LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


24 SEPTEMBRE


1813


Musique en deuil

André-Ernest-Modeste Grétry est mort ce jour à Montmorency (il était né à Liège le 8 février 1741). Ce Fils d'un modeste volonniste d'église, il ne manifestait aucune disposition pour la musique. Pourtant, il fut admis comme choriste à Saint-Denis de Liège, mais en fut renvoyé au bout de deux ans. Il étudia ensuite de façon désordonnée avec plusieurs maîtres qui, à tour de rôle, renoncèrent à lui faire comprendre quoi que ce soit à l'harmonie, au contrepoint ou à l'orchestration. Sa vocation musicale se décida à l'audition des opéras bouffes napolitains représentés par une compagnie italienne. Grétry devint donc un musicien de théâtre, et son talent, essentiellement mélodique, fut de concilier le beau chant cultivé en Italie, les impératifs de la prosodie française et ceux de l'expression dramatique. De 1759 à 1866, il obtint une bourse qui lui permit de vivre à Rome et de travailler deux ans de suite avec Giovanni Battista Casali (vers 1715-1792). Il partit ensuite s'installer à Paris, via Genève, où, pendant un an (1766), il fut professeur de chant. C'est lors de ce séjour genevois qu'il se lia d'amitié avec Voltaire, qui lui trouvait de l'esprit. A Paris, Grétry débuta par un échec. Puis, le succès venant rapidement avec "Le Huron" en 1786, et avec les livrets d'Antoine-François Marmontel (1816-1898), Michel-Jean Sedaine (1719-1797)... ou du futur Louis XVIII ("La Caravane du Caire"), il composa régulièrement des oeuvres pour la Comédie-Italienne, puis pour l'Opéra et l'Opéra-Comique. Durant la Révolution, il fut inspecteur des études au Conservatoire. Auteur de quelques-uns des chefs-d'oeuvre de l'opéra-comique français, comme "Le tableau parlant" (1769) et "Richard Coeur-de-Lion" (1784), Grétry eut dès 1795 un fauteuil à l'Institut, et Napoléon le fit chevalier de la Légion d'honneur en 1802, peu après la fondation de l'ordre. Enfin, il eut de son vivant l'honneur de donner son nom à une rue voisine de la Comédie-Italienne. Il finit ses jours près de Montmorency, dans l'ermitage de Jean-Jacques Rousseau, qu'il avait acheté. Grétry laisse environ 70 opéras-comiques et quelques opéras, des oeuvres instrumentales (parmi lesquelles six quatuors), de la musique sacrée, ainsi que des oeuvres littéraires, notamment des "Mémoires ou Essais sur la musique" (3 vol., 1797).

Olga

Remerciement à Olga et à son site : Musique et poésie Renaissance


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