LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


24 SEPTEMBRE


1973


L'histoire ancienne de la Guinée-Bissau est peu connue. 

Mais les groupes de populations, notamment les Balantes, semblent déjà présents au XIIème siècle.

La région fut découverte en 1446 par un négrier portugais du nom de Nuno Tristão et devint une plaque tournante de la traite des Noirs. En 1692, un comptoir portugais fut installé à Bissau. Cependant, Français et Britanniques avaient également des prétentions sur la région, et, en 1792, la Grande-Bretagne fonda une colonie à Bolama qui n'eut, toutefois, qu'une existence éphémère. En 1879, la région devint colonie portugaise. Un différend frontalier avec les Français fut réglé par un traité en 1886. Néanmoins, jusqu'en 1915, les Portugais ne parvinrent pas à exercer un contrôle total sur le pays. En 1952, la Guinée-Bissau devint territoire portugais d'outre-mer. Mais en 1963, la guérilla fait son apparition dans le sud du pays. Elle ne cessera de se renforcer à partir du sanctuaire offert par la Guinée-Conakry et le Sénégal. Installant plusieurs bases dans le pays même, le P.A.I.G.C. rallie à lui de nombreux villages abrités par la forêt ou les marais. Il y organise les rudiments d'une société socialiste (coopératives, magasins populaires, écoles, infirmeries) fondée sur la prééminence du parti et sur l'efficacité de sa guérilla, bien armée par les pays communistes. De leur côté, les Portugais encadrent et regroupent les villages non entrés en dissidence, recrutent massivement les Peul, intensifient le développement de leurs zones ; ils maintiennent sur place de 15.000 à 20.000 soldats métropolitains et parviennent tant bien que mal à contrôler la totalité des centres et l'essentiel de la population. Militairement, la situation est sans issue car les nationalistes ne s'essoufflent pas, malgré les coups portés à la guérilla par le gouverneur, le général António de Spínola. L'assassinat d'Amilcar Cabral, au début de 1973 à Conakry, n'entrave pas la lutte du P.A.I.G.C. qui proclame unilatéralement l'indépendance du pays, le 24 septembre 1973. En réalité, sans être vaincue militairement, l'armée portugaise ne croit plus en sa mission et c'est dans les garnisons de Guinée que prend naissance le Mouvement des capitaines qui renverse la dictature à Lisbonne (25 avril 1974). Dès lors, la reconnaissance officielle de l'indépendance par le Portugal est acquise (10 septembre 1974) et tout sera mis en Suvre pour que la passation des pouvoirs s'effectue sans heurt. Sous la présidence du demi-frère d'Amilcar Cabral, Luís Cabral (1974-1980), le P.A.I.G.C. devient l'État et étend à tout le territoire les structures qu'il avait élaborées pour ses zones. Le parti exerce un contrôle absolu sur l'administration, l'économie et les secteurs socio-éducatifs. La Guinée-Bissau est officiellement une république d'Afrique de l'Ouest, baignée par l'océan Atlantique, limitée au nord par le Sénégal, à l'est et au sud par la Guinée. La Guinée-Bissau, qui doit son nom à sa capitale, s'étend sur 36.125 km2, (à peine 1/7ème en plus de la Belgique) y compris soixante îles, dont l'archipel des Bissagos. Pays très pauvre, la Guinée-Bissau est minée par le fardeau d'une dette très lourde et par un chômage touchant près de 40 % de la population active. Un tiers du territoire de la Guinée-Bissau est constitué par les îles et, sur le continent, par une plaine côtière marécageuse. Le relief s'élève progressivement vers l'est jusqu'à former un plateau qui, au sud-est, culmine à 360 m d'altitude. De nombreux fleuves, dont le fleuve Gambie, serpentent d'ouest en est et forment de vastes estuaires à leur embouchure. La plupart d'entre eux sont navigables et constituent le principal moyen de transport. Le pays est soumis à un climat tropical humide, avec une moyenne annuelle des températures de 25!°C, sans variation très marquée d'une saison à l'autre. La saison des pluies dure de juin à novembre!; la moyenne annuelle des précipitations, à Bolama, atteint 2 184 mm. La plaine côtière est recouverte d'une végétation très touffue et de forêts humides. La mangrove encombre les lagunes et l'embouchure des fleuves. L'intérieur du pays est le domaine de la savane arborée. La Guinée-Bissau est riche en bois durs tropicaux qui ne sont guère valorisés. Les gisements de bauxite, de phosphate, de zinc, de cuivre et de pétrole offshore ne sont pas encore exploités. La population était estimée, en 1995, à 1,07 million d'habitants, soit une densité assez faible de 27,3 habitants au kilomètre carré (plus de 330 en Belgique). L'accroissement naturel s'élevait, sur la période de 1990 à 1995, à 2,1 % par an. L'espérance de vie à la naissance très réduite (44 ans) et le taux de mortalité infantile (140 pour 1 000) témoignent de la défaillance du système de soins et de la pauvreté du pays. Les Balantes représentent environ 30 % de la population. Ils vivent principalement dans la plaine côtière et à la frontière avec le Sénégal, de même que les Bagas, Nalus, Londumans, Floups et Mandjakes. Peuls (23 % et Malinkés (12 %) habitent plutôt l'intérieur du pays. Les Cap-Verdiens, dont le pays fut uni à la Guinée-Bissau lors de l'indépendance, de 1975 à 1980, constituent une minorité non négligeable. La Guinée-Bissau est découpée en cinq régions. Les villes sont encore peu développées. Seuls 21,7 % des habitants vivaient dans les centres urbains en 1994, dont le principal est la capitale, Bissau, également le principal port du pays. Le pays dispose de deux autres ports, Cacheu et Bolama. Bafata est la plus grande ville de l'intérieur du pays (15 000 habitants). La langue officielle est le portugais et la langue vernaculaire le crioulo, un créole formé à partir du portugais et de langues africaines. Balante, malinké et peul sont également parlés. 65 % des habitants de la Guinée-Bissau sont animistes, 30 % sont musulmans (en particulier les Peuls et les Malinkés) et 5 % sont chrétiens.

Cam.

Remerciements à Cam


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