LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


23 janvier


1668 : La Haye
Les Provinces-Unies et l’Angleterre signent un traité d’Alliance. Officiellement, il ne s’agit que d’imposer leur médiation entre la France et l’Espagne. En faisant pression sur la France, les puissances maritimes n’ont d’autre volonté affichée que de faciliter la conclusion de la paix. En réalité, l’accord anglo-hollandais est implicitement dirigé contre la France. Bientôt, la Suède y adhère à son tour : La Triple-alliance est née. Le traité de La Haye est en grande partie l’œuvre du hollandais Witt, qui craint que les victoires de l’armée française sur les Espagnols ne soient que le prélude à une occupation permanente des Pays-Bas.

1730 : Paris
Marivaux triomphe à l’hôtel de Bourgogne : sa nouvelle pièce vient d’être jouée par la troupe des comédiens italiens ordinaires du roi. Il s’agit d’une comédie en trois actes et en prose, intitulée « Le jeu de l’amour et du hasard » et remarquablement servie par le talent des Comédiens italiens, qui, depuis leur retour en France, ont acquis une parfaite maîtrise dans l’art d’interpréter le théâtre de Marivaux, ainsi qu’ils l’ont montré en 1720 avec « Arlequin par l’amour » ou, en 1727, avec « La seconde Surprise de l’amour ». L’auteur lui-même semble les tenir en haute estime, puisqu’il a donné à son héroïne féminine le prénom de Silvia qui est, en fait, le nom de scène de l’actrice Zanetta Benozzi. Marivaux atteint ici un sommet dans l’analyse des sentiments amoureux. Fantaisie, déguisements (les maîtres prennent la place des valets et inversement), subtilité du langage, tout concourt à faire de cette comédie légère et vive un spectacle raffiné, une sorte de « fête galante » s’achevant sur le triomphe de l’amour.

1744 : Naples
Le philosophe, historien et juriste Giambattista Vico avait publié en 1725 « Les principes d’une science nouvelle relative à la nature commune des nations ». Hostile à la vision cartésienne d’un univers dont les mathématiques suffiraient à expliquer l’essence, Vico y proposait une synthèse entre la philosophie et l’histoire. Ses « Principes d’une science nouvelle » décrivaient le cycle de la civilisation en trois âges : le divin, l’héroïque et l’humain. Le premier est celui des dieux et des mythes, le second est celui de la force matérielle, le dernier est la période de civilisation. Tous les peuples passent par ces trois états : les nations croissent, vieillissent puis se dissolvent, engendrant le retour cyclique des mêmes événements. Le grand intérêt de Vico tient à son étude des aspects « obscurs » de l’histoire, dans la vie religieuse, morale et politique. Vico meurt ce jour dans le plus grand dénuement. Il ne sera véritablement découvert qu’en 1835 par Michelet et sera considéré comme l’un des précurseurs des sciences sociales modernes.

1783 : Grenoble
Naissance de Marie-Henri Beyle, dit Stendal. Tôt orphelin de père, il garda un mauvais souvenir d’une enfance seulement éclairé par la présence de son grand-père, le médecin Gagnon, vrai philosophe du XVIIIème siècle. Stendal, venu à Paris terminer des études à polytechnique, s’engage dans l’armée d’Italie (1800). D’abord séduit par la vie militaire, il démission au bout de deux ans ; puis, devant ses premiers échecs d’écrivain, il rengage, cette fois dans l’intendance (1806-1814). Libéré par la chute de l’Empire, Beyle s’installe à Milan, décidément sûr que l’Italie est le meilleur séjour possible. Après quelques écrits alimentaires, il signe STENDAL (nom d’une petit ville d’Allemagne) un « Rome, Naples et Florence » qui marque son vrai début (1817) Ayant dû quitter Milan pour raisons politiques, il revient à Paris en 1821 et parachève, au contact dessalons, les réflexions largement ébauchées au cours de sa liaison avec Méthilde Dembowska ; l’influence des Idéologues, surtout celle de Destutt de Tracy, est sensible dans la rédaction d’apparence scientifique du traité « De l’Amour » (1822). Attentif aux ferments nouveaux, il précède Hugo dans la bataille romantique avec « Racine et Shakespeare » (1823-1825), Dramaturge non joué, romancier sans succès (« Armance », 1827), nostalgique des ciels de l’heureux exil (« Promenades dans Rome », 1829), Stendal atteint le sommet avec « Le Rouge et le Noir ». Nommé consul à Trieste (1830), puis à Civita Vecchia (1831), il peut de nouveau vivre le plus souvent en Italie. Il entreprend plusieurs romans, mais si « La Chartreuse de Parme » paraît en 1839, « Lucien Leuwen (commencé en 1839) et « Lamiel » (commencé en 1834) reste inachevés, une grande partie de son oeuvre est d’ailleurs inédite lorsqu’il meurt d’apoplexie, en mai 1842, lors d’un congé demandé pour raison de santé.

1792 : Paris
La capitale connaît des troubles dus à la pénurie de sucre et de café.

1793 : Varsovie
Au lendemain de l’invasion de juin 1792, Catherine II hésite encore sur le sort qu’elle entend réserver à la Pologne. Elle envisage d’abord d’en faire une sorte de protectorat russe. Mais c’est courir le risque de voir le pays lui échapper avec l’appui des voisins occidentaux : la tsarine tient à mettre la France à la raison, et le concours de ses alliés, la Prusse et l’Autriche, lui est indispensable. Or il n’est pas douteux que la Prusse finira par abandonner la partie si on lui refuse « sa part de Pologne ». De son côté, l’Autriche souhaite acquérir la Bavière, quitte à l’échanger contre les Pays-Bas. Catherine II décide de s’entendre tout d’abord avec la Prusse. Le traité, signé à la hâte le 23 janvier, règle le deuxième partage de la Pologne. La Russie qui annexe les territoires ukrainiens et biélorusses ainsi que la totalité de la Pôdolie, de la Lituanie et de la Vohlhynie, occupe désormais plus de 40 % des terres polonaises. La part de la Prusse, plus modeste, n’est pas négligeable : contre l’engagement de continuer la guerre à l’Ouest, Frédéric-Guillaume II obtient Danzig, Thorn, Posen et Kalish, soit 15 % du territoire polonais. Le 22 juillet sous la contrainte, la Diète polonaise ratifie l’accord avec la Russie. En Autriche, la communication du traité, le 23 mars, déchaîne la tempête. Le nouveau ministre des Affaires étrangères autrichien, Thugut, en espérant des compensations, décide d’ajourner la reconnaissance du traité et rejette la demande d’adhésion faite conjointement par les deux États protagonistes.

1795 : Europe
Le général Charles Pichegru et sa cavalerie capturent la flotte hollandaise au Helder … Elle était prise dans les glaces, mais quand même c’est une bonne blague de l’Histoire.

1796 : Nîmes
Naissance de Jean Reboul, dit le Boulanger de Nîmes. Il doit sont surnom au métier que la pauvreté de sa mère le contraignit d'exercer. Disciple de Lamartine, qui le prit sous sa protection après avoir lu son poème " L'Ange et l'Enfant ", paru dans la  "Quotidienne", il est l'auteur de " Poésies ", "  Poésie nouvelles ", " lesTraditionnelles " : il avait dans sa jeunesse composé des chansons satiriques et écrit également quelques tragédies. Son succès se limita au recueil de 1836. À la fin de sa vie, il encouragea Mistral et les début du félibrige ; il écrivit d'ailleurs des poèmes en langues d'Oc (Une grappe de raisin, 1865).

1806 : Angleterre
Mort de William Pitt. Le gouvernement est dirigé par Lord Grenville et Lord Fox.

1860 : Grande-Bretagne
Signature d’un traité de commerce avec la France destiné à recevoir les taxes douanières sur plus de quarante articles.

1878 : Moscou
L’intelligentsia russe souhaite remplacer le tsarisme autocratique par un régime socialiste. Les forces de police multiplient les arrestations. A la mi-octobre 1877 s’ouvre le procès de 193 d’entre eux : les autorités espèrent mettre définitivement fin à la propagande révolutionnaire dans l’empire. Malgré son déroulement à huis clos et l’obligation faite aux journalistes de ne publier que des comptes rendus officiels, le procès a un écho retentissant. Mêlant des accusés de sensibilités politiques diverses, il renforce leur idéal commun de révolution et d’égalitarisme. Les juges, ce jour, accordent la liberté à plus de cent populistes et ne prononcent aucune condamnation à mort. Loin de calmer les populistes, ce procès les rejette vers une nouvelle forme d’action : le terrorisme.

1901 : France
Soixante-dix-sept femmes exercent désormais la médecine : Mme Francillon est la première reçue à l’internat des hôpitaux de Paris.

1931 : Paris
Pétain devient membre de l’Académie française.

1943 : Libye
Jonction à Garian entre les troupes de la France libre de Leclerc et les Britanniques de Montgomery.

D'autres événements du 23 janvier et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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