D'autres événements du 21 février et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)1613
Russie : Le Zemski Sobor (états généraux) chargé d’élire le futur tsar se réunit à Moscou le 12 février 1613. Il décide d’écarter tous les postulants étrangers et, lors d’une séance solennelle à la cathédrale de l’Assomption au Kremlin, ce jour, élit un jeune homme de 16 ans, Michel Romanov, candidat qui a la préférence de l’Église comme des classes moyennes. Le nom des Romanov est très populaire en Russie : Michel Romanov est apparenté à l’ancienne dynastie par sa grand-tante, la tsarine Anastasia. Dès délégations de députés venues de tout la Russie confèrent à l’élection de Michel une valeur supplémentaire : on le fait venir de Kostroma, où il habite avec sa mère, il entre dans Moscou le 2 mai, où il est couronné, le 11, par le métropolite Cyrille. Puisque le jeune tsar est encore mineur, on décide en conséquence que le Zemski Sobor siègera en permanence jusqu’en 1622 (dans le passé, il était que très rarement convoqué). Le Zemski Sobor prend une part active dans le gouvernement. Mais en réalité le pouvoir passera en 1619 aux mains du père du tsar, Philarète, en tant que régent. Il est vrai que Michel Romanov n’a pas vraiment été préparé au métier de souverain : il a été élevé dans un monastère.
1673
Paris : Après le triomphe des « Femmes savantes », Molière, réconcilié avec Armande Béjart, est de nouveau père mais l’enfant meurt au bout de trois semaines. C’est à ce moment que les intrigues de Lully privent Molière de la faveur royale : « Le Malade imaginaire » (10 février 1673, au Palais-Royal) ne sera pas joué devant la cour. Pris d’une défaillance à la fin de la quatrième représentation, Molière meurt quelques heures après, Armande doit supplier Louis XIV pour obtenir une sépulture chrétienne d’ordinaire refusée aux acteurs : l’inhumation nocturne, a lieu le 21 février.
1746
Bruxelles : Les troupes françaises occupent la ville.
1793
Paris : Adoption du décret de « l’amalgame »
1794
Pologne : Le Conseil permanent décide de réduire les effectifs de l’armée et d’arrêter un réseau de conspirateurs patriotes.
1795
France (3 ventôse) : La liberté des cultes est reconnue.
1808
Europe : La Russie envahit la Finlande qui est alors sous domination suédoise.
1853
Europe : Fin des négociations entre les Russes et les Anglais sur le démantèlement de l’empire ottoman.
1885
Saint-Pétersbourg : Naissance d'Alexandre Pierre Georges (dit Sacha ) Guitry. Fils du célèbre acteur Lucien Guitry, il se brouille avec son père en 1902 et se fait dessinateur-portraitiste tout en commençant à écrire pour le théâtre, où il se révèle rapidement un brillant " faiseur " (« La Prise de Berg-op-Zoom », 1912). Acteur-né, il doit à sa personnalité essentiellement comédienne l'unité de son oeuvre et de sa vie. Son personnage a rempli la " chronique parisienne " comme les théâtres parisiens. Car Guitry, a su très tôt percevoir le pouvoir amplificateur du cinéma, et, lorsqu'il est devenu parlant, il les fait comme ses pièces, avec le même goût " boulevardier " de l'intrigue et du mot d'auteur. Au théâtre comme au cinéma, il connaîtra le succès que lui assurent son sens de la périphérie, la vivacité ironique et la spiritualité aussi étourdissante qu'égocentrique ce côté La Fontaine de Guitry qui explique que le côté fabuliste ait pu lui fournir le sujet de sa meilleure pièce (« Jean de la Fontaine »). Car cet amuseur aime mettre en scène les grands hommes ( Pasteur, Mozart, Talleyrand), et il a le goût des sujets historiques, sans se préoccuper beaucoup ni d'exactitude matérielle ni de véracité symbolique : c'est au cinéma qu'il confiera le soin, sur une grande échelle, cette " inspiration historique , avec, en particulier, « Si Versailles m'était conté ». Mais ce qui a fait le succès de Guitry, c'est aussi ce qui fait la faiblesse d'une oeuvre que leur brillant n'empêche pas d'être superficielles et qui risquent de vite sembler désuètes. Vers la fin d'une carrière théâtrale exceptionnelle et d'une carrière mondaine scandaleuse, Guitry est devenu membre de l'Académie Goncourt en 1939, eut à affronter les circonstances de la guerre et de l'Occupation, qui n'étaient guère favorables à son personnage. Il devra quitter l'académie Goncourt en 1948, après avoir été arrêté en 1944 sous l'inculpation de collaboration ; de cette expérience il tirera deux ouvrages, qui ne sont certes pas dépourvus d'intérêt : « Quatre Ans d'occupations » et « Soixante Jours de prison ».
1901
Suisse : Albert Einstein devient citoyen zurichois. Il sera fonctionnaire à l’Office confédérale des brevets.
1903
Le Havre : Naissance de Raymond Queneau. Après sa licence de philosophie, il entre en contact à Paris avec les milieux littéraires d'avant-garde, en particulier le groupe surréaliste : mais il rompra avec Breton dès 1929. Du surréalisme il conservera le goût de l'humour formel et des jeux de langage. Entré en 1936 aux éditions Gallimard, il en devient secrétaire général en 1941 et, à partir de 1956, assurera la direction de l' « Encyclopédie de la Pléiade ». Mais une place importante revient dans sa formation intellectuelle à la réflexion mathématique et aux différentes formes de la science " combinatoire ", qu'il appliquera aussi bien à la création littéraire qu'à l'étude des problèmes de langue et de style ; car il y a chez Queneau un créateur qui se préoccupe de renouveler radicalement, sur le modèle de Descartes (qu'il ne se fait pas faute d'invoquer), les principes formels de la création, et un grammairien pour qui il existe des lois de la langue mais qui sont de développement et non des lois de conservation. Ainsi s'expliquent l'existence et le non-conformisme des laboratoires qu'il fonde (Club des Savanturiers, avec J. Queval et Vian, en 1951) ou auxquels il participe (Collège de pataphysique). Le centre principal de cette entreprise d'expérimentation sera l' « Ouvroir de littérature potentielle » dit Ou.Li.Po, dont les activité sont en relation directe avec les propres oeuvres de Queneau. Cette relation constamment maintenue entre l'esprit de novation et la rigueur mathématique ou philosophique de ses expressions est l'une des sources de l'humour très particulier de Queneau (fort différent, en tout cas de l'humour surréaliste), mais il convient aussi bien de souligner que l'humour n'est ici qu'une sorte de supplément ou un simple symbole, il n'est jamais une fin. Il s'agit sans doute, pour l'essentiel, de jumeler le processus de rupture du langage et de la culture elle-même, qui débouche sur une sorte de néant existentiel, avec la rigueur d'une reconstruction qui débouche au contraire sur un " être littéraire " radicalement neuf et par là même à l'abri des menaces du néant. Pour cette opération indispensable une virtuosité technique où Queneau est passé maître, et qui crée d'ailleurs un risque de malentendu : cette virtuosité, en effet, est parfois si brillante qu'elle pourrait faire oublier la fin qui est sa raison d'être, à savoir la réforme systématique, selon des méthodes et des principes rigoureux, de la langue, le français, par laquelle seule peut se perpétuer l'existence de l'esprit à la foi par le conservatisme culturel et par la négation anarchique de ce conservatisme. Il est difficile de renfermer dans une formule le " programme " de Queneau, mais sans doute peut-on parler à son sujet de " réalisme linguistique ", avec toutes les conséquences logiques que ce réalisme implique. Il s'agit en effet de promouvoir une langue " réelle ", celle qui est effectivement employée, le problème de l'orthographe dans le sens d'une " phonétisation " intégrale du français. Mais la même préoccupation de " réalisme " s'étend à la création littéraire, à ses formes d'expressions, à ses conditions de communication, à son insertion dans la réalité sociale. Si par exemple, Queneau utilise volontiers comme décors de ses oeuvres, parfois même comme éléments constitutifs de ses " histoires ", les thèmes et décors de la tradition " populistes ", c'est pour bien marquer que son effort de reconstruction linguistique et littéraire ne relève en rien d'on ne sait quel aristocratisme intellectuel. Queneau sait que ces décors et ces thèmes recèlent une poésie qui s'accorde avec le néoréalisme du langage, comme le montrent des oeuvres telles que « Le Chiendent », où les problèmes philosophiques sont traduit en " beaucoup de photographies de langage populaire ", « Pierrot mon ami » ou « Le Dimanche de ma vie ». Le point d'aboutissement, le couronnement de cette entreprise sera en 1959 le livre qui a assuré la célébrité de Queneau, « Zazie dans le métro », histoire de cette provinciale aux provocantes incongruités, qui ne pourra parvenir à connaître le métro parisien, mais qui imposera, par sa seule présence, un langage porteur à lui seul de toute une philosophie de la vie : le livre est d'ailleurs comme une tentative pour jeter aussi un pont entre les recherches les plus élaborées des écrivains du XXème siècle, Joyce par exemple, et les forme les plus populaires de l'évolution du langage, telles que la bande dessinée : on trouve ainsi dans « Zazie ... » à la fois des techniques inspirées de l' « Ulysse » de Joyce et des souvenirs évidents des « Pieds nickelés. Mais Queneau pousse encore plus loin ses expériences lorsqu'il entreprend d'illustrer par des " exercices de style " - quatre-vingt-dix-neuf variantes du récit d'une même anecdotes - le thème dominant de toute son oeuvre, y compris purement poétique (cf en particulier : « Les Ziaux »et « Cent Mille Milliards de poèmes »), à savoir l'affirmation de la toute-puissance créatrice du langage, à condition qu'il soit à la fois libéré et organisé, l'organisation étant la conséquence de la libération ( « Bâtons », « Chiffres et Lettres », « Bords »). Témoins exceptionnellement lucide de la crise contemporaine et des risques " mort de l'homme ", Queneau a voulu en extraire une signification positive et en même temps proposer, par exemple, une définition vivante de l'écrivain futur, celui qui, à travers un jeu formel mais au-delà de ce jeu, grâce à la rigueur de ses combinaisons linguistiques, pourra tenter de redonner un sens aux " exercices " littéraires du langage humain.1905
Chine : Début le la bataille de Moukden, qui fera 92 00 tués chez les Russes, 50 000 chez les Japonais.
1914
Chine : Des bandes de pillards mettent à sac la ville de Lintchouan, assassinant plus de 1 000 personnes.
1916
France : Début de la bataille de Verdun.
1929
Paris : L’asile politique est refusé à Trotski, expulsé d’URSS en janvier. Refus allemand le 11 avril. Son permis de séjour en Turquie expire le 1 er mai.
1930
Paris : Démission de Camille Beauchamps.
1934
Managua : Assassinat du chef des guérilleros nicaraguayens, Cesar Sandino
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