Clic le portrait !
Saviez-vous que c'est le 20 septembre 1953 que fut assassinée près de Lyon Eugénie Bertrand ?
Non direz-vous ! Aucune importance !
Et vous avez raison. A ceci près que cet événement marque une date
importante pour l'Histoire de la police.
C'est à cette occasion qu'un témoin oculaire suggéra à la police de
dessiner le portrait robot du suspect. Le portrait dessiné par un policier dessinateur amateur fut diffusé dans la presse ce qui permit d'arrêter le
suspect un certain Wetten qui avoua bientôt le crime.
Depuis lors plus d'une moitié des affaires résolues le sont grâce à ce
moyen.
Et aujourd'hui, qu'en est-il ?
Au bureau central de la gendarmerie à Bruxelles, Juan Da Silva et Ben Claes,
gendarmes et portraitistes professionnels (diplômés à Saint-Luc à Bruxelles
et à Saint- Luc à Hasselt), montrent leurs instruments de travail. Peu de
chose: un crayon noir, une gomme, des feuilles blanches et du papier calque.
Minutieusement classées, plusieurs centaines de languettes représentent des
parties du visage: le nez, la bouche, les yeux... photographiés en noir et
blanc.
Autre matériel utilisé: des centaines de gabarits de visages déjà dessinés,
de type européen, africain, asiatique... ronds, ovales, carrés... Deux épais
classeurs contiennent la banque de données d'innombrables visages humains.
Il semblerait que le portrait-robot à main levée soit une spécialité belge
reconnue dans le monde. En effet, dans notre pays, les portraitistes,
gendarmes ou policiers, dessinent et ne font que cela. Le dessin, en noir et
blanc, suggère davantage qu'une photo qui ne permet aucune alternative. Une
pratique qui n'est pas sans faille. Ainsi, certains témoins n'hésitent pas à
faire une description fictive. Ils inventent un visage ou, à défaut
d'imagination, s'emploient à décrire les traits d'un des portraitistes...
La manière de nous regarder avec insistance, de nous dévisager, l'absence
d'émotion, surtout de la part d'une victime d'un viol par exemple, nous font
très vite comprendre que nous sommes en présence d'un simulateur. Mais
depuis l'affaire Dutroux, ce genre de situation est moins fréquent.
Et en France ? ? ?
Après 40 ans de techniques d'assemblages manuels et de retouches par des
dessinateurs, les services d'identité judiciaire chargés de la confection
des portraits-robots disposent d'un système permettant la réalisation de
portraits-robots à partir de l'informatique.
Ce logiciel a été choisi et acheté par la sous-direction de la police
technique et scientifique aidé par la direction des transmissions et de
l'informatique du ministère de l'Intérieur en raison de la richesse, de la
souplesse et de la simplicité de son utilisation. Sa base de données
d'images, intégrant un outil de retouches, traduit sous forme graphique les
éléments descriptifs fournis par les victimes et les témoins.
Pour des raisons de rapidité opérationnelle, ce système a été installé sur
des micro-ordinateurs portables permettant ainsi, sur place, la reproduction
définitive des portraits-robots immédiatement validés par les témoins ou les
victimes.
L'informatisation du portrait-robot est une des résultantes de la volonté de
moderniser les moyens de la police nationale.
Ce choix a pour objectif une exploitation rationnelle, méthodique et moderne
des témoignages.
Cet outil a permis de résoudre des affaires criminelles importantes, pour
lesquelles les services d'enquêtes avaient fort peu d'éléments matériels.
(http://policenationale.multimania.com/pts_portrait.htm)
Mais les techniques informatiques évoluent et aussi celle du P.R.
Le morphing, cette technique de transformation continue d'une image en une
autre, peut aider à résoudre certaines affaires judiciaires.
Peter Hancock, de l'université de Stirling en Écosse, a demandé à quatre
personnes de faire le portrait robot d'un visage célèbre. Ces différentes
versions ont été mélangées pour former une seule image grâce à un logiciel
de morphing. 93% des sujets soumis à ce cliché composite reconnaissent la
célébrité, tandis qu'ils ne sont que 53 à 78% à réagir face au portrait
robot classique.
« Chaque personne mémorise quelques aspects du visage réel, explique Peter
Hancok dans le journal « NewScientist ». Mais en additionnant les
descriptions, cela peut permettre de conserver les points communs tout en
minimisant les variations individuelles. »
Une autre technique consiste donc à créer une série de portraits qui dérive
aléatoirement d'une première description. Le témoin peut alors choisir la
version qu'il préfère et la soumettre à une nouvelle transformation pour l'améliorer.
En Grande Bretagne, ce logiciel appelé Evofit a été utilisé pour retrouver
un délinquant sexuel. L'image obtenue, montrée à la télévision, a provoqué
de nombreux témoignages.
Mais les essais en laboratoire ne semblent pas convaincants : montrer trop
de visages embrouille les témoins
Cam.
Remerciements à Cam
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