LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


29 janvier


1630 : France
Première rencontre entre Richelieu et Mazarin.

1635 : France
Le Cardinal de Richelieu fonde officiellement l'Académie française avec l'aval du roi Louis XIII.
L'article 24 de ses statuts précise sa mission : « La principale fonction de l'Académie sera de travailler avec tout le soin et toute la diligence possibles à donner des règles certaines à notre langue et à la rendre pure, éloquente et capable de traiter les arts et les sciences » Avant sa création officielle, l'académie est composée d'un groupe de lettrés se réunissant périodiquement chez l'un d'entre eux, Valentin Conrart, secrétaire du roi. Ensemble, ils s'entretiennent de nouvelles et de belles-lettres. Le secrétaire de Richelieu fait partie de ce groupe qu'il recommande au cardinal en 1633. En 1634, Richelieu leur propose de former "un corps" et de s'assembler sous « une autorité publique ». Le groupe est porté de 9 à 28 membres et ceux-ci réfléchissent à un nom pour désigner leur compagnie. Ils hésitent entre Académie éminente, Académie des Beaux-Esprits et Académie de l'Éloquence. Le 20 mars 1634, Richelieu leur donne le nom d'Académie française. Conrart en devient le secrétaire jusqu'à sa mort en 1675, créant ainsi le poste de secrétaire perpétuel. Dès sa fondation, il est prévu que les académiciens, « les immortels », se réunissent une fois par semaine. Depuis 1805, le lieu de réunion se trouve avec l'ensemble de l'Institut, dans l'ancien collège des Quatre-Nations à Paris. Voltaire a dit à propos de cette institution : « L'Académie est un corps où l'on reçoit des gens titrés, des hommes en place, des prélats, des gens de robe, des médecins, des géomètres et même parfois des gens de lettres » L'Académicien Daniel-Rops déclara en 1953 : « Immortel, on ne l'est que pour la vie. »

1676 : Russie
A la mort de son père, Alexis, Théodore III monte sur le trône.

1688 : Suède
Naissance du philosophe Emmanuel Swedenborg.

1714 : Utrecht
Ce jour s’ouvre un congrès qui devait régler l’affaire de la succession espagnole. Les négociations aboutissent à la signature de quatre traités. Le premier est conclu à Utrecht, le 11 avril 1713, entre la France et l’Espagne d’une part, l’Angleterre, la Hollande, la Prusse, la Savoie et le Portugal d’autres part. Le second traité, signé à Rastatt le 6 mars, règle les différents entre la France et l’Autriche. Celui de Bade (7 septembre 1714) étend les clauses du traité de Rastatt à tous les membres du Saint Empire. Le traité d’Anvers, enfin, ou traité de la Barrière, signé le 15 novembre 1715, définit les rapports des Pays-Bas et des Provinces Unies. Ces quatre traités consacrent la victoire de la Grande Alliance de La Haye. Certes, c’est un Bourbon qui va régner à Madrid, Philippe V est unanimement reconnu. Mais la monarchie espagnole est contrainte d’abandonner à Charles VI d’Autriche le royaume de Naples, la Sardaigne, les présides de Toscane, le Milanais et les Pays-Bas. Elle cède également la Sicile au duc de Savoie, Victor-Amédée II, et à l’Angleterre Minorque et Gibraltar. Le lent déclin de l’Espagne trouve ici son achèvement. De son côté, la France abandonne à l’Angleterre l’Acadie, les territoires de la baie d’Hudson, Terre-Neuve, la Nouvelle-Écosse et l’île sucrière de Saint-Christophe ; elle restitue aux Pays-Bas, désormais autrichiens, les villes de Tournai, Menin, Ypres et Furnes, mais garde Lille, Aire, Béthune et Saint-Venant. Elle renonce encore à Kehl, Fribourg et Philippsbourg, ainsi qu’à Nice et la Savoie sont rendues à Victor-Amédée. Épuisée par une guerre interminable, elle doit abandonner les rêves de domination universelle caressés par le Roi-Soleil. Cependant, agrandie de Lille, de Strasbourg et de Besançon, elle maintient son rang dans le concert européen. C’est l’Angleterre qui est la grande gagnante de ce conflit : ses gains territoriaux s’accompagnent d’importantes concessions commerciales. La France lui accorde la clause de nation la plus favorisée. L’Espagne lui concède, en plus du privilège du « vaisseau de permission », l’ « Asiento » (monopole de la traite des Noirs) pour trente ans dans toutes ses colonies américaines. En 1715, l’Angleterre est devenue une puissance de premier plan, un empire maritime et commercial sans précédent, éclipsant définitivement ses rivaux hollandais. Les Provinces-Unies obtiennent des avantages non négligeables, mais qui sont sans commune mesure avec l’effort de guerre fourni. Parmi les puissances secondaires, le Brandebourg et la Savoie ont su tirer bénéfice des traités. Frédéric-Guillaume 1er obtient la reconnaissance du royaume de Prusse et voit sa souveraineté confirmée sur Neuchâtel et Valentin ; en échange de la principauté d’Orange, abandonnée à la France, il acquiert la Gueldre espagnole.

1737 : Thetford, en Angleterre
Naissance de l’écrivain anglais Thomas Paine

1743 : Issy
Le cardinal de Fleury, qui vient de s’éteindre, est arrivé tardivement à la politique. Né en 1653, d’origine modeste, il entre dans les ordres et trouve rapidement sa place dans l’entourage royal. Aumônier de Louis XIV en 1683, il devient le précepteur du futur Louis XV en 1714. En 1726, à l’âge de 73 ans, il devient Premier ministre ; deux mois plus tard, il est nommé cardinal. Il s’entoure d’hommes de valeur, tels Le Peletier des Forts et Orry aux Finances, Chauvelin aux Affaires étrangères ou Maurepas à la Marine. Il s’attache à restaurer l’autorité de l’État. Mais les problèmes religieux restent un ferment d’agitation. La crise janséniste se prolonge autour de la bulle « Unigenitus », que le Parlement refuse d’enregistrer. En politique extérieur, il est résolument pacifiste. Attaché à l’alliance anglaise, il trouve en Walpole un partenaire idéal. Mais certains trouvent la politique du cardinal bien trop pacifique et, lorsqu’en 1733 débute la guerre de Succession de Pologne, il doit contre son gré engagé la France dans le conflit.

1763 : Brest
Décès de Louis Racine, le fils de Jean. Poète. Pour en savoir plus voir le 6/11/1692, jour de sa naissance.

1795 : États-Unis d’Amérique
Une loi sur la citoyenneté assure la naturalisation au bout de cinq années de présence sur le territoire.

1805 : Le Cayla (Tarn)
Naissance d’Eugénie de Guérin. Retiré dans son château près d’Albi, elle mena une vie solitaire, ardente, à la mesure de l’âme exceptionnelle dont elle n’a pas voulu faire commerce en livrant l’intimité au public. C’est seulement en 1855 que le libraire Trébutien publia son « Journal intime », qui couvre les années 1832-1834, et quelques écrits réunis sous le titre « Reliquiae » ; on y découvre un don du style, une qualité spirituelle de mélancolie qui font regretter la discrétion de l’auteur. En fait, Eugénie de Guérin se consacra principalement à l’éducation et à la vie de son frère Georges Maurice de Guérin (1810-1839), dont elle édita une partie de son œuvre.

1814 : Langres
Fin des discussions sur le plan de Castlereagh (voir le 25 janvier)

1814 : Belgique
Napoléon est vainqueur de Blücher à Brienne.

1841 : Chine
Des navires anglais occupent l’île chinoise de Hong Kong. Les attaques anglaises se poursuivent sur les côtes de la Chine, à Amoy, Ningho et Shanghai, pour y imposer le commerce de l’opium.

1849 : France
À la suite d’une manifestation contre le régime. Louis-Napoléon fait arrêté vingt-sept responsables montagnards.

1866 : Clamecy (Nièvre)
Naissance de Romain Rolland. Durant ses années de scolarité à l'École normale supérieure (1886-1889), ce fils de notaire s'intéressa concurement à la philosophie et à l'histoire. Professeur d'histoire de l'art rue d'Ulm (1895-1904), puis à la Sorbonne (1904-1912), il publie les biographie de "Beethoven", "Michel-Ange", "Haendel", " Tolstoï". N'ayant pas réussi à imposer sur scène son" « Théâtre de la Révolution » (les Loup ; le triomphe de la raison ; Danton ; le Quatorze-Juillet ") il se consacre à la rédaction de « Jean-Christophe », dont les dix volumes sont publié par Péguy aux " Cahier de la quinzaine " et de " Colas Breugnon ". Retiré en Suisse lors de la guerre, il tente de dépasser les particularismes (« Au dessus de la mélée »). Il reçut le Prix Nobel de littérature pour l'ensemble de son oeuvre en 1916.

1901 : Paris
Décès de Henri Bornier. Poète, écrivain de théâtre, il fut un digne précurseur d'Edmon Rostant.


1912 : Paris
Une délégation menée par Marguerite Durand et Séverine se rend au Palais-Bourbon pour obtenir le vote des femmes.

1917 : Francfort  
Première de la pièce « Les Bourgeois de Calais », du dramaturge allemand Georg Kaiser.

1917 : France/Allemagne
Les premiers combats aériens ont eu lieu cette année. D’emblée, certains aviateurs se sont mis en vedette et, ce jour, l’aviateur français Georges Guynemer abattait son trentième adversaire, son escadrille totalisant 83 victoires. Le conflit va révéler l’importance que peut jouer l’aviation dans la guerre moderne. De 1914 à 1918, la France a fabriqué plus de 52 000 avions.

1918 : Nice
Naissance de Michel Zeraffa.. Théoricien du roman avec une thèse sur « Personne et personnage, le romanesque des années 1920 aux années 1950 » (1969),  il avait fait précéder ses recherches d'un certain nombre d'expérience, dont la première, le roman « Le temps des rencontres », sur le thème de la jeunesse, met l'accent sur les contradiction entre romanesque et histoire. De même,  « Le Commerce des hommes » (1952), où l'histoire revêt la forme politique, achemine ses protagonistes vers la tragédie de la désillusion. C'est ainsi que le romancier est conduit à privilégier, selon sa propre expression, un " romanesque du non-sens ", mais comme condition d'une lucidité qui, exorcisant l'illusion, peut permettre ces simples « Doublures » (titre d'un roman paru en 1958) qui, faute de pouvoir dominer leur propre tragique, risquent de ne plus être, hors de toute existance propre, que des accidents de l'histoire..

1923 : Munich
Fin du premier congrès national-socialiste.

1910 : Brest
Naissance de Henri Queffélec. D'origine bretonne, il passe son enfance à Brest, où il fait ses premières études. Il les poursuit ensuite à Paris (lycée Louis-le-Grand, École normal supérieure). Agréé des lettres en 1933, il commence une carrière universitaire, enseigne à Mont-Marsan, devient lecteur à l'université Upsal, en Suède, puis retourne à Marseille. En 1941, il abandonne le professorat pour la littérature. A l'époque, il n'a encore publié qu'une palette de vers et quelques nouvelle catholique, c'est en chrétien qu'il observera la réalité humaine et se penchera sur les conditions sociales dans des oeuvres très variées, d'une rigoureuse sobriété ; il est aussi inspiré par un vif amour de la nature, de la Bretagne et des choses de la mer. Dès les premiers romans, l'orientation spirituelle de l'écriture se précise. En 1944, après « La Fin d'un manoir » et « Le journal d'un salaud » (avec sa suite  « la Culbute » , histoire d'un jeune et crapuleux arriviste évoluant dans les milieux bourgeois corrompus de Marseille pendant les années de guerre, Queffélec publie « Un recteur de l'île de Sein ». Ce roman, sera adapté à l'écran en 1950 sous le titre « Dieu a besoin des hommes », il évoque la vie sauvage et dure des îliens pilleurs d'épaves, qui, abandonnés par leur curé, se tourne vers leur sacristain, par besoin de Dieu, tandis que s'éveille chez l'humble et fruste serviteur de la paroisse une authentique vocation sacerdotale. La Bretagne tient la plus grande part dans l'oeuvre de Queffélec, comme le montrent les romans qu'il écrit alors, en particulier « Un royaume sous la mer » (Grand prix de l'Académie française), qui évoque la lutte des pêcheurs bretons pour un banc de poissons ;  « Un feu s'allume sur la mer » (bâtisseurs du phare d'Armen contre les éléments) ;  « Frères de la brume » (solidarité des hommes dans le sauvetage en mer). Toujours sur la Bretagne, Queffélec compose des essais (Raison d'aimer la mer ; Je te salue, vieil océan), des nouvelles et plusieurs albums sur l'art et le pays breton. Parmi ses oeuvres d'inspiration variée des romans ( « Chemins de terre », sur la déchristianisation des campagnes ;  « Celui qui cherchait le soleil » sur la recherche d'un idéal par un jeune parisien ...

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