D'autres événements du 23 février et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)1615
Paris : La politique de la régence avait suscité de multiples mécontentements. Le rapprochement avec l’Espagne inquiétait les protestants ; les chefs du parti, réuni à Saumur sous la conduite de Duplessis-Mornay, réclamait des garanties. Les grands, écartés du Conseil de régence dont paraissaient jouir Concini, manifestaient leur impatience ; retirés dans leurs provinces, ils semblaient prêts à la sédition, Marie de Médicis, traitant avec Condé à Sainte-Menehould (15 mai 1614), promettait de convoquer des états généraux. Réunis en octobre, les états étalent aussitôt leur impuissance. Les divisions et les querelles entre les trois ordres paralysent l’assemblée. Le premier soucis du clergé et de la noblesse était l’abolition de la paulette. Le tiers, quand à lui, réclamait la suppression des pensions allouées aux nobles et aux courtisans, ainsi que la diminution de la taille. Les ordres eux-même étaient divisés. Les intérêts propres de la robe l’isolaient du reste du tiers. Le clergé était partagé entre gallicans et ultramontains. Cette confusion faisait le jeu de la régence. Elle se sentit assez assurée pour refuser toutes les demandes de l’assemblée allant jusqu’à interrompre les débats. Ce jour, les états généraux se séparent sans avoir obtenu d’elle la moindre concession.
1766
Lunéville : L’ancien roi de Pologne Stanislas Leszczynski, beau-père de Louis XV et duc de Lorraine depuis 1737 connaît, ce jour une fin tragique en son château de Lunéville : s’était assoupi trop près de la cheminée, sa robe de chambre s’est embrassée et il est mort brûlé vif. En exécution des traités, l’héritage doit passer à la France. A vrai dire, l’indépendance de la Lorraine était toute nominale. Le duc Charles IV ayant rallié le parti impérial lors de la guerre de Trente Ans, la France l’avait dépouillé de ses États. Son successeur Charles V, n’avait jamais pu prendre possession de ses biens toujours occupés par la France. Ce n’est qu’en 1697, après le traité de Ryswick, que le duché de Lorraine retrouve son indépendance. Mais le nouveau duc, Léopold 1er, choisit immédiatement de se placer sous la protection de son puissant voisin et l’influence française croissante prépare l’annexion. Le duché n’est plus qu’un enjeu dans les tractations diplomatiques qui suivent la guerre de Succession de Pologne. Offert à Stanislas en compensation d’un trône perdu, il appartenait de fait, déjà tout entier à la France.
1771
Paris : Après le lit de justice du 7 décembre 1770, au cours duquel ils avaient été contraints d’enregistrer de force un édit interdisant toute correspondance entre les parlements, les magistrats parisiens se mettent en grève et suspendent le cours de la justice. Sommés de reprendre leur service, ils refusent. Maupeou, garde des Sceaux, soutenu par le roi, exiles les parlementaires et confisque leurs charges. L’édit du 23 février 1771 amorcent une réforme radicale de la justice. La vénalité des charges est abolie, supprimant du même coup la noblesse de robe qui, devenue héréditaire avec le temps, se dressait comme un État dans l’État. La justice est désormais gratuite, la pratique des « épices » est interdite. Un nouveau parlement est créé à Paris dont les sièges sont pourvus par le roi ; il est composé de juges appointés et révocables. Cinq conseils supérieurs sont institués dans les villes principales du ressort de l’ancien parlement de Paris (Blois, Châlons, Clermont-Ferrand, Lyon et Poitiers) pour limiter les attributions des magistrats parisiens. Ceux des parlements de Paris sont également supprimés et remplacés par des conseils supérieurs. La cour des Aides de Paris est dissoute, ainsi que le Grand Conseil et toutes les autres cours souveraines de Paris et de Province. Maupeou, l’initiateur de ces réformes, qui appartient lui-même à la noblesse de robe, a été nommé garde des Sceaux dans le dernier ministère Choiseul. Depuis la chute et la disgrâce de Choiseul, à laquelle il a contribué, il est l’un des ministres les plus influents du cabinet, formant avec l’abbé Therray, contrôleur général des Finances, et le duc d’Aiguillon, secrétaire d’État aux Affaires étrangères, un triumvirat qui domine la politique française.
1792
Londres : Premier président de la Royal Academy britannique en 1768 jusqu’à sa mort (aujourd’hui), Sir Joshua Reynolds a été le plus brillant portraitiste de la société de son temps. Toutefois, il aspire aussi à codifier la pratique et les principes picturaux. Il veut faire une peinture académique, c’est-à-dire savante, qu’il définit dans les quinze « Discours » prononcés devant ses étudiants. Promoteur de la « peinture d’histoire », sans pourtant la pratiquer beaucoup, il conçoit son travail comme le produit des savoirs des traditions italienne et flamande. Par-là, Reynolds, comme Lebrun en France, annoncent le remplacement de l’allégorie et du commentaire religieux par l’histoire, plus didactique. Jusqu’à sa cécité en 1789, il est resté pourtant le peintre de la représentation de la richesse individuelle. Du « Capitaine John Hamilton » en 1746 à « Lord Heathfield » en 1788, en passant par « l’Honorable Augustus Kempel » en 1754, le projet pictural évolue peu, mais la technique s’affirme, empruntant ici et là, renvoyant à tel ou tel ou cadrage devenu classique. Cet éclectisme n’en fait pas un marginal pour autant. Son inlassable activité permet de faire admettre la peinture comme art libéral en Angleterre, bénéficiant d’un statut professionnel.
1802
Tunis : Bonaparte signe avec le bey de Tunis un traité d’alliance centre les Anglais.
1854
Afrique australe : A la suite de l’annexion par les Anglais des territoires au nord du fleuve Orange, peuplés par les Africains et les Boers, Andries Pretorius (1789-1853) organise un soulèvement et repousse les Anglais. Ces derniers, par la convention de Bloemfontein, reconnaissent l’indépendance de l’État d’Orange.
1934
Belgique : Léopold III est couronné.
1937
Nankin : Fin du congrès du kuo-mintang, qui refuse l’éventualité d’une action commune avec Mao contre les Japonais.
1945
France : Arrivée de l’aide alimentaire américaine aux civils européens grâce aux « liberty-ships. »1955
Paris : Décès de Paul Claudel. Homme de lettres. Voir le 6/8/1868, jour de sa naissance, pour mieux le connaître..
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