les lents bilans ... ». Très classique de forme, la poésie de Thiry se déroule, selon une ordonnance rigoureuse et savante, comme un montage apparemment capricieux d'images et d'impressions. Il devint académicien royal de la langue et littérature française en 1939.1916
Paris : Naissance de Pierre Fournier, dit Pierre Gascar. Profondément marqué par son expérience concentrationnaire pendant le Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle, à la suite de deux évasions manquées, il fut envoyé au camp disciplinaire de Rawa-Ruska, en Ukraine, Gascar est, dans un âge de " crise " des valeurs, un romancier de la " recherche " des valeurs : après « Les bêtes » (prix des Critiques 1953), « Le Temps des morts » (prix Goncourt 1953) est la chronique angoissée de son expérience de Rawa-Ruska. De cette angoisse initiale se dégage progressivement l'expression d'une sensibilité fraternelle qui, sans cesser d'être lucide, met en relief le jeu des chances et des risque de l'homme, lorsque, par exemple, comme dans « Les charmes », il est engagé dans ce drame cependant ouvert sur l'avenir qu'est le passage de l'enfance à l'adolescence. OEuvre forte, enracinée dans une expérience que l'ont authentique, et dont la langue et le style évoluent dans le sens d'une rigueur et d'un dépouillement qui en intensifient le caractère à la fois incisif et tendre.1945
Neuilly-sur-Seine : Naissance de Didier Decoin. Journaliste, romancier, homme de radio et de cinéma, Decoin est le fils d'Henri Decoin, cinéaste aux innombrables succès. C'est comme journaliste à « France Soir » et au « Figaro »que Decoin a commencé sa carrière. Il a vingt ans lorsqu'il publie « Le Procès de l'amour » son premier roman. Tout en poursuivant son oeuvre d'écrivain, il réalise par la suite un certain nombre de films (scénarios, dialogues ou mises en scènes), anime des émissions radiophoniques et monte deux pièces de théâtre dont l'une, « Laurence » est tirée de son roman. Lorsqu'il glisse de la caméra à la plume, Ducoin garde la même efficacité cinématographique. dans son habilité à enchaîner des scènes saisies dans le présent de l'image et l'événement, dans sa vision volontiers simultanéiste des faits, dans son emploi volontiers constant de registres contradictoires, il se rapproche parfois de Dos Passos dont il partage la fascination pour l'Amérique. Qu'il s'agisse de « Laurence », situé dans une ville du Sud américain, d' « Abraham de Brooklyn » ou de « John l'Enfer » qui lui valut le Goncourt en 1977, l'odyssée de ses personnages se conjugue toujours avec l'observation pointilliste des villes américaines perçues à la fois comme mythes et comme réalités. Des héros déchirés, à la recherche d'une inaccessible pureté, souvent au carrefour de la vie et de la mort, peuplent ses romans. Les personnages féminins, au seuil de l'âge adulte, opposent leur fragilité au monde cruel des hommes. Leur mort, loin d'être une tragédie, permet les retrouvailles : avec le père dans « L'Esprit de la mer », avec l'homme aimé dans « Laurence », enfin avec Dieu dans « Élisabeth ou Dieu seul le sait » Decoin est en effet un écrivain catholique préoccupé par le rôle du chrétien dans la société actuelle. Fustigeant l'engagement politique, il prône la solidarité humaine et la fidélité à Dieu. C'est dans cet esprit qu'il part en croisade dans « Béatrice en enfer », contre l'erreur judiciaire et le sacrifice d'une innocente.
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