Mort de Henry de Montherlant.
Romancier et auteur dramatique français qui, dans son célèbre cycle romanesque les Jeunes Filles, mêla humour et intransigeance morale. Issu d'une famille aisée originaire de la Catalogne, Henry Millon de Montherlant est né en 1896 à Neuilly-sur-Seine. Élevé dans le culte des valeurs aristocratiques, il poursuivit ses études à l'école Sainte-Croix de Neuilly. Très tôt passionné de littérature, il composa, dès 1914, une première pièce de théâtre. Devenu orphelin l'année suivante, il s'engagea comme soldat et partit pour le front où il fut gravement blessé. Il consacra à cet épisode un poème sombre saluant l'héroïsme des soldats, " Chant funèbre pour les morts de Verdun ", où s'affirmait son admiration pour les valeurs viriles de fraternité et de courage physique. Grâce à un héritage et à ses premiers droits d'auteur, Montherlant mena, à partir de 1925, une vie errante pendant plusieurs années. Tout en parcourant l'Espagne, l'Afrique du Nord et l'Italie, il composa diverses Suvres où déjà s'exprimaient ses idéaux passéistes et son mépris à l'égard de la modernité, associée pour lui à la décadence. Parmi les Suvres de cette époque, citons " les Olympiques " (1924), texte consacré à la célébration du sport et de ses vertus, " les Bestiaires " (1926), récit axé sur la tauromachie, incarnation de son idéal d'élégance, de brutalité et de maîtrise de soi, et la Rose de sable. Ce roman, qui dénonce les abus de la colonisation et fait allusion aux aventures homosexuelles de l'auteur, ne fut publié intégralement qu'en 1968, alors que son audace politique et morale était déjà fortement émoussée. Revenu en France, Montherlant publia " les Célibataires " (1934), récit sur l'existence de deux gentilshommes déchus, qui fut couronné du Grand Prix de l'Académie française (voir Institut de France). C'est son cycle romanesque en quatre volets " les Jeunes Filles ", 1936 - 1939, qui lui apporta la célébrité. Dans cet ouvrage réputé misogyne, il transposa certaines de ses expériences, en particulier celles de ses fiançailles, qu'il rompit à deux reprises. Son Suvre fut par la suite essentiellement théâtrale. Exil (1929) et Pasiphaé (1936), la Reine morte (1942), pièce inspirée d'une légende espagnole et qui eut un immense succès. On peut également citer Fils de personne (1943), la Ville dont le prince est un enfant (1951), mais surtout les pièces historiques comme le Maître de Santiago (1947), Port-Royal (1954), Don Juan (1958) ou encore le Cardinal d'Espagne (1960). Élu à l'Académie française en 1960, Montherlant continua à publier de nombreux écrits tels les romans " Un voyageur solitaire est un diable " (1961), " le Chaos et la Nuit " (1963) ou " Un assassin est mon maître " (1971), mais parmi les Suvres importantes de la fin de sa vie, il faut citer aussi ses " Carnets ". Alors qu'il commençait à devenir aveugle, Henry de Montherlant choisit de se donner la mort.
Cam.
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