LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


10 février


1258
Bagdad : A la fin de l’année 1257, Hûlagû Khan se présente aux abords de Bagdad. Le 17 janvier 1258, au cours d’une bataille rangée, il décime l’armée califale et, dès le 22 met le siège devant la capitale. Le dernier calife des Abbassides, al-Musta’sim, croit pouvoir ruser avec les Mongols. La suite est contée par les historiographes arabes : « Une nué de poussière parut à l’orient de la ville et la recouvrit entièrement. Aussitôt la rumeur fut grande. On montait sur les toits et au haut des minarets, pour voir ce que cachait cette poussière. Enfin, on découvrit l’armée du sultan mongol, sa cavalerie, ses équipages et tout le train qui suivait ; la face de la terre en était entièrement couverte. » L’assaut est donné ; les assiégés se rendent. Les soldats de la garnison qui tentent de fuir sont rattrapés et exécutés. Le 10 février, le calife en personne vient se rendre. Hûlagû exige que toute la population sorte de la vile et livre ses armes. Al-Musta’sim s’exécute. Les habitants, désarmés, se livrent par groupes aux Mongols qui les massacres aussitôt. Le 13, Hûlagû’sim et ses soldats pénètrent dans la ville et procèdent à un nouveau massacre. Le 20, al-Masta’sin est à son tour mis à mort : il est cousu dans un sac et foulé aux pieds des chevaux. L’ampleur de la tuerie impressionne beaucoup le monde musulman. Ceux des habitants de la ville qui ont pu échapper raconte les horreurs qu’ils ont vécues. La désolation est générale. Elle amènera la bourgeoise des grandes villes à croire à l’invincibilité des Mongols. Elle suscitera aussi des sursauts et précipitera l’avènement, en Egypte, des sultans mamelouks.

1419
Strasbourg : Mort de l’architecte Ulrich von Ensingen. De 1392 à 1417, il dirigea les travaux de la cathédrale d’Ulm et commença en 1399, l’érection de la tour nord de la cathédrale de Strasbourg. Celle-ci, chef-d’oeuvre du gothique flamboyant, sera achevée en 1439 par Johannes Hültz.

1620
France : Les partisans de Marie de Médicis sont défaits par les troupes royales aux Ponts-de-Cé.

1635
Paris : Un cercle de lettrés avait pris l’habitude, depuis quelques années, de se réunir chez Valentin Conrart. Le roi, conseillé par Richelieu, vient par lettres patentes de donner existence légale à la nouvelle institution, appelée Académie française, dont le cardinal est nommé « père et protecteur ». Le nombre de ses membres est de quarante, et leur principale fonction est de donner à la langue française des règles précises. Leur première tâche sera la rédaction d’un dictionnaire. L’Académie a aussi pour mission de donner son avis sur les livres. En fait, Richelieu qui a la haute main sur les candidatures, va assigner aux académiciens d’autres tâches que le dictionnaire et la grammaire. Ceux-ci se devront de préparer ses discours politiques et ses écrits théologiques. Aussi l’institution va-t-elle très vite devenir l’auxiliaire de la politique du cardinal ; c’est pourquoi il faudra deux ans au Parlement pour enregistrer les lettres de fondation…

1763
Paris : Signé après deux années de difficiles négociations entamées par Choiseul et retardé par l’obstination de Pitt qui souhaitait le complet anéantissement des forces françaises, le traité de Paris met fin à la guerre franco-anglaise. L’Angleterre obtient le Canada, les îles de la Dominique, de la Grenade, de Palor et de Galam sur le fleuve Sénégal en Afrique, un protectorat sur Deccan et Carnatic aux Indes. La France conserve l’île de Gorée, à l’embouchure du Sénégal, les îles de la Guadeloupe et de la Martinique, la possession de cinq comptoir en Inde (Chandernagor, Karikal, Mahé, Pondichéry et Yanaon), le droit de pêche près des côtes de Terre-Neuve et les îles de Saint-Pierre et Miquelon. L’Espagne retrouve Cuba et Manille et obtient de la France la Louisiane, en compensation de la Floride cédée à l’Angleterre. Quelques jours plus tard, la conclusion du traité d’Hubertsbourg met fin au conflit entre la Prusse et l’Autriche. La Prusse conserve les acquis de la guerre de Succession d’Autriche : la Silésie et le comté de Glatz. Après Kunersdorf, la France et l’Autriche n‘ont pas su exploiter plus avant leur victoire et ont laissé le temps à la Prusse de se relever. Marie-Thérèse se résigne à la perte définitive de la Silésie. La Prusse rend cependant la Saxe à son légitime propriétaire. Ainsi s’achève la guerre de Sept ans.

1771
Delhi : A la tête d’une puissante armée, le Marathe Mahâdâjî Sindhia entre dans Delhi pour rétablir la légitimité de Shâh Alam II, l’empereur moghol exilé à Allâhâbâd. C’est l’apogée d’une ascension commencée au milieu du siècle précédent, lorsque les Marathes avaient profité de la décomposition de l’empire moghol pour étendre leur pouvoir bien au-delà de leur province d’origine, le Mahârâstra, qui occupe le quart nord-ouest du Deccan. En 1766, ils reviennent sur le devant de la scène en matant la rébellion des souverains locaux. Le souverain légitime est alors réfugié à Allâhâbâd, où il bénéficie de la protection des Anglais qui le bercent de promesses. Il se décide au début de l’année 1771 Mâhâdâjî Sindhia entraîne les Marathes vers la capitale, alors aux mains des Rohillas, leurs ennemis de toujours. Delhi tombe le 10 février. Aussitôt, le fils de Shâh Alam est l’autorité moghole restaurée. Le 12 avril, Shâh Alam lui-même quitte Allâhâbâd et la protection britannique. En plusieurs étapes, il arrive le 6 janvier suivant à Delhi, où il n’est plus que l’homme de paille des tout-puissants Marathes.

1794
Paris (27 pluviôse) : Lorsqu’il apprend en prison sa condamnation par le tribunal révolutionnaire, l’Enragé Jacques Roux se suicide. Critiquant les thèses économiques des Montagnards, il avait défendu la propriété collective de la terre et avait été arrêté en août 1793.

1840
Canada : Signature de l’Acte d’union.

1840
Angleterre : Mariage à Londres de la reine Victoria avec le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha (1819-1861)

1881
Paris : Représentation posthume de l’opéra fantastique d’Offenbach « Les Contes d’Hoffmann). »

1883
Genève : Naissance de Charles-Albert Cingria. Écrivain suisse d'expression française. (Il est le frère d'Alexandre Cingria). Après des études peu brillantes et quelques voyages dans sa jeunesse, il se lia, par l'intermédiaire de son frère aîné, avec le groupe d'écrivains vaudois qui gravitaient autour de Ramuz. Son oeuvre consiste principalement en de brève chroniques, où il mèle en poète le réel et l'imaginaire, le quotidien et le fantastique. Écrivain méconnu du grand public français, il bénéficia de la sympathie de juges aussi divers que, par exemple, Claudel et Paulhan.

1898
Clara (Argentine) : Naissance de Joseph Kessel. Dès son enfance, ce "ruse de naissance et Juif de surcroît", comme il se désigne lui-même dans son discours de réception à l'Académie, est transporté d'Argentine en Russie, puis de Russie en France, et à dix ans il se retrouve à Nice. Prédestination ? Il sera toute sa vie un aventurier au sens le plus rigoureux du terme, constamment en mouvement, depuis le moment où, à dix-huit ans, en 1916, il s'engage dans l'aviation de combat, jusqu'à ses expériences extrême-orientales de l'après-guerre (Chine, Indochine, Inde, Ceylan), sa participation à la guerre d'Espagne et ses nombreux voyages dans tous les coins du monde. Il accumule les images et n'a, lorsqu'il se met à écrire, qu'à traduire les actions dont il a été le témoin ou l'acteur. Il aurait pu n'être qu'un excellent reporter, et c'est bien par le reportage qu'il a commencé en 1919, dès sa démobilisation. Mais voici que le reportage lui sert de révélateur : il découvre lui-même, et le public le découvrira avec lui en 1923 lors de la publication de « L'Équipage », inspiré par son expérience d'aviateur, que le reporter possède aussi le pouvoir de conjuguer le merveilleux et le réel et de conférer à la nature comme aux hommes cette présence "fabuleuse" qui est le ressort de l'épopée. Présence plongée d'autre part dans un décor dynamique et coloré, et, si Kessel a pu choquer par les aspect scandaleux de certains sujets, la force de vérité de ses évocations de contrées lointaines assure à ses romans d'aventure une fortune justifiées. Il devient académicien français en 1962.

1906
Paris : Naissance de Roger Frison-Roche. De famille savoyarde, il devient guide de montagne à Chamonix en 1923. Il prend part à deux expéditions dans les montagnes sahariennes, en 1935 et 1937, avant de devenir journaliste à Alger. C'est là qu'il écrit « Premier de cordée », roman qui connaît le plus grand succès en inaugurant une littérature de la montagne, dont Frison-Roche se fera désormais le spécialiste, non sans réel talent, quoique de portée littéraire limitée. Il élargit ensuite cette inspiration dans des récits qui célèbre la nature exotique ou primitive.

1939
Vatican : Le pape Pie XI meurt. Pie XII lui succède le 2 mars.

1942
Niort : Décès d'Ernest Pérochon. Né en 1885, sa vie se déroula toute en Vendée, où il fut instituteur ; ses romans décrivent l'existence et les moeurs de sa province, d'une façon qui peut paraître aujourd'hui un peu désuète. Pérochon serait sans doute oublié s'il n'avait obtenu le prix Goncourt pour « Nêne », Histoire d'une servante de ferme en butte à l'ingratitude des enfants qu'elle a élevés..

1977
Le Gaude : Décès de Denys Amiel. Homme de lettres. Pour en savoir plus, voir le 5/10/1884, jour de sa naissance

D'autres événements du 10 février et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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