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Rumeur meurtrière en Afrique: huit morts
Lynchage des «voleurs de sexe»
La psychose des « rétrécisseurs de sexe » a
fait huit morts en trois jours, dont un brûlé vif, et 36
blessés dans l'agglomération dakaroise, qui est quadrillée
vendredi par les forces de police. Le calme semblait revenu samedi dans la
capitale sénégalaise, où la veille au soir, près
du marché central, un fonctionnaire accusé d'avoir fait
disparaître le sexe d'un coiffeur, a été sérieusement
blessé par la foule en furie.
Pour sa part, le ministère de l'Intérieur a appelé les
Sénégalais à faire preuve de calme et de discernement
dans cette affaire présentée comme un phénomène
d'hystérie collective, mais qui a traumatisé une partie de
la population prête à croire à la rumeur.
Dans un communiqué, le ministère a demandé aux citoyens
de ne pas se faire justice eux-mêmes, en affirmant que, dans tous les
cas, les informations se sont révélées fausses.
La psychose des « rétrécisseurs de sexe », qui
sévit depuis plusieurs semaines au Sénégal après
avoir fait des ravages en début d'année au Ghana et en Côte
d'Ivoire, a également frappé le sud du pays, où six
Haoussas et un Bissau-guinéen ont été grièvement
blessés jeudi soir à Ziguinchor, chef lieu de la Casamance.
Le scénario des lynchages est toujours le même: un homme,
après avoir été frôlé ou avoir serré
la main d'un inconnu, déclare avoir été parcouru par
un frisson suivi de picotements, avant de sentir son organe s'enfoncer
profondément dans le corps. La « victime » constate
alors que son sexe a disparu et alerte les passants qui à l'aide de
gourdins, de briques ou de coupe-coupe, tombent à bras raccourcis
sur le présumé «voleur de sexe» à la merci
de la foule en furie.
Le commissaire Ahmadou Tall, chef de la police dakaroise, a déclaré,
dans une interview publiée samedi par le quotidien
« L'Aurore »: Tous les sexes que j'ai vus sont à leur
place et ils sont tout à fait normaux. L'homme a effectivement dû
effectuer plus d'une douzaine de contrôles. Les victimes, ajoute-t-il,
sont des gens qui ont des problèmes psychologiques ou même sexuels.
Le chef de la police estime que cette affaire touche «des gens
qui n'ont pas un (bon) équilibre mental», et demande
que les Sénégalais cessent d'accuser des étrangers ou
d'en faire des boucs émissaires. Les victimes sont pour la plupart
des étrangers ou des Peuls sénégalais qui peuvent ressembler
à des Haoussas, ethnie originaire du Nigeria et du Niger.
(AFP.)
Information relevée dans LE SOIR Bruxelles du 4 août 1997.
© Rossel & Cie SA
Participation et remerciements à Jos
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