LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


26 février


277
Perse : Le manichéisme, doctrine du persan Mani (né le 14 avril 216 en Babylone), se répand dès l’an 240 en Perse, où il apparaît comme une hérésie face au culte officiel, le mazdéisme ; il est proscrit sous les règnes de Shâpuhr Ier et de Narsès (241-272). Persécuté à Rome, il trouve un écho dans l’empire romain d’Orient, où le culte de Mithra et le christianisme sont déjà pratiqués. Le manichéisme est régi par deux principes : la Lumière et les Ténèbres, le bien et le Mal, Dieu et la Matière. Les ténèbres et la Lumière étaient séparées aux commencements, mais les démons du royaume de la Lumière de dévorèrent. Depuis, la Lumière est prisonnière de la Matière. Celui qui accède à la connaissance par ascèse peut trouver le sujet et libérer la Lumière de sa gangue matérielle. Mani reproche aux religions fondées par Jésus, Bouddha et Zarathoustra d’avoir perdu le message originel de leurs fondateurs. Les Perses condamnent Mani à mort et ce jour, il est exécuté.

1154
Palerme : Roger II de Sicile meurt. Lui succède son fils cadet, Guillaume le Mauvais.

1658
Danemark : L’invasion de la Pologne par les armées de Charles X a entraîné la formation d’une coalition antisuédoise. Le 17 mai 1657, le Brandebourg, d’abord allié à la Suède, a rejoint le Danemark. Ouvrant les hostilités, le roi de Suède, se servant comme base de départ des territoires que les traités de Westphalie lui ont accordés sur les côtes allemandes, prend le Danemark à revers. Il traverse le Mecklembourg envahit le Holstein et, à la faveur d’un hiver exceptionnel, lance son armée à travers les glaces du Petit-Belt. Ayant réussi à occuper l’île de Fionie et ne reculant devant aucune témérité, Charles X entraîne alors ses troupes sur les glaces instables du Grand-Belt, qu’il parcourt sur plus de trente km, menaçant la ville de Copenhague. La capitale assiégée, Frédéric III signe la paix de Roskilde (26 février 1658) et cède à la Suède la Scanie, le Halland et le Blekinge. Une reprise des hostilités compromettra un instant la position de la Suède, mais le traité d’Oliwa (1660) viendra confirmer ses nouvelles acquisitions.

1793
Paris : Deuxième jour du pillage des épiceries.

1794
Paris (8 ventôse) : Premier décret, dit de ventôse, par lequel les biens de tous les suspects sont confisqués. (J’y reviendrai le 3 mars)

1802
Besançon : Naissance du comte Victor Marie Hugo. Né « d'un sang breton et lorrain à la fois », Hugo eut une enfance vagabonde (Corse, Italie, Espagne) due aux voyages de son père, le général, et à la mésentente croissante entre celui-ci et sa femme. Ce n'est qu'en 1812 qu'il revient définitivement à PAris, où il demeurera, sauf durant de nombreux mais courts voyages (Bretagne, Rhin, Pyrénées), jusqu'au départ pour l'exil. Après un bref séjour aux Feuillantines, il poursuit sans enthousiasme ses études à la pension Cordier, puis à Louis-le-Grand, enfin à la faculté de droit. Poète lauréat (Académie française 1817) ; jeux floraux de Toulouse 1819), il se consacre dès lors à la littérature et fait paraître avec ses frères le " Conservateur littéraire " (1819). En 1822, il épouse Adèle Foucher, qui lui donnera quatre enfants : Léopoldine (1824), Charles (1826), François (1828), Adèle (1830). La même année, il publie les « Odes », qu'il remanie plusieurs fois et qui deviennent en 1828 « Odes et Ballades ». Monarchiste et catholique à l'origine, il évolue vers le libéralisme ; il devient le chef de file du mouvement romantique après la parution de « Cromwell » (1827) et des « Orientales » (1828), l'interdiction de son drame « Marion Delorme » (1829) par la censure et surtout la bataille d' « Hermani » (1830). Mais son succès est gâché par ses déboires personnels : dissolution du Cénacle romantique, intrigue d'Adèle avec Sainte-Beuve. Hugo nous alors avec Juliette Drouet une liaison qui, tumultueuse au départ, durera cinquante ans (1833-1883). Son oeuvre prend de l'ampleur : roman (Notre-Dame de Paris), théâtre (« Ruy Blas ») et surtout poésie lyrique (« Les Feuilles d'automne » ; « Les Chants du crépuscule » ; « Les Voix intérieures » ; « Les rayons et les Ombres »). La mort brutale de sa fille Léopoldine (1843) le pousse à chercher un dérivatif dans l'action politique : il lutte en faveur de la Pologne, contre l'injustice sociale, contre la peine de mort. Nommé pair de France (1843), il se détache peu à peu d'un régime figé et, chantre de Napoléon, en vient à appuyer le prince Louis-Napoléon : ce n'est qu'en 1849 qu'il attaque celui-ci, au nom de la liberté. Impuissant en face du coup d'État, il s'enfuit à Bruxelles (1851), puis à Jersey (1853), enfin à Guernesey (1855), où il achète et de ses propres mains décore " Hauville-House". Sans renoncer à la lutte politique (« Les Châtiments »), il se consacre à son oeuvre ; il publie « Les Contemplations », « La légende des siècles » (première version 1859), « Les Misérables », « Les travailleurs de la mer ». Adèle, qui vit le plus souvent à Bruxelles, y meurt en 1868. Hugo rentre à Paris dès la proclamation de la République, le 4/9/1870, mais élu député de Paris, il démissionne au moment du vote sur la paix et se retire à Bruxelles durant la Commune. Nommé sénateur inamovible en 1876, il devient le porte-drapeau de la gauche humanitaire, qui lui fera, malgré ses dernières volontés des funérailles nationales. Il laisse une masses considérables d'oeuvres non publiées.

1806
Paris : Début de la construction par Chalgrin de l’arc de triomphe de l’Étoile commandé par Napoléon en l’honneur de la Grande Armée.

1813
Kalisz (Pologne) : Alexandre Ier et Knesebeck signent un traité qui garantit au premier la possession du grand-duché de Varsovie et au second l’obtention de la Saxe.

1814
Suisse : Les troupes du général Augereau repoussent les alliés passés par la Suisse et approche des portes de Genève.

1831
Turin : Décès du comte Joseph Maistre. Homme de lettres. Voir le 1/4/1753, jour de sa naissance pour le découvrir

1815
Île d’Elbe : Prisonnier sur l’île, Napoléon songe à rentrer en France. Ce jour, il s’embarque sur l’ « inconstant » (suite le 1er mars)

1834
Algérie : Le général Desmichel signe, sans l’avis du gouvernement français, un traité avec le chef berbère Abd el-Kader qui reconnaît à ce dernier le titre de commandeur des croyants et la souveraineté sur le beylik d’Oran, à l’exclusion des villes d’Oran, d’Arzew et de Mostaganem.

1849
Hongrie : Après avoir occupé Buda et Pest, Windichgrätz défait les Hongrois à Kapolna.

1861
Vienne : Une patente annule le diplôme du 20 octobre 1860, qui avait proposé aux nationalistes un programme fédéraliste et promis l’égalité devant la loi. Le Conseil d’Empire est dédoublé : à la Chambre des députés : à la Chambre des seigneurs vient s’ajouter une Chambre des députés élue par différentes diètes. Ce Conseil, qui tiendra des séances publiques aura droit d’initiative. Mais le système électoral assure la prépondérance germanique. Malgré des mesures de faveur, comme la nomination d’un chancelier aulique magyar et la restauration des Comitats, la Hongrie est la première à protester. Deak entraîne les mécontents ; il déclare que la patente conduira inévitablement à l’absorption de la nationalité magyare. Affaiblie par les résistances intérieures et les défaites au dehors, l’Autriche devra se résoudre à créer, en 1867, une monarchie austro-hongroise.

1871
Versailles : Signature des préliminaires de paix, qui seront suivit par la paix de Francfort le 10 mai.

1877
Paris : Avec la parution du septième volume des « Rougon-Macquart », Zola connaît enfin le triomphe et la célébrité. « L’Assommoir » choque par sa peinture crue du milieu ouvrier (« premier roman du peuple qui ait l’odeur du peuple ») et pour le réalisme de son style qui emprunte, pour la première fois dans un roman, de nombreux éléments à la langue populaire. Prenant pour thème la vie des ouvriers parisiens, le roman s’attache au malheur qui frappe l’ouvrier zingueur Coupeau, qui a épousé Gervaise Macquart, et dont la déchéance est le symbole de la misère qui frappe toute une classe. Sans emploi depuis qu’il est tombé du haut d’un toit, Coupeau se met à fréquenter l’ « Assommoir », un cabaret proche des abattoirs de Belleville où l’alambic est un monstre qui guette et frappe ses victimes.

1882
Péronne : Naissance de Pierre Dumarchey dit Mac Orlan. Victime très jeune de la misère, il a dut travailler comme ouvrier, seule sa ténacité lui permit de connaître l'avant-garde constituée par Picasso, Apollinaire, Max Jacob. Puis, à l'invitation de Cendras et de Larbaud, il devint l'uns des " bourlingueur " de la littérature française? Il fit de nombreux séjours dans les ports de la Manche et de la mer du Nord, dont l'atmosphère inspira son plus célèbre roman,  « Le Quai des Brumes », porté à l'écran par Marcel Carné en 1938. Son oeuvre, très abondante, est celle d'un authentique poète de l'imagination : qu'il s'agisse de poèmes proprement dits ou d'ouvrages narratifs, Mac Orlan dissocie le récits d'aventures du banal réalisme pour en faire un produit personnel, mélancolique et souvent insolite. Le ton bourru, le lyrisme sans ostentation, l'exotisme intimiste de Mac Orlan ont permis à plusieurs de ses poèmes de survivre heureusement dans la chanson populaire ; lui-même ne dédaigna pas de composer dans ce genre (« La fille de Londres »), et l'on peut aussi évoquer à son propos les chansons et même le personnage d'Édith Piaf. C'est que l'univers de Mac Orlan s'il est celui des ports et des bas-fonds, est vu d'un oeil d'artiste qu'enrichit la tendresse pudique du coeur. Poète de ce fantastique où l'insolite côtoie le familier et qu'il a nommé lui-même « fantastique social », Mac Orlan renouvelle ainsi aussi bien le roman d'aventures que le réalisme et les dépasse l'un et l'autres par son sens presque épique du merveilleux cachés derrière les apparences du sordide, ce qui apparaît déjà clairement dans le livre qui le " lança " en 1921, « La Cavalière Elsa » ; ce qui triomphe aussi bien dans « Le Quai des brumes » que dans « La Bandera » ou dans « Le Bal du Pont du Nord », ce qui expliquera que Mac Orlan ait été le principal inspirateur du « réalisme poétique » du cinéma de l'entre-deux-guerres. Il fut élu académicien français en 1950.

1885
Berlin : La question du Congo envenime depuis 1884 les relations entre la Belgique et la Grande-Bretagne. La possession de cette région d’Afrique détermine en effet l’avenir des politiques coloniales de tous les pays. Aussi le chancelier Bismarck convoque-t-il quatorze pays européens et les Etats-Unis à Berlin le 15 novembre 1884. Cette conférence aboutit au partage de l’Afrique entre différentes puissances, et plus particulièrement l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne : à la première est attribué l’Afrique du Sud-Ouest ; à la seconde tous les territoires au sud du Sahara, à l’exception des établissements côtiers déjà en possession des Européens ; la troisième obtient de constituer une voie royale du cap au Caire en remontant par le Bechuanaland, la Rhodésie et le Kenya. Le Portugal doit se contenter de ses anciens territoires d’Angola et du Mozambique. Le roi des Belges peut réaliser son rêve de colonisateur ; cependant les grandes puissances lui imposent la neutralité.

1896
Paris : Décès de Arsène Housset dit Houssaye. Hommes de lettres et administrateur de théâtre. Voir le 28/3/1815, jour de sa naissance pour mieux le connaître.

1902
Paris : La mise à jour du cadastre révèle que plus de 30 % des immeubles ne sont pas encore dotés du tout-à-l’égout.

1902
Paris : L’omnibus Hôtel de Ville-Porte Maillot, tiré par des chevaux, part à la remise, victime du métro.

1902
Paris : Naissance de Jean Bruller dit Vercors. Après a    voir obtenu un diplôme d'ingénieur, il se consacra au dessin et à la peinture (1925-1939). En 1942, il fonda dans la clandestinité, avec Pierre de Lescure, les éditions de Minuit. C'est là que fut publié  « Le Silence de la Mer »,  nouvelle à laquelle il doit sa célébrité et qui raconte le séjour d'un officier allemand dans une famille française durant l'Occupation : récit où le souci de traduire une atmosphère enveloppant des personnages que tout oppose mais entre lesquels naît un dialogue tendu et pathétique confère à un épisode d'actualité la transcendance du tragique ; « Le Silence de la mer » fut porté au cinéma par Jean-Pierre Melville en 1949. Après « La Marche à l'étoile » et « Les Armes de la nuit », autres récits inspirés par la guerre, Vercors s'est surtout interrogé sur les problèmes posés par les conséquences du conflit dans des récits à tendance philosophiques, selon une inspiration à laquelle il est resté depuis fidèle. De sa nouvelle « Les animaux dénaturés », il a tiré une comédie " judiciaire, zoologique et morale " intitulée « Zoo ou l'assassin philanthrope » jouée au T.N.P. en 1964, tentative dramatique intéressante mais qui n'a pas eu de suite.

1916
Verdun : Les Allemands prennent le fort de Douaumont.

1916
Londres : Mort du romancier américain Henry James (né en 1845).

1936
Tokyo : Depuis le début des années 30, un groupe d’officier extrémistes multiples les assassinats politiques : deux Premiers ministres sont tués. Et, le 26 février 1936, deux divisions armées investissent les bâtiments publics, et assassinent plusieurs autres ministres dont le président du Conseil Okada. L’empereur fait lancer un ballon auquel est attachée une pancarte ordonnant aux insurgés de renoncer, tandis que les haut-parleurs diffusent un message de l’empereur les sommant de se rendre, ce qu’ils feront trois jours plus tard.

1936
Allemagne : Hitler inaugure à Fallerslebe (Basse-Saxe) la première usine Volkswagen. « Les voitures du peuple » conçues par Ferdinand Porsche ne coûteront que 990 marks. On en construira plus de vingt millions.

D'autres événements du 26 février et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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