LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


13 février


1021
Le Caire : Le calife le plus controversé de l’Egypte fâtimide, al-Hakïm bi-Amr Allâh, disparaît ce jour au cours d’une promenade nocturne sur le mont Mukattam. On ne retrouve que ses vêtements lacérés de coups de poignard. Selon certains, il aurait été assassiné à l’investigation de sa sœur, Sitt al-Mulk, qui, craignant d’être mise à mort par son frère qui lui reprochait sa vie licencieuse, aurait pris les devants. Pour d’autres, al-Hakîm, connu pour ses extravagances mais aussi pour sa simplicité, son humilité, son ascétisme et sa générosité, se serait retiré dans la solitude. Les Druzes, quant à eux, ne croient pas à la mort, mais à « une absence mystérieuse » qui durera jusqu’au jour où il décidera de « réapparaître ». La personnalité d’al-Hakîm demeure difficile à saisir. Tandis que les uns mettent l’accent sur son fanatisme, son intolérance (démolition de l’église du Saint-Sulpice à Jérusalem) et les persécutions qu’il a fait subir aux chrétiens et aux juifs, d’autres soulignent qu’il a été le seul calife à permettre à tous ceux qui s’étaient convertis à l’islam de revenir à leur foi première et qu’en 1013 il a pris des mesures en faveur de la protection des églises de Jérusalem et de la restitution des biens confisqués. Al-Hakîm, de son vrai nom Abu Al-Mansûr, avait 11 ans lorsqu’il a accédé au trône, à la mort de son père al-Aziz (997). Son règne a été marqué par une très grande sollicitude envers les démunis, par la construction de nombreuses mosquées (dont celle qui porte son nom), de la fondation de l’Université et de la bibliothèque de « Dar al-Hikma » (la maison de la Sagesse.)

1542
Angleterre : Catherine Howard, la cinquième épouse du roi, est exécutée. Le 9 juillet 1540, Henri VIII avait divorcé de sa cinquième épouse, Anne de Clèves, après six mois de mariage.

1580
France : Après huit mois d’intrigues, Pommier, le chef unique de la révolte des « vilains », est assassiné à Romans. La noblesse reprend courage et se met en marche contre les paysans à Moirans. L’armée royale encercle l’armée paysanne. C’est un massacre. Fin avril, il n’y a aucun survivant. C’est en février 1579 que les compagnons de plusieurs corporations du gros bourg de Romans avaient renversé leurs chefs pour élire un commandement unique aux milices urbaines. Elles furent chargées de défendre la cause du peuple, écrasé d’impôts. Manoeuvres, artisans, compagnons purent accéder aux charges publiques. Les bourgeois les plus riches s’enfuirent à Lyon ou à Grenoble. Les paysans se rallièrent au mouvement et attaquèrent les châteaux. Au printemps 1579, Catherine de Médicis, traversant le Dauphiné, eut une entrevue avec Pommier, qui n’avait jamais attaqué directement la monarchie. Il demanda que les états généraux de Grenoble remettent de l’ordre dans les impôts. En réponse, elle exhorta les bourgeois à reprendre la maîtrise de la région. Incapables de venir à bout par la force de la commune de Romans, ces derniers décidèrent de faire assassiner Pommier.

1592
Bassano, Vénétie : Mort du peintre Jacopo da Ponte, dit Bassano. Il ne quitta son bourg natal pour Venise qu’entre 1534 et 1549. Il abandonna progressivement les formes et les couleurs du maniérisme pour s’orienter vers un réalisme où les effets de lumière sont prédominants. Une de ses originalités est d’avoir su transposer les scènes religieuses traditionnelles dans un contexte pastoral.

1674
Dijon : Naissance de Proper Jolyot, sieur de Crais-Billon dit Crébillon. D'une famille de robe de Dijon, il fait son droit à Paris, après ses premières études chez les jésuites de sa ville natale, puis entre chez un procureur passionné de théâtre, qui encourage chez lui une vocation naissante d'auteur dramatique et ses premières tentatives à la scènes. Dans sa première tragédie, « La Mort des enfants de Brutus » est un échec, mais les pièces suivantes vont établir sa réputation. Après « Idoménée », sujet que reprendra le librettiste Danchet pour un opéra de Campra, en 1712, dont s'inspirera ensuite Mozart. Crébillon donne  « Atrée et Thyeste » où s'affirme pleinement sa conception de la tragédie : « conduire les spectateurs à la pitié par la terreur, mais avec des mouvements et des traits qui ne blessent ni leur délicatesse ni leur bienséances ». I recherche le violent, le terrible, les scènes d'horreur tragiques, les situations paroxystiques et atroces, complexes et mélodramatiques. D'Alembert dira de lui qu'il « a montré la perversité humaine dans toute son atrocité ». L'utilisation habile de l'incognito entre les personnage lui permet d'atténuer les brutalités par trop choquantes. Grand lecteur des romans de La Calprenède, de Scudéry et de Segrais, Crébillon puisera chez eux le goût des situations romanesques extraordinaires. « Électre » puis « Rhadamiste et Zénobie » (d'après Servais) lui apporte la consécration définitive. Après ces oeuvre, le déclin s'est amorcé pour lui. Il devient académicien français en 1731.

1695
Nancy : Naissance de Françoise d'Issembourg et d'Happoncourt de Graffigny. Mariée, ou plutôt sacrifiée très jeune à un homme emporté, qui mis plusieurs fois sa vie en péril, elle dut vivre de sa plume. Ses « Lettres d'une Péruvienne » (1747) reprennent le procédé des « Lettres persanes » de Montesquieu. Elle y dénonce vigoureusement les injustices d'une société qui ne l'a guère épargnée. Mas la langue y est quelque peu alambiquée, les caractères manquent de cohérence, et maint défaut technique révèle l'inexpérience de l'auteur, qui ne se montre guère plus habile dans « Cénie », comédie sentimentale larmoyante (1751). On lit avec plus d'intérêt « La Vie privée de Voltaire »  , ensemble de souvenirs publiés en 1820 et relatant de façon très vivante et anecdotique l'existence quotidienne du philosophe à Citey en 1738.

1742
Angleterre : Walpole démissionne ; il est remplacé par Carteret.

1790
France : Les ordres monastiques et congrégations religieuses sont interdites.

1800
Paris : Malgré la création d’une Caisse d’amortissement, l’État est obligé d’emprunter à de puissants financiers. Ceux-ci détiennent des établissements privés, tels ka Caisse des comptes courants et la Caisse d’escompte du commerce. Pour s’assurer leur coopération, Bonaparte décide de s’appuyer sur la seule Caisse des comptes courants de Perrégaux, Lecoulteux et Récamier. En contre partie de certains avantages, la caisse s’engage à être à la disposition de l’État et, si nécessaire, à lui concéder des avances. Le 13 février 1800, elle prend le nom de Banque de France et reçoit les fonds de la Caisse d’amortissement, convertis pour moitié en actions, et pour moitié en compte courant. C’est une banque privée, au capital de 30 millions de francs formé de 30 000 actions de 1 000 francs. La caisse est le propriétaire de 5 000d’entre elles et le gouvernement place les autres. Administrée par une Assemblée générale d’actionnaires et dirigée par quinze régents, elle ouvre ses guichets le 20 février. Bonaparte souscrit aussitôt trente actions et pousse son entourage à l’imiter. Bientôt, la confiance s’installe et, au bout d’un an, les actions rapportent déjà 10 %.

1806
France : Napoléon rompt avec Pie VII à la suite des réserves énoncées par le pape à propos du catéchisme impérial » qui sera proclamé le 4 avril et qui fait de Napoléon le « ministre de Dieu sur terre ».

1861
Italie : La prise du port de Gènes par les troupes piémontaises marque la fin de la guerre. Le roi de Naples François II se réfugie à Rome. C’est la fin du royaume des Deux-Siciles.

1880
Ploërmel (Morbilan) : Décès de Charles Jean Baptiste Jacquot, dit Eugène de Mirecourt. Homme de lettres, journaliste pamphlétaire. Voir le 19/11/1812, jour de sa naissance, pour mieux le connaître

1882
Nice : Décès de Henri Auguste Barbier. Homme de lettres et auteurs de livrets d'opéra. Voir le 29/4/1805, jour de sa naissance, pour mieux le connaître

1883
Venise : Richard Wagner, accablé de fatigue après la création de « Parsifal », s’éteint. Il sera inhumé à Bayreuth.

1900
Allemagne : Le Reichstag ratifie les traités avec l’île de Tonga et les îles Samoa. La Grande-Bretagne, les Etats-Unis et l’Allemagne se partagent les différentes îles de Polynésie.

1903
Liège  : Naissance de Georges Joseph Christian Simenon. Romancier belge d'expression française. Après une éducation classique, il se fit journaliste dans sa ville natale et très tôt publia son premier roman  « Au pont des Arches » ; il continua à écrire d'abord sous divers pseudonymes ( dont celui de Georges Sim), puis en signant ses oeuvres de son propre nom. Sa production deviendra, à partir des années 30, régulière et abondante, et en 1969,  « Il y a encore des noisetiers » portera en sous-titre :  « le 200ème Simenon » ! Phénomène peut-être unique dans l'histoire des lettres : une oeuvre qui, tout au long d'un demi-siècle, a réussi le tour de force d'une production aussi exceptionnelle quantitativement que qualitativement. Qu'ils soient proprement policiers, ou d'inspiration naturalistes, les romans de Simenon utilisent des techniques éprouvées pour produire un univers dont les paysages et les personnages imposent leur présence sans cesse renouvelées selon les lois d'une cohérence psychologique, sociologique et narrative d'une exemplaire rigueur. L'un des secrets de Simenon est sans doute dans la multiplicité des lieux où se situent ses romans, car, dans une oeuvre où les décors, plus suggérés que décrits, acquièrent une dimensions d'envoûtement qu'ils exercent sur les personnages et sur le lecteur s'en trouve considérablement amplifié. Le célèbre Maigret lui-même, si sédentaire de tempérament et dont le rêve est de s'installer à demeure, après sa retraite, dans sa petite maison de Meung-sur-Loire, doit l'essentiel de sa présence à ses déplacements : la multiplicité des lieux devient alors révélateur de la multiplicité même du mystère humain. On pourrait en dire encore, bien plus, mais il faut savoir s'arrêter d'en parler pour que le personnage garde toujours son voile mystérieux.

1910
Paris : Ouverture du « Vel’d’Hiv’ ».

1912
Pékin : Depuis le révolution du Double-dix, la Chine centrale est sous le contrôle des républicains de Sun Yat-sen. Le chef des armées impériales, Yuan Shih-Kai, a depuis 1905 assis son autorité personnelle sur l’armée du Nord, qui comporte plusieurs officiers révolutionnaire. Aussi engage-t-il une riposte sans ardeur lorsque le cour impériale lui ordonne de réprimer le mouvement républicain ; une trêve est signée le 1er décembre 1911 inaugure des pourparlers entre le gouvernement de Pékin, les révolutionnaires et Yuan Shih-kai, qui se pose en dictateur. Lorsque Sun Yat-sen devient président provisoire du régime de Nankin, la Chine a deux gouvernements. Mais la cause de l’empereur est perdue : il abdique le 13 février. Sachant que seule une guerre civile pourrait contraindre Yuan Shih-kai à se démettre. Sun Yut-sen lui offre, le 15 mars, la présidence de la République chinoise. Le nouveau président s’installe le 20 mars à Pékin, où le Parlement le rejoint au début du mois d’avril.

1913
New York : Date mémorable dans histoire de l’art : l’Armory Show introduit pour la première fois l’art moderne en Amérique. Quelques 300 000 visiteurs ont l’occasion de prendre connaissance de l’évolution de l’art européen, qui s’impose avec une évidente suprématie. Le public découvre d’un coup 1 600 tableaux et sculptures soigneusement sélectionnés : Ingres, Delacroix, Courbet, mais aussi les impressionnistes, les fauves, les symbolistes, les cubistes et les premières peintures abstraites. Le futurisme de Picabia scandalise mais l’événement est sans doute le « Nu descendant un escalier » (1912) de Marcel Duchamp, dont la décomposition prismatique du mouvement provoque sarcasmes et hostilité.

1943
Dresde : La capitale de la Saxe est pilonnée, pendant deux jours, par les « Lancaster » britanniques et canadiens. Un gigantesque incendie ravage une zone de 20 km². Le centre historique et le vieux château sont détruits tandis que 250 000 civils trouvent la mort dans cette apocalypse. Cette ville n’offrait pourtant aucun intérêt stratégique. Les coupables de ce gigantesque crime de guerre ne seront jamais passés en jugement, ils appartiennent au camp des vainqueurs.

D'autres événements du 13 février et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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