LODACE, C'EST ARRIVÉ UN


21 SEPTEMBRE


1975


Coup sans éclat

Bob Denard, mercenaire Français bien connu, provoque un putsch militaire aux Comores, avec 6 mercenaires.

À partir de 1946, les Comores sont détachées de Madagascar et représentées directement au Parlement français. Le Conseil général devient en 1952 l'Assemblée territoriale avec pouvoir délibératif sur les questions non politiques. La loi-cadre Defferre de 1956 institue un collège électoral unique (Français et musulmans) qui élit une assemblée territoriale siégeant à Moroni, tandis que le Conseil de gouvernement (élu par l'Assemblée) se réunit à Dzaoudzi (Mayotte). Un régime d'autonomie interne, mis en place en 1961 et élargi en 1968, doit préparer une transition harmonieuse vers l'indépendance. Mais la vie politique comorienne  dominée jusqu'en 1970 par Saïd Mohamed Cheikh, fondateur du " parti vert "  reste très conservatrice et ménage à la fois les hiérarchies féodales et les intérêts coloniaux. L'exécutif français s'était engagé à ce que l'indépendance intervienne " dans le respect de l'unité de l'archipel " et tous les discours comoriens soulignaient qu'elle devait se produire " dans l'amitié et la coopération avec la France ". Le résultat global du référendum du 22 décembre 1974 donne 95 % de " oui " à l'indépendance, les " non " ne l'emportant  par 60 p. 100 des suffrages  que dans la seule île de Mayotte. Le Parlement français, sur proposition du groupe R.P.R. (sans doute mû en partie par des considérations de politique intérieure métropolitaine), refuse d'entériner ce résultat et, par la loi du 3 juillet 1975, soumet la reconnaissance de l'indépendance à l'adoption préalable d'une constitution île par île. Craignant d'être débordé par l'opinion comorienne, le président du gouvernement, Ahmed Abdallah, proclame unilatéralement, le 6 juillet, l'indépendance des Comores, dont il devient le premier chef d'État. Ce faisant, il apporte une victoire inespérée au Mouvement mahorais qui proclame sa volonté de rester dans le cadre de la légalité française. Le 3 août 1975, un coup d'État porte au pouvoir le prince Jaffar, l'organisateur réel, Ali Soilih, restant au second plan. Le 21 septembre, les mapindruzi (" révolutionnaires "), encadrés par six mercenaires dont Bob Denard, prennent le contrôle d'Anjouan, capturant Ahmed Abdallah qui sera autorisé, quelques mois plus tard, à quitter les Comores. En octobre 1975, l'O.N.U. reconnaît l'État comorien dans ses limites coloniales, ce qui provoque l'échec des négociations menées à Paris en vue de conclure un accord transitoire permettant la réintégration à terme de Mayotte. Le 21 novembre, Ali Soilih organise, sur Mayotte, une " marche rose " pacifique, qui échoue, mais amène la France à retirer d'un coup et sans préavis tous les fonctionnaires et agents, laissant tous les services sans techniciens et les lycées sans enseignants. Les Comores sont bien indépendants.

Cam.

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