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Sur leur nuage, émergeant au milieu de la misère ukrainienne,
les nouveaux riches, à l'image de leurs voisins russes mafieux, banquiers
ou industriels (souvent les trois à la fois)-, assouvissent leurs
fantasmes les plus occidentaux. Ou tout du moins les appréhendent-ils
ainsi. Leur dernière lubie : exhiber chez eux le portrait
dénudé de leur épouse ou de leurs maîtresses (souvent
les deux à la fois ou plus), poupées blondes aux formes longilignes
montées sur talons. Des toiles d'un mètre sur deux censées
faire renaître la tradition des portraits de famille, très en
vogue dans la Russie des tsars.
Mais au-delà de ces plaisirs en famille très kitsh et, au fond
d'un goût des plus discutables, l'Ukrainien riche a des passe-temps
moins avouable.
Ainsi James, un Occidental travaillant à Kiev, se souvient-il de
l'anniversaire d'un de ses collèges qui avait convié à
" une véritable orgie romaine " à 300 000 F le couvert, le
gratin politique et financier du pays. "Le festin a duré deux jours
et deux nuits. De superbes prostituées arrivaient par cars entiers
dans la datcha privée. C'était de la folie".
Clou du spectacle, le gâteau d'anniversaire : une femme nue couverte
de chocolat et portée par six autres prostituées.
"Un idiot pauvre est un idiot. Un idiot riche est un riche", disait Paul Laffitte.
Quoique ... !
Appris par hasard le 20 novembre 1998
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