LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


28 février


1525
Ex-empire Aztèque : Cuauhtémoc (l’aigle qui tombe) est assassiné par les Espagnols. C’est le dernier empereur aztèque. (voir l’article de Cam)

1533
Château de Montaigne : Naissance de Michel Eyquem de Montaigne. Fils de Pierre Eyquem, riche négociant de Bordeaux et d'Antoinette Louppes d'ascendance portugaise (Louppes est la francisation du portugais Lopes), Montaigne reçut une éducation " moderne ", importé d'Italie, " exempte de subjection ", " sous fouet ni larmes ". Il était réveillé au son de l'épinette et eut pour langue maternelle le latin : il apprit le français comme une langue étrangère. Il " latinisa " tant et si bien que, lorsque, à l'âge de six ans, il entra au collège de Guyenne à Bordeaux, il n'eut aucune peine à assimiler brillamment l'enseignement des humanistes et passa même pour un prodigue. Il eut pour maîtres Buchaman, Muret et Guérente, suivit des cours de philosophie, puis en 546, alla étudier le droit à Toulouse. En 1554, Montaigne est nommé conseiller à la cour des aides du parlement de Bordeaux. C'est là qu'il fait la connaissance de La Boétie, avec qui il noue un amitié d'une qualité exceptionnelle, qui, selon Montaigne, lui-même " arrive une fois en trois siècles ". À la mort de son ami (1583), Montaigne fera tout pour prolonger sa mémoire en publiant ses poésies latines et française. Chargé de mission par le parlement de Bordeaux, il voyage (1559-1562). En 1565, il épouse Françoise de Chassaigne, qui lui apporte une dot assez importante pour qu'il soit désormais débarrassé de tout soucis matériel. Peu à peu, affecté un fois de plus par un deuil, la mort de son père (1568), Montaigne commence à se désintéresser de la vie publique et s'adonne à des travaux d'érudits : il traduit la « Théologie naturelle » de Raymond de Sebonde, lit « La Vie des hommes illustres » de Plutarque. En 1571, sa décision est prise : Montaigne se retire dans sa " librairie " (sa bibliothèque) pour  passer ses jours " en repos et sûreté ", " las depuis déjà longtemps de sa servitude du parlement et des charges publiques ". C'est à ce moment qu'il commence la rédaction des « Essais ». Pourtant, Montaigne ne peut aussi aisément qu'il l'a cru se soustraire à la vie publique, Charles IX fait appel à lui, le nomme gentilhomme ordinaire de la Chambre, et en 1572, Montaigne se trouve dans l'obligation de rejoindre le duc de Montpensier, général des armée catholiques, il devient messager auprès du parlement ( de 1572 à 1574). Il écrit pendant ce temps l' « Apologie de Raymond de Sebonde ». De retour à Montaigne, il se remet à la rédaction de ses « Essais ». Sa santé s'altérant (il souffre de la maladie de pierre), il est contraint de restreindre ses activités ; ce qui ne l'empêche pas de voyage (Allemagne, Suisse, Italie), sous le prétexte de se rétablir ; à ses voyages nous devons un « Journal », précieux pour la connaissance de sa personnalité profonde (écrit en partie de sa main, en partie par un sécrétaire). Bien qu'il se dise casanier, Montaigne ne résiste pas à l'envie de s'arrêter où bon lui semble, là où sa curiosité le pousse, séjournant, par exemple, six mois à Rome. Il ne revient à Bordeaux qu'à l'annonce de sa nomination comme maire de la ville (fin 1581). Jusqu'à la fin de sa vie, il continuera de partager son temps entre sa vie publique et sa " librairie ", travaillant aux « Essais », lisant beaucoup ( Hérodote, Tite-Live, Tacite, saint-Augustin), poursuivant jusqu'à sa mort (1592) une recherche continue.

1780
Europe : À l’instigation de Catherine II, les neutres sont appelés à se liguer contre l’Angleterre pour imposer une neutralité armée. A cette ligue adhèreront le Danemark (9 juillet), la Suède (1er août) ; en 1781, les Provinces-Unies, la Prusse (8 mai), l’Autriche (13 octobre), en 1782, le Portugal (13 juillet) et en 1783, Naples (10 février).

1791
Paris : Après la découverte de la fuite des soeurs du roi l’émotion est forte. Après les femmes, c’est le tour des ouvriers et artisans du faubourg Saint-Antoine de manifester leur indignation. Ils s’attaquent au donjon de Vincennes. Pendant ce temps, quatre cent nobles tentent de prendre les Tuileries. C’est le complot des « Chevaliers du poignard. »

1823
Tréguiér : Naissance de Joseph Ernest Renan. Orphelin de père à cinq ans, il fit ses études aux séminaires d'Issy et de Saint-Sulpice, mais, sous l'influence de sa soeur Henriette et de la pensée allemande, il renonça au sacerdoce après avoir reçu les ordres mineurs (1845) : éloigné de la foi catholique, il resta passionné par les problème de l'exégèse et consacra une large partie de sa vie à écrire une histoire critique du christianisme. Agrégé de philosophie en 1848, il apprend l'hébreu et, en 1862, est désigné pour enseigner cette langue au Collège de France. Son interprétation du personnage de Jésus, qu'il considère seulement comme un " homme incomparable ", fait supprimer son cours dès la première séance ; il retrouvera sa chaire en 1871 et finira sa vie comme administrateur du Collège (1883-1892). Pour la rédaction de son oeuvre, il voyagera en Asie Mineure en 1861 (la mort de sa soeur au cours de l'expédition le frappa cruellement), puis, en 1864, terminera son périple par la visite d'Athènes. Rallié à la IIIème République en 1877, il fit jusqu'à sa mort figure de gloire officiel du régime. On connaît l'admirable « Prière sur l'Acropole » (écrite en 1864), contenue dans les « Souvenirs d'enfance et de jeunesse » et « L'avenir de la science », essai daté de 1849 mais publié seulement en 1890 : ces deux ouvrages réunissent les qualités principales dde ce penseur dont l'influence, conjuguée avec celle de Taine, marqua la fin du siècle : beauté lyrique du style, sérieux critique du propos, affirmation du principe " scientiste ". L'oeuvre de Renan représente l'aboutissement et la systématisation de la pensée positiviste. La part la moins caduque en est sans aucun doute la part autobiographique. Il fut reçu à l'Académie française en 1878.

1848
France : Un décret institue les ateliers nationaux, destinés à résorber le chômage en réalisant des grands travaux. Les ouvriers, dont le droit au travail à été reconnu le 25 février, s’inscrivent par milliers au bureau d’embauche : fin juin, ils sont près de 100 000.

1869
Paris : Décès d'Alphonse Maris Louis de Lamartine. Homme de lettres, voir le 21/10/1790, pour mieux l'apprécier.

1878
États-Unis : Le « Bland Allison Act » oblige le gouvernement à frapper mensuellement des pièces d’argent pour un montant de deux millions de dollars et sur la base du rapport légal. Justifiée par l’encombrement occasionné par les « greenblacks » (billets inconvertibles), depuis la guerre de Sécession, cette loi a vu s’affronter inflationnistes et déflationnistes, « argentistes » et « monométallistes. »

1895
Aubagne : Naissance de Marcel Pagnol. D'abord surveillant de lycée, puis professeur d'anglais, il publie, dès 1922, un drame en vers, « Catulle » , et il fonde la revue " Fantasio " (qui deviendra plus tard " Les Cahiers du Sud ". Il rencontre Paul Nivoix, qui l'introduit dans les milieux de théâtre et avec lui écrit « Tonton » et  « Marchands de gloire », où la part de Pagnol est peut-être la plus importante et dont le succès l'incite à voler de ses propres ailes. Il débute ainsi avec « Jazz » qui fut remarqué par la critique, mais c'est en 1928, avec « Topaze », que Pagnol connaît un des plus brillant succès de toute l'histoire du Boulevard (33 mois de représentations). Pagnol commence alors sa trilogie marseillaise : « Marius », « Fanny », « César », que le cinéma contribuera largement à populariser. Loin de se contenter de la vulgarisation cinématographique, Pagnol va désormais consacrer l'essentiel de son activité à ce mode d'expression : le puristes du cinéma feront alors fine bouche, mais il est de fait que Pagnol a délibérément voulu réaliser une synthèse du théâtre et du cinéma, et que, hybride, il est le maître du " théâtre filmé ". Il commence par s'inspirer de Giono, son compatriote provençal (« Angèle », « Regain », « La femme du boulanger »), puis il fait oeuvre originale en exploitant avec talent les richesses de cette même poésie provençale qui avait inspiré sa première trilogie : ainsi vont paraître sur les écran, avec un succès qui ne se dément pas, « La Fille du puisatier », « La Belle Meunière », « Manon des sources », probablement le plus réussi, « Les Lettres de mon moulin ». L'oeuvre de Pagnol, qu'il s'agisse de théâtre ou de cinéma, est marquée, jusque dans l'émotion, la satire ou même le drame, par une gentillesse qui est la caractéristique originale du ton de Pagnol. En même temps, elle bénéficie d'un métier dramatique assuré et d'un sens particulièrement efficace du langage de théâtre, dont l'effet est encore renforcé par l'art consommé avec lequel Pagnol a su utiliser et transformer en un véritable mythe les expressions les plus diverses du caractère méridional. On ne saurait enfin oublier les ouvrages émouvants et poétiques où Pagnol a rassemblé ses souvenirs d'enfance : « La Gloire de mon père », « Le Château de ma mère », « Le Temps des secrets », « Le temps des amours ». Pagnol devint Académicien français en 1946.

1897
Madagascar : Le gouvernement de Gallieni abolit la fonction royale.

1922
Égypte : Par un pacte unilatéral, les Britanniques proclament la fin du protectorat institué en 1914. Le 15 mars le sultan Fouad 1er se proclame roi : l’Égypte devient un royaume indépendant. Toutefois, la rivalité opposant Fouad au parti nationaliste, le Wafd, permet aux Britanniques de conserver leur position économique dans le pays, en particulier la maîtrise du canal de Suez.

1933
Allemagne : Bertolt Brecht et Henrich Mann partent en exil.

1939
Espagne : Contre la promesse de neutralité en cas de conflit, la Grande-Bretagne et la France reconnaissent, cette fois officiellement, le régime de Franco.

D'autres événements du 28 février et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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