LODACE


Les archives de l'éphéméride lodacieux


5 janvier


1463 : Paris
Un arrêt du Parlement transforme en bannissement pour dix ans la sentence de mort qui avait frappé François de Montcorbier ou des Loges, orphelin, élevé par Guillaume de Villon, chapelain de Saint-Benoît. Maîtres ès arts en 1452, il tue le prêtre Philippe Sermoise en 1455, lors d’une rixe au cloître de Saint-Benoît ; gracié pour Noël 1456, il vole, ce même Noël, 500 écus d’or au collège de Navarre. Il est sauvé par le poème qu’il compose pour Marie d’Orléans, le 17 juillet 1460. L’avènement de Louis XI et son passage à Meug-sur-Loire libèrent le poète des prisons de l’évêque d’Orléans. Dans les « Testaments » de 1456 et de 1461, le poète lègue à ses amis, au-delà de la raillerie de son dénuement, un message codé. Puis, il est à nouveau condamné pour une rixe. C’est le pendu qui parle dans la « ballade » de 1463 : une vision saisissante du gibet donne voix aux suppliciés qui implorent la pitié. Le 5 janvier 1463, le parlement de Paris commua la peine en dix ans de bannissement, c’est la dernière trace que l’on a de lui.

1589 : Blois
Celle qui fut l’épouse d’Henri II, la mère de François II, Charles IX et Henri III, disparaît après avoir dominé la politique française durant trois décennies. Fille de Laurent de Médicis, elle est née à Florence en 1519. Elle devient reine de France en 1547 mais ne joue un rôle déterminant dans la conduite des affaires qu’à partir de la disparition de François II, en 1560, lorsque lui est confiée la régence du royaume. Jusqu’à sa mort, elle s’efforcera de sauvegarder l’unité du royaume en dépit des divisions religieuses. Ce n’est que lorsque Condé et Coligny essayent de la prendre en otage avec le jeune Charles IX pour lui imposer leur politique qu’elle choisit le camps catholique. Elle lui restera fidèle, malgré le bref intermède qui résulte de la paix de Saint-Germain. Il n’est pas absolument certain qu’elle ait été l’instigatrice de la Saint-Barthélemy, mais elle ne s’y est pas non plus opposée. Dans les dernières années de du règne de son fils Henri III, elle revient à une politique plus conciliante et met toutes ses forces au service de la paix avec Henri de Navarre.

1757 : Versailles
À 6 heures du soir, le « Bien-Aimé » sort du domicile de ses filles. Au moment où il monte dans son carrosse, un « monstre travesti en colporteur », selon « Le Courrier d’Avignon », se rue sur le roi et le blesse à l’épaule avec un couteau à deux lames. Robert François Damiens ne dit rien de ses raisons. Jugé par le Parlement de Paris le 12 février, il sera supplicié pendant toute une journée en place de Grève, le 28 mars.

1776 : France
Turgot supprime la corvée et les corporations. Ces mesures causeront sa chute.

1870 : Paris
Un des premiers actes du cabinet Ollivier est de révoquer, ce jour, le baron Haussmann, préfet de la Seine, qui était depuis fort longtemps l’une des cibles favorites de l’opposition, notamment en raison de ses dépenses colossales. On se souvient du pamphlet de Jules Ferry : « Les Comptes fantastiques d’Haussmann ». Nommé par l’empereur dès 1853, cet homme énergique et autoritaire a complètement transformé Paris. Taillant dans le vif dans le dédale des ruelles tortueuses du centre de Paris, il a ouvert de larges voies rectilignes, comme le boulevard de Sébastopol. Tous ces grands axes doivent rendre la circulation plus facile et desservir les gares nouvellement créées. Les préoccupations de maintien de l’ordre ne sont pas absentes : les larges avenues ne se prêtent pas à la construction de barricades, d’autant que le macadam se substitue aux pavés. Le long de ces voies sont construites de grandes maisons. L’ensemble de ces travaux implique de nombreuses expropriations qui poussent les classes populaires vers les quartiers périphériques, ce qui ne va pas sans créer un vif mécontentement. En 1860, Paris a absorbé dix-huit communes, comme Vaugirard, Auteuil et Montmartre… Plusieurs parcs et les bois de Boulogne et de Vincennes dans de l’ère Haussmann, ainsi que la construction aussi diverses que les Halles, l’Opéra et la Bibliothèque nationale.

1875 : Paris
Charles Garnier (1825-1898) gagne en 1860 le concours organisé par Napoléon III pour la construction d’un nouvel Opéra dans la capitale. Le contraste entre ce monument et le lieu où il se dresse montre à quel point Garnier néglige l’intégration de l’édifice. L’Opéra trône comme un bijou rutilant devant lequel l’environnement doit paraître pauvre et humble. L’exubérance décorative en fait la nouveauté : dôme néo-byzantin, foyer néo-baroque, grand escalier enfin produisent un effet d’emphase et de grandeur.

1900
: Irlande
Le chef nationaliste unioniste irlandais John Edward Redmont appelle au soulèvement contre la Grande-Bretagne.

1909 : Panama
L’indépendance du pays est reconnue par la Colombie.

1919 : Munich
Fondation du parti national socialiste allemand des travailleurs (NSDAP) par Anton Drexler.

1929 : Yougoslavie
L’unité du pays est mise en périls par le problème des nationalités, Alexandre Ier instaure au gouvernement autoritaire.

1939 : États-Unis
« La grande illusion » de Jean Renoir reçoit l’Oscar du meilleur film étranger.


Sommaire - Les archives de l'éphéméride


©lodace.net 1998 - 2006