LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


21 janvier


1189 : Gisors
Philippe Auguste, Henri II d’Angleterre et Frédéric Barberousse prennent la croix et rassemblent des troupes pour le IIIème Croisade.

1338 : France
Naissance de Charles V, futur roi de France.

1606 : Angleterre
Le parlement décide de sévères sanctions contre les catholiques


1720 : Suède
Exsangue, la Suède doit capituler devant la Prusse par la paix de Stockholm, qui lui fait perdre la Poméranie. Au début de son règne, le roi de Suède Charles XII avait conclu une alliance avec le Holstein pour contre les ambitions russes. L’entrée des troupes suédoises dans ce pays avait entraîné un premier conflit, dont Charles XII était sorti vainqueur. Il avait alors déclenché une seconde guerre contre la Saxe et la Pologne, provoquant l’intervention des Russes aux côtés du roi de Pologne (également Électeur de Saxe) Auguste II. Défaits à Poltava le 8 juillet 1709, les Suédois avaient vu la Prusse et le Hanovre se joindre à leurs ennemis. Pour finir, l’impétueux Charles avait trouvé la mort au combat en décembre 1718.

1759 : Paris
Une comète est signalée. M. Halley l’avait déjà repérée en 1682. Celle-ci est à nouveau visible à partir cette nuit à Paris.

1773 : Paris
Décès d’Alexis Piron : Venu de Dijon dans la capital en 1718 après avoir exercé plusieurs métiers, il n’obtint la célébrité qu’en 1722, avec « Arlequin-Deucalion », comédie à un seul personnage écrit pour un personnage de foire, auquel un édit venait d’interdire les pièces dialoguées. Ses autres grands succès furent « L'École des pères » et « La Métromanie ». Il avait composé dans sa jeunesse une « Ode à Priape » qu’on lui reprocha beaucoup, et une satire de sa province, « Voyage de Piron à Beaune ». Il s’essaya sans grand succès à la tragédie, où sa complication alourdit les intrigues. Aujourd’hui oublié (ou presque) comme auteur Alexis Piron reste connu pour avoir tenu tête à Voltaire, grâce à son esprit cinglant ; ses « Poésies », épigrammes improvisées au café Procope, lui firent beaucoup d’ennemis, et Louis XV, prenant prétexte des oeuvres licencieuses de ses jeunes années, lui interdit de siéger à l’Académie française où il venait d’être élu (1753). Il termina sa vie dans une pieuse retraite. Son père Aimé Piron (1640-1727), et son neveu Bernard Piron (1718-1812), tous deux dijonnais, furent également poètes.

1775 : Moscou
Livré par les siens, Pougatchev est condamné à mort et décapité. En 1772, Catherine II abolit les privilèges dont jouissaient les Cosaques, provoquant une sanglante révolte. Se faisant passer pour le tsar Pierre III, que Catherine avait fait assassiner en 1762, Pougatchev avait appelé les Cosaques du Don à la reconquête de leurs libertés. En septembre 1773, ils s’emparent des forteresses de l’Oural. Les Bachkirs musulmans se soulève à leur tour et se joignent au mouvement. En mars 1774, la ville d’Orenbourg est assiégée. A Nijni, les serfs brûlent les manoirs et égorgent leurs maîtres. Le gouvernement prenant enfin la mesure du péril, se décide à réagir. L’armée du général Bibikov libère Orenbourg. Surtout les Cosaques, lassés par les excès du nouveau « tsar », ne supportent pas de voir leurs intérêts confondus avec ceux des serfs révoltés ; ils décident d’en finir avec Pougatchev.

1789 : Paris
Décès de l'écrivain Paul Henri Holbach (Baron d'Heidelsheim) (1723-1789)
D'origine allemande, il s'installa à Paris pour y jouir de son immense fortune et y entretint une sorte de salon où se rencontraient les intellectuels du temps, en particulier le groupe de ceux qui allaient lancer l'  "Encyclopédie " ; Diderot, d'Alembert, Helvétius. Particulièrement lié à Diderot et, comme lui, influence par la chimie et la biologie, d'Holbach entreprit de construire un système philosophique intégralement matérialiste, qu'il exposa dans son " Système de la nature ", dont l'audace choqua même Voltaire. Il compta, naturellement, au nombre des collaborateurs de l'  " Encyclopédie ". 

1789 : Londres
A cause de la hardiesse des thèses qu’il soutient, l’écrivain français d’origine allemande Paul Henri Dietrich, baron d’Holbach, doit publier à Londres, et sous un pseudonyme, son « système de la nature ou Des lois du monde physique et moral ». Les théories qu’il avance procèdent d’une vision mécaniste du monde, selon laquelle toute connaissance vient de l’expérience et des sensations. Placé dans le carcan des lois universelles immuables, l’homme ne peut qu’établir des relations entre les objets, sans la possibilité pour lui de s’en affranchir, même par la pensée. La nature, pour l’auteur, ne peut véhiculer l’esprit ; tout au plus détient-elle un agencement rationnel qui s’identifie au réel. D’Holbach, en matérialiste conséquent, affirme que la conscience est le produit de dispositions héréditaires « voulues » par la nature. Ses positions extrêmes de l’auteur font scandale ; Voltaire et Frédéric II se sentent offensés ; seul Diderot manifeste son plein accord. D’Holbach a aussi publié « Le Christianisme dévoilé » (1767). Ce jour est celui de sa mort.

1790 : Paris
La réponse de la république de Gènes tendant à contester le rattachement de la Corse à la France suscite une séance mouvementée à l’Assemblée constituante.

1793 : Paris
De novembre 1792 à janvier 1792, un très long débat politique conduit la Convention à exécuter Louis Capet, anciennement Louis XVI, roi absolu de droit divin. Enfermé au Temple, Louis XVI est coupable, aux yeux de l’opinion, des morts du 10 août. Les sections, les clubs et la presse exercent une pression continue sur la Convention pour obtenir la condamnation du roi. Le pouvoir légal hésite : il lui faut préalablement déterminer son degré de culpabilité et la légalité d’une telle procédure. Le 6 novembre, un rapport établi d’après les papiers des Tuileries atteste la correspondance du roi avec ses frères, mais sans le convaincre de trahison. Le problème de droit est plus délicat. Certains députés avancent l’inviolabilité du roi en se retranchant derrière la Constitution de 1791, qui pourtant n’est plus en vigueur. A l’opposé, Robespierre considère déjà condamné par le peuple. Le comité de législation conclut le 7 novembre que le roi est jugeable, et doit l’être par l’Assemblée, représentante de la nation. La découverte de l’ « armoire de fer » achève de rendre le procès inévitable. Le 10 décembre 1792, Linder énumère les charges retenues contre le roi depuis 1789. Modérés et Girondins souhaitent l’épargner. Les Montagnards, au contraire, posent le régicide en principe. Ils arguent l’infaillibilité de la nation, qui a déchu Louis XVI. « S’il est innocent, le peuple est coupable », s’écrie Saint-Just. Puis ils préconisent la mort comme mesure de salut public libératrice. « Louis doit être puni ou la République est une chimère », lance Robespierre. Le roi comparaît le 11 décembre et nie toute trahison. Sa défense est assurée par Tronchet, de Sèze et Malesherbes, rentré d’émigration. Le 26 décembre, de Sèze plaide l’irresponsabilité et critique le vote public : « Je cherche parmi vous des juges et je ne vois que des accusateurs ». Peu convaincus, les Montagnards prônent la mort immédiate, tandis que la Gironde veut en appeler au peuple. Le procès achevé, on décide que l’Assemblée doit se prononcer sur la culpabilité, l’appel au peuple et la peine. Le 15 janvier 1793, 691 députés reconnaissent le roi coupable de conspiration. Le même jour, 424 d’entre eux, dont certains Girondins, refusent le plébiscite. Le 17 janvier, on vote la peine à appliquer. Compte tenu des absents, la majorité absolue est de 361 voix. Le scrutin est relativement serré : 387 conventionnels dont Philippe-Egalité, vote pour la mort parmi lesquels 361 pour la mort immédiate. Cette journée est la consécration de la Commune et des Montagnards. Ce jour, Louis Capet monte sur l’échafaud.

1814 : Eragny-sur-Oise
Décès de l'écrivain Bernardin de Saint-Pierre, l'auteur de Paul et Virginie

1815 : Paris
Les cérémonies expiatoires en la mémoire de l’exécution de Louis XVI indisposent une grande partie de la population.

1858 : Mexique
L’avocat Benito Juarez devient président ; les conservateurs dirigés par Miramón se soulèvent contre lui.

1860 : Piémont
Cavour reprend sa place à la tête du gouvernement et entreprend de réunir au Piémont les duchés de Parme, Modène, Romagne et Toscane par des plébiscites qui en lieu en mars.

1913 : Turquie
Coup d’État des Jeunes-Turcs.

1919 : Irlande
Depuis les Pâques sanglantes de 1916, de nombreux indépendantistes irlandais restaient emprisonnés. Mais aux élections législatives anglaise de 1918, les Irlandais avaient choisi les deux tiers de leurs députés parmi les membres du mouvement nationaliste Sinn Fein. La plupart des élus étaient sous les verrous ; les autres refusent de se rendre au Parlement de Westminster et formèrent à Dublin un contre-parlement : le Dail. Réuni le 21 janvier 1919, le Dail adopta une Constitution irlandaise provisoire et une déclaration d’indépendance qui réclamait que le pays soit évacué par les garnisons anglaises. Le 3 février 1919, le leader nationaliste Eamon De Valera s’échappa de prison et, le 1er avril (cela ne s’invente pas), fut élu président du Dail ; il forma un gouvernement tandis que l’IRA engageait une guerre d’embuscade contre la police et l’armée britannique. Le ton monte …

1924 : Gorki
Lénine meurt à 54 ans. Dans un post-scriptum à son « testament », qu’il a adressé au comité central le 4 janvier 1923, il recommande de destituer Staline, qu’il juge « excessivement brutal, défaut intolérable chez celui qui occupe les fonctions de secrétaire général ». Cette lette destinée à être lue aux délégués du XIIème Congrès qui s’ouvre le 17 avril n’empêche pas Staline de prononcer l’oraison funèbre de Lénine et de former la « troïka » dirigeante.

1936 : Buenos Aires
Traité de paix mettant fin à la guerre du Chaco : la plus grande partie des territoires contestés revient au Paraguay.

1938 : France
Décès de Georges Méliès, le pionnier du cinéma français

D'autres événements du 21 janvier et sur Hérode.net (site ami et complémentaire de Lodace)


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