D'autres événements du 18 février et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)1455
Rome : Mort de Fra Angelico : Vers 1440, le dominicain Fra Giovanni da Fiesole, dit Fra Angelico, est un peintre déjà célèbre lorsque Cosme de Médicis lui demande de décorer les bâtiments du monastère San Marco. En sept ans, l’artiste exécute une série de fresques empreintes d’un dépouillement propice au recueillement et à la méditation. L’art d’Angelico est encore marqué par la pensée scolastique : la lumière n’est pas une onde matérielle, mais une émanation des corps célestes : dans « L’annonciation », la lumière n’éclaire ni le modèle, elle traverse les corps qui semble immatériels. Alors que les paysages resplendissants de « La Déposition » chantaient la louange du Créateur, les montagnes arides des fresques de San Marco détournent du spectacle profane des beautés terrestres pour appeler à une contemplation plus spirituelle.
1546
Eisleben : Mort de Martin Luther (voir le 31 octobre 1517 et prochainement le17 avril 1521)
1564
Rome : Génie par la diversité des domaines dans lesquels il s’est illustré : peintre, sculpture, mais aussi architecture et poésie. Génie par son rôle historique : Michel-Ange a incarné l’esprit de la Renaissance avant de suggérer, vers 1530, le maniérisme et d’ouvrir la porte au baroque, vers 1540. Génie enfin par l’unité de son œuvre, où s’exprime à la fois une maturité angoissée et une spiritualité exigeante. C’est réellement une figure sublime qui disparaît, ce jour, à 89 ans. Formé dans l’atelier de Ghirlandajo, à Florence, le jeune Michel-Ange se tourne vite vers la sculpture. En 1505, appelé à Rome par Jules II, il peint le plafond de la Sixtine. Après un long séjour à Florence, il revient à Rome. En 1547, il devient architecte de Saint-Pierre…
1658
Saint-Pierre-l'Église (près de Barfleur) : Naissance de Charles Irénée Castel, abbé de Saint-Pierre. Célèbre pour son « Mémoire pour rendre la paix perpétuelle en Europe » (1712) et son « Projet de paix perpétuelle », il est l'initiateur de la conception fédéraliste de l'unité européenne. Écrivain politique qui réunit l'idéalisme utopique (à l'époque) et un certain réalisme juridique, il se fonde sur l'idéologie du progrès et, par là, est le principal précurseur du courant de pensée politique qui, à travers tout le XVIIIème siècle, aboutira à Condorcet.. Ce principe idéologique, Saint-Pierre l'applique aussi à d'autres sujets que celui de la paix européenne, et, par exemple, dans son « Discours sur la polysynodie »( 1718) - qui fait scandale - , il en fait le fondement de sa critique radicale de l'absolutisme. Il est devenu Académicien français en 1695..1813
Varsovie : Le tsar Alexandre 1er entre dans la ville. Tandis qu’une majeure partie de l’aristocratie a déjà commencé à négocier avec les Russes dès l’automne 1812, le prince Poniatowski commandant du 5 ème corps polonais dans la Grande Armée refuse de se joindre à l’armée russe et se retire vers l’ouest afin de rejoindre les Français ; il y parviendra en mai, lorsque les Autrichiens lui laisseront le droit de passer sur leur territoire.
1846
Galicie : Dans les régions polonaises soumises aux Autrichiens, les paysans s’arment et se soulèvent. La ville de Cracovie se libère pendant quatre jours, mais cède vite devant les troupes russes et autrichiennes. Le 6 novembre, elle sera annexée par l’Autriche.
1884
Soudan : Le général Gordon, chargé par le gouvernement britannique d’évacuer Khartoum, décide de s’y maintenir. L’année précédente, les troupes du mahdi ont défait l’armée égyptienne commandée par le général britannique Hicks Pacha, donnant l’occasion au mahdi d’occuper le Darfour et le Bahr el-Ghazal.
1896
Tinchebray (Orne) : Naissance de André Breton. Jeune administrateur de Mallarmé et de Valéry (dont il se détachera), Breton subit la guerre avec dégoût. Il lit « Alcools », rencontre Apolinaire en 1916, subit l'influence de J. Vaché, de Rimbaud, qui le fascine. Affecté en 1917 à divers centres neuropsychiatriques, il découvre les enseignements de Freud par la pratique thérapeutique, se lie d'amitié avec Aragon et avec Soupault. Ensemble, au sortir de la guerre, les trois poètes fondent la revue « Littérature » (mars 1919). Breton vient de découvrir Lautréamont, qu'il fait connaître ; il publie le premier texte surréaliste, « Les Champs magnétiques », en collaboration avec Soupault, après qu'ont paru (sous son seul nom) les poèmes de « Mont de piété »(octobre 1919). Il entretient un flirt prolongé avec le mouvement dada, puis, lorsque celui-ci s'éteint, en 1922, lance une seconde série de « Littérature » (1922-1924), marquée par une suite d'expériences à partir de récits de rêves et de jeux sur le langage. De cette époque datent les poèmes de « Clair de Terre » ainsi que de nombreux articles. En 1924, « Littérature » laisse la place à « La Révolution surréaliste », tandis que Breton, qui ressent le besoin de donner une théorie à la pratique surréaliste, publie le « Manifeste du surréalisme ». A partir de 1925, seul à la tête de sa revue, il entreprend une " reprise en main " de ses collaborateurs, notamment en congédiant Artaud, jugé par lui incendiaire, et en prenant des contacts avec le communisme ; Breton adhère au parti communiste en janvier 1927, en même temps qu'Aragon et Éluard. La même année, il rédige « Nadja » qui paraît en 1928. S'il s'affirme de plus en plus comme écrivain, ses difficultés comme chefs du groupe surréaliste ne s'apaisent pas : « Le Second manifeste du surréalisme »apparaît comme un règlement de comptes. Breton y souligne son espoir de parvenir à un accord avec le marxisme en changeant le titre de sa revue, qui devient « Le surréalisme au service de la révolution » (1930-1933). Cependant la rupture avec Aragon ne peut être évitée (janvier 1932) ; c'est la première faille importante. La parution des « Vases communicants » l' élargit : Breton est exclu du parti communiste (fin 1933). Les surréalistes qui lui restent fidèles s'exprimeront jusqu'en 1945 dans la revue « Le Minotaure ». face à la montée du péril fasciste, Breton tient à se définir sans ambiguïté (« Position politique du surréalisme ») ; les textes non politiques de cette période sont réunis dans « L'Amour fou ». Pendant le Seconde Guerre mondiale, Breton vit aux États-Unis (1941-1946), où il soutient comme speaker l'effort de guerre allié, et continue de dire son espérance en un surréalisme unificateur de l'humanité. (« La Clé des champs »). Ses trois oeuvres principales sont alors « Prolégomènes à un troisième manifeste du surréalisme ou non », « Ode à Charles Fourier » et « Arcane 17 ». Revenu en France, il tente de relancer l'activité du groupe surréaliste par de nombreuses expositions et par la création de la revue « Le Surréalisme même » (1956). Mais sa mort (1966) rend évidente une situation de décadence déjà ancienne.1908
Washington : Par un accord amiable signé en 1900, le Japon s’était engagé à limiter le nombre de ses ressortissants candidats à l’immigration. Pourtant la croissance de la population japonaise en Californie suscite des tensions. Une « association pour l’exclusion des Japonais et Coréens » s’est même formée. En 1906, la Direction des affaires scolaires de San Francisco prescrit la scolarisation des enfants chinois, japonais et coréens dans des écoles spéciales. Le président Roosevelt obtient, ce jour, que cette mesure soit reportée contre une réaffirmation par les Japonais d’une limitation de leur immigration.
1932
Moukden : Depuis septembre 1931, la SDN demande au Japon de retirer ses troupes de Mandchourie et envoie une commission d’enquête présider par Lord Lytton. Un cabinet extrémiste se constitue au Japon avec le général Araki, nationaliste virulent, comme ministre de la Guerre. Dès lors, la pénétration en Chine s’étend rapidement. Le 19 janvier 1932, cinq japonais sont attaqués à Shanghai par des Chinois ; l’un d’eux, un moine bouddhiste, est tué ; le 28 les Japonais prennent Shanghai. Le 5 février, ils occupent Kharbin, seconde ville de Manchourie, et créent le 18 février, l’État satellite du Mandchoukouo, à la tête duquel ils placent le prince Pu Yi, ancien empereur de Chine déposé en 1912 à l’âge de 6 ans. Après l’armistice (mars) les Japonais évacuent Shanghai le 5 mai, convaincus d’avoir consolidé leur mainmise sur le continent.1980
Paris : Décès de Jean Sulivan. D'origine paysanne, il entre au séminaire et est ordonné prêre. Prêtre solitaire et écrivain solitaire, il ne cesse de poursuivre son « Voyage intérieur » (titre de son premier roman) Il élargit son inspiration en portant son regard sur la Grèce antique (« L'Obsession de Delphes ») ou sur l'Inde (« Quelques temps de la vie en Inde »). Mais l'unité profonde de son oeuvre, qui révèle du roman-témoignage, tient dans cette profession de foi où se rejoigne dans une commune vocation, le prêtre et l'écrivain : « Je dis ma vérité et je pris pour qu'elle rejoigne la vérité. J'espère être prêtre en dedans ».
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